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Dans cette rubrique Gilles Labourroire nous livre chaque semaine le portrait d'un athlète ayant marqué de son empreinte l'histoire de l'athlétisme.

Semaine du 9 avril

 

 

Cette semaine, rien de mieux que de parler du Pays du Père Noël et de l’athlétisme sur longue distance : la FINLANDE et sa partie nordique : la Laponie.

 

> La Laponie, en finnois Lapin lääni, est l'une des vingt régions (et jusqu'en 2009 était l'une des 6 provinces) de la Finlande.

> La Laponie n'est peuplée que de 3,6 % de la population finlandaise, c'est la région ayant la plus faible densité de population, mais c'est de loin la plus étendue (près de 3 fois la superficie de la seconde plus grande région). Elle compte 183 775 habitants sur 98 984 km2 avec moins de 2 hab./km². Elle possède une frontière avec la Russie, la Suède et la Norvège. Elle a pour capitale Rovaniemi.

> La FINLANDE est un pays de 338 000 km2 pour une population de 6 millions d’habitants, capitale HELSINKI avec la suède à l’ouest et la Russie à l’est. C’est  le pays des mille lacs, skieurs de fond et pilotes de rallye.

En réalisant le doublé 5000-10 000 aux jeux olympiques de Munich 1972 et Montréal 1976, le finlandais Lasse VIREN non seulement entre dans l’histoire du demi-fond mais il perpétue la légende de ses glorieux prédécesseurs : KOLCHMAI NEN (1912) Paavo NURMI (1920 et 1924) RITOLA (1924) et SALMINEN (1936)

La Finlande éternelle, le drapeau blanc frappé de la croix bleue. Le demi-fond et le lancer du javelot sont  une religion.

 

Néanmoins, de Berlin 1936 à Munich 1972, la Finlande aura attendu 36 ans sa résurrection olympique.

 

Et pourtant, lors du 10 000 mètres de Munich, un peu avant la mi-course, VIREN chute tout comme le tunisien  GAMMOUDI mais repart immédiatement. La course est menée d’un train d’enfer par le britannique Dave BEDFORD qui passe au 5 000 sous les temps du record du monde mais faiblit progressivement. Au final, VIREN produit une longue accélération qui anéantit la résistance du belge Emile PUTTEMANS et de l’éthiopien Miruts YIFTER. Lasse VIREN, coureur filiforme, 1,80, 60 kg, une foulée courte mais des jambes qui n’en finissent pas,  améliore le record du monde de l’australien Ron CLARKE en réalisant 27 mn 38 secondes 4.

 

Cette course va donc faire l’Histoire…

 

Dix jours après, il s’imposera dans le 5000 mètres.

En 1976, à Montréal, sur 10 000, il domine le favori le portugais Carlos LOPES et sur 5000, dans une course relevé, sa science de la course fait la différence. Il s’essayera aussi durant cette olympiade au marathon pour rééditer la performance de ZATOPEK, vainqueur du 5 000-10 000-Marathon des jeux de 1924. Il finira 5 ème. Aux jeux de Moscou 1980, il tentera bien la passe de trois mais s’en est de trop.

 

En remportant le 5000 et le 10 000 la même année olympique, il rejoint ainsi Hannes KOLEHMAINEN (1912) , Emil ZATOPECK (1952) Volodymyr KUTS (1956), Miruts YIFTER (1980), Kenenisa BEKELE (2008), Mo FARAH (2012 et 2016)

 

 

 

 

Lasse VIREN est né le 22 juillet 1949 à Myrskyla à 70 km au sud-ouest d’Helsinki, 3ème des 4 garçons de la famille. Il s’adonne dès sa plus tendre enfance à la pratique du ski de fond.

En course à pied, il ne déroge pas à la tradition des athlètes nordiques : entraînement méthodique, chronométré, mêlant différents types de course, n’hésitant pas à courir 50 km par jour. Il a fait appel à un entraîneur néo-zélandais, Arthur LYDIARD qui a fait la renommée de son pays. Son secret aussi : boire du lait de renne.

Après la compétition, il deviendra banquier et homme politique faisant la promotion du sport à l’école

 

Au début des années 1970, la Finlande est dominatrice : VASALA remporte le 1500 m de Munich devant le kenyan KEINO et  en 1971, Julia VAATAINEN, blessé à Munich, s’impose dans le championnat d’Europe à Helsinki réalisant le doublé 5000-10 000.

 

Retour en arrière : En 1912, aux jeux de Stockholm, sur 5000 mètres,  le finlandais Hannes KOLEHMAINEN bat sur le fil le français Jean BOUIN qui mourra pour la France le 29 septembre 1914 à Xivray dans la Meuse.

KOLEHMAINEN  annonce la légende vivante : le finlandais volant du nom de Paavo NURMI, 1,74, 65 kg, 5 médailles d’or aux jeux  de Paris 1924. Il a été détenteur de 28 records du monde entre 1920 et 1932.

 

Une seule ombre : sa défaite au 5000 des jeux de 1920 battu par un français Joseph GUILLEMOT, un rescapé de la grande guerre, gazé au gaz moutarde avec atrophie du poumon droit.

 

Paavo NURMI est né le 13 juin 1897 à Turku, ville du Sud-ouest de la Finlande, dans une famille humble. Perdant prématurément son père ébéniste de métier, il quitte l’école et commence à travailler dans une filature. La course à pied devient sa vie. Robert PARIENTE rappelle un précepte de NURMI : « Un coureur doit toujours vivre pauvre et se sentir toujours pauvre »

En 1932, il ne peut participer aux jeux de Los Angeles en raison d’une suspension pour professionnalisme.

Il portera la flamme olympique aux jeux d’HELSINKI 1952.

Il décède en 1973 d’une crise cardiaque. C’est toute la Finlande qui pleure et qui ensuite élève des statues de bronze à son effigie.

 

Un autre finlandais est contemporain de NURMI. Il s’agit de Ville RITOLA qui avait dans un premier temps émigré aux Etats-Unis comme valet de chambre avant de retourner ensuite dans la mère-patrie pour y courir.

 

KOLEHMAINEN, NURMI et RITOLA forment ce qu’on a appelé « les finlandais volants ».

 

> Parmi les plus fameux athlètes finlandais des temps passés, il y a certes Paavo NURMI et Lasse VIREN mais il y a aussi les lanceurs de javelot. La Finlande a remporté 8 titres olympiques depuis 1908 : Jonni MYYRA en 1920 et 1924, Matti JARVINEN en 1932, Tapio RAUTAVAARA en 1948, Pauli NEVALA en 1964, Arto HARKONEN en 1984, Tapio KORJUS en 1988 et la féminine Heli RANTANEN en 1996 à Montréal.

 

Il y a du religieux dans l’athlétisme finlandais et on comprend mieux la phrase d’Antoine BLONDIN rapportée par Robert Pariente : « les coupes et les médailles conquises par les finlandais vont enrichir un patrimoine commun où elles ont valeur d’ex-voto et de reliques ».

 

Et tout ceci, cette histoire de l’athlétisme est sans doute liée à la géographie

 

> Le drapeau est une croix scandinave bleu sur fond blanc. Légèrement décalée sur la gauche de l’emblème, celle-ci tirerait ses origines des croisades baltes, en 1219. Elle a alors été imposée par le roi catholique Valdemar II du Danemark, après que ce dernier a vu la foudre tracer une croix dans le ciel, lors de la bataille de Lyndanisse (Estonie), qui l’opposait aux païens estoniens.

Les croisés scandinaves y avaient vu un encouragement divin et avaient remporté la bataille. Cette croix a ensuite été utilisée comme emblème dans toute la Scandinavie, les différents royaumes ayant formé une union dont le pouvoir était centralisé au Danemark.

 

Semaine du 26 mars

Le 100 mètres Haies est une épreuve d’athlétisme réservée aux femmes, l’équivalent du 110 mètres haies pour les hommes. Il y a 10 haies de 84 cm à franchir. La première haie est placée 13 mètres après la ligne de départ, les autres haies sont distantes de 8.5 mètres. Le 100 mètres haies a été préféré au 80 mètres haies des origines.

 

La bulgare Yordanka DONKOVA est la toujours recordwoman du monde du 100 mètres Haies féminin. Son temps de 12 s 21 date de 1988. Elle sera championne olympique à SEOUL 1988 et troisième aux JO de BARCELONE 1992, course dominée par la grecque PATOULIDOU.

A l’époque, DONKOVA, 1 m 77, 61 kg est en concurrence avec une autre bulgare, Ginka ZAGORCHEVA, ancienne recordwoman du monde avec 12 s 25.

 

Un bon reportage (en langue espagnole) sur la domination de DONKOVA.

 

https://www.youtube.com/watch?v=x5_StfAfztI

 

 

A l’époque, DONKOVA domine les allemandes de l’est. De nombreuses suspicions de dopage planent sur ces performances.

 

Autre athlète de l’est, la russe Ludmila NAROCHILENKO est aussi une spécialiste  reconnue (12 s 26 en 1992) mais comme d’autres à l’époque, elle ne peut échapper aux suspensions de dopage.

 

Une suspension de quatre ans où Ludmila NAROCHILENKO accuse son mari de l’avoir dopée à son insu. Il s’ensuit un divorce. Elle se remarie avec son manageur suédois et obtient la nationalité suédoise en juin 1996, peu de temps avant les JO de ATLANTA 1996. Elle s’appellera dorénavant ENGQUIST. Elle gagne la médaille d’or à ATLANTA et devient la première champion olympique suédoise d’athlétisme de l’histoire. De cette course, la française Patricia GIRARD finira 3ème tout comme Michèle CHARDONNET en 1984 à los ANGELES, récupérant sur tapis vert une médaille de bronze injustement attribuée à une américaine.

En 1999, on diagnostique à Ludmila  ENGQUIST un cancer des poumons « la course la plus dure de sa vie ». Au prix d’un courage surhumain, elle revient à temps pour participer au Mondial de SEVILLE 1999 où elle obtient une médaille de bronze. L’histoire pourrait s’arrêter là mais en 2002, elle tente une reconversion dans le bobsleigh en vue des jeux d’hiver de Lillehammer.  Elle est de nouveau contrôlée positive. Fin d’une carrière hors du commun.

 

En 2000, émerge sur le 100 mètres haies l’américaine Gail DEVERS après ces titres olympiques sur le 100 mètres plat à BARCELONE 1992 et ATLANTA 1996. Malgré ces titres de championne du monde, elle échouera dans sa quête olympique sur la distance des haies.

 

Aujourd’hui, la star émergente s’appelle Sally PEARSON. L’australienne a été championne olympique à LONDRES 2012 après avoir été médaille d’argent à PEKIN 2008. Les américaines Brianna ROLLINS et Dawn HARPER sont toujours à l’affut.

 

Retour donc sur la Bulgarie. C’est un pays qui possède actuellement un autre record du monde féminin, celui du saut en hauteur avec Stefka KOSTADINOVA, 2 mètres 09, établi en 1987.

https://www.youtube.com/watch?v=2p86D2xjvvg

 

 

KOSTADINOVA, médaille d’argent à SEOUL 1988 est devenue championne olympique en 1996, à ATLANTA. Elle a fini vice-ministre des Sports de son pays en 2003.

 

A RIO 2016, Mirela DEMIREVA, médaille d’argent du saut en hauteur (1m97 on dira seulement) perpétue une tradition bulgare des sauts. La Bulgarie a obtenu 2 médailles d’or au triple-saut aux JO de SYDNEY 2000

(Térésa MARINOVA) et aux JO de SEOUl 1988 (Kristo MARKOV). La Bulgarie a aussi une grosse tradition de lancers (disque, poids). C’est un grand pays d’Haltérophilie. On dit bien : fort comme un bulgare

 

La Bulgarie est un pays de 110 000 km2 pour 7 millions d’habitants, au sud de la Roumanie et au nord de la Grèce. La capitale est Sofia. Durant cinq siècles de 1396 à 1878, la Bulgarie a été une province de l’empire ottoman. Elle a été du côté des perdants durant les deux guerres mondiales puis dans la sphère d’influence de l’URSS jusqu’en 1990.

 

Le chef d’état s’appelle Roumen RADEV. Il avait battu en 2016 l’actuelle premier ministre du parti conservateur : Boiko BORISSOV. La Bulgarie progresse économiquement passant de la catégorie spéculative à la catégorie moyenne, selon les normes internationales.

 

 

 

 

La Bulgarie, l’autre pays des polyphonies

 

https://www.youtube.com/watch?v=LPvxjc3fzV4

 

 

 

 

Le drapeau de la Bulgarie a été adopté en 1879 un an après la libération du pays de l’Empire ottoman. Il se compose de trois bandes horizontales de largeur égale : Blanc au-dessus, vert au milieu et  rouge  pour celle du bas. Le blanc symbolise la paix, le vert la fertilité des terres bulgares et le rouge le courage du peuple.

 

Semaine du 19 mars

 

Ce dimanche 2 octobre 1988 personne n’attendait l’italien Gelindo BORDIN comme vainqueur du marathon olympique de Séoul. Une surprise tant la victoire était promise au fantasque djiboutien Ahmed SALAH et cela en raison d’un temps très chaud et très humide et aussi en l’absence des coureurs éthiopiens.

 

La vidéo débute au 40 ème kilomètre.

https://www.youtube.com/watch?v=xZaR5-UdJtA

 

 

 

Ahmed SALAH attaque violemment au 38 ième kilomètre mais à 1600 mètres de la ligne d’arrivée, BORDIN double le djiboutien trahi par ses chaussures trop étroites.

Il l’emporte en 2 H 10 minutes 32 s devançant de 15 secondes le kenyan Douglas WAKIIHURI, de 27 secondes le djiboutien Ahmed SALAH et de 33 secondes le japonais Tadeyuki NAKAYAMA.

C’est la plus faible marge enregistrée depuis la victoire du finlandais KOLEHMAINEN en 1920 à Anvers.

 

Cette course va donc faire l’Histoire…

 

Partir doucement et ralentir, pour mieux accélérer sur la fin. L’italien est malin.

En 1992, aux JO de BARCELONE, Gelindo BORDIN ne peut défendre son titre, se blessant lors de la course. Fin de carrière.

 

 

Gelindo BORDIN, 1m80, 68 kg, est né le 2 avril 1959 à Vérone. Coureur moyen, avec son physique d’apôtre, il semble tout droit sorti d’un péplum romain. Et pourtant sa grande force c’est de donner du temps au temps, d’avaler les kilomètres. Champion d’Europe en 1986, médaillé de bronze au championnat du monde de 1987 à Rome, le voilà qui surprend à Séoul tout son monde, et en particulier, le favori Ahmed SALAH. Il sera de nouveau champion d’Europe à Split en 1990, le français Dominique CHAUVELIER finissant 3ème.

 

Hussein Ahmed SALAH est né en 1956 sur une terre aride de 23 000 kilomètres carrés, l’ancien territoire des Afars et des Issas sous domination française qui contrôle l’entrée de la mer Rouge juste en face d’Aden et qui deviendra en 1977 la République indépendante de Djibouti.

 

la République de Djibouti, 1 million d’habitants, est bordée par l' Erythrée au nord, l’Ethiopie à l'ouest et au sud et la Somalie au sud-est. Le reste de la frontière est formé par la mer Rouge et le golfe d’Aden à l’est.

Djibouti est une nation multiethnique : l’arabe et  le français  sont les deux langues officielles du pays.

Le Président Ismael Omar GUELLEH dirige le pays d’une main de fer. Parti unique, verrouillage politique mais surtout misère sociale généralisée caractérisent Djibouti.

 

 

Au départ berger, SALAH est rapidement repéré par René FRASSINELLI, ancien entraîneur de Michel JAZY. Il suivra ensuite comme militaire un entraînement rationnel à l’Ecole interarmées des sports de Fontainebleau.

 

Il s’impose en 1984 au marathon de Paris devant Jackie BOXBERGER. En 1985, c’est la consécration pour Djibouti qui remporte la première coupe du monde de marathon par équipes organisée au Japon malgré la soudaine excellence des marathoniens italiens.

 

Mais le drame de ce coureur africain, 1m82, 55 kg, dont le cœur battait à 40 pulsations au repos c’est d’avoir eu une carrière désordonnée en raison d’une nature impulsive et fantasque. Il n’obtiendra jamais la consécration.

 

Pourtant, à y regarder de près, c’est une nouvelle façon de s’entrainer qu’inventent les djiboutiens au début des années 1980 :

10 entraînements par semaine

Un jour complet de repos, le vendredi ainsi que deux après-midis sans entraînement

Un total de 230 km par semaine lors de ces cycles de préparation

Un mois de repos complet par an

Absence totale de rythme court, travail d’intensité sur des fractions longues (1000 m ou 2000 m)

8 entraînements sur 10 se déroulent sur 1h 30

2 fois par semaine, travail à allure semi-marathon avec variation d’allures

 

 

https://spe15.fr/retro-lentrainement-dahmed-salah-2h-0707-sur-marathon/

 

 

 

Le drapeau est composé de deux bandes horizontales de largeurs égales, de couleurs bleu clair (en haut) et vert clair, avec un triangle isocèle blanc dont la base occupe le côté de la hampe et qui comporte une étoile rouge  à cinq branches en son centre. Le bleu symbolise la mer et le ciel, ainsi que le peuple Issa (somalien); le  vert symbolise la terre, ainsi que le peuple Afar; le blanc représente la paix, l'étoile rouge rappelle la lutte pour l'indépendance et le maintien de l'unité.

 

 

Semaine du 29 janvier

 

Cette semaine, voyage dans un pays sud-américain, le Vénézuela, souvent à la une de l’actualité mais qui possède un joyau de l’athlétisme mondial féminin.

 

Aux championnats du monde de LONDRES 2017, Yulimar ROJAS prend sa revanche des jeux de RIO 2016 sur la colombienne  Caterine IBARGUEN, invaincue pourtant en grand championnats depuis 2013. Avec 14,91 m, la Vénézuélienne remporte le 1er titre mondial en athlétisme pour son pays, devançant la colombienne Caterine  IBARGUEN de deux centimètres et la Kazakhe Olga RYPAKOVA (14,77 m).

Yulimar ROJAS, 21 ans, 1 m 92, 72 kg entre dans l’histoire de la discipline du triple saut.

 

https://www.youtube.com/watch?v=gxMrDpKDEIE

 

Une icône pour tout un pays et un peuple.

 

https://www.youtube.com/watch?v=Mi66hkgNOts

 

 

Née sur les bords de la mer des Caraïbes, la jeune femme a commencé par le volley-ball. Très vite, son potentiel athlétique l’a orientée vers l’athlétisme. C’est l’ancien champion cubain de saut en longueur Ivan PEDROSO, qui s’est un temps occupé du français  Teddy TAMGHO qui entraîne actuellement ROJAS.

> Le triple saut consiste en un saut à cloche-pied, une foulée bondissante et un saut, effectués dans cet ordre. On a cru longtemps que le triple saut provenait des jeux antiques. Il n’en est rien. Les celtes l’adoptèrent dès le 8ième siècle avant notre ère. Il faisait partie déjà des épreuves des premiers jeux olympiques modernes de 1896.

Le record du monde féminin est toujours la propriété de l’ukrainienne Inessa KRAVETS avec un triple bond  à 15 m 50 réalisée à GOTEBORG 1995. Aux jeux de Londres 2012, c’est la  kazakhe Olga RYPAKOVA qui devance la colombienne Caterine  IBARGUEN . Surprenante géopolitique. Pays d’Amérique latine, pays de l’est européen.

La France est actuellement représentée de par sa naturalisation en 2010 par l’ancienne camerounaise Françoise MBANGO ETONE, double championne olympique à Athènes 2004 et Pékin 2008.

 

Le Vénézuela est souvent à la une de l’actualité. Le pays pétrolier, souffre d’une hyperinflation qui réduit à néant le pouvoir d’achat. Il y a des pénuries d’aliments et de médicaments. La famine touche les plus pauvres. La crise politique est réelle ; le nombre de dissidents ne cesse d’augmenter et l’opposition est plus que muselée.

 

Ex-ministre des affaires étrangères désigné par l’ex-président très charismatique Hugo CHAVEZ , l’actuel Président est Nicolas MADURO, élu en avril 2013 à la suite d’un scrutin contesté. Il a le soutien de Cuba.

Il se veut un héritier du libérateur national du début du 19ème siècle face à l’Espagne, Simon BOLIVAR d’où la dénomination de République Bolivarienne de Vénézuela.

 

Le Vénézuela, pays de 30 millions d’habitants sur 900 000 km2, Capitale CARACAS,  est situé dans la partie la plus septentrionale de l’Amérique du Sud, bordé au nord par la mer des Antilles, à l’est par le Guyana, au sud par le Brésil, au sud-ouest et à l’ouest par la Colombie. Il a été découvert en 1498 par Christophe COLOMB lors de son troisième voyage.

 

Le jaune est interprété comme représentant les richesses de la terre. Le bleu symbolise le courage de son peuple. Le rouge signifie le sang versé dans accession à l'indépendance. Les huit étoiles sur le drapeau d'origine représentaient les sept provinces au Venezuela réunies lors de la guerre d'indépendance contre l’Espagne en 1811 plus une étoile rajoutée par Hugo CHAVEZ en 2006.

 

Semaine du 8 janvier

 

 

Partons pour l’Afrique du sud, une grande nation athlétique…

 

Les jeux de Barcelone en 1992 sont marqués par le grand retour de l’Afrique du Sud, écartée du concert sportif international depuis 1964 en raison de sa politique d’apartheid.

 

En finale du 10 000 mètres féminin, la victoire se joue justement entre Elana MEYER, une sud-africaine blanche et Derartu TULU, une éthiopienne noire. Tout un symbole.

 

Elana MEYER imprime une forte cadence et seule l’éthiopienne s’accroche. Mieux, juste avant le dernier tour, TULU double MEYER, accélère et s’impose avec 30 mètres d’avance. Elle devient la première athlète d’Afrique noire championne olympique. Les deux femmes tombent alors dans les bras l’une de l’autre et font un tour d’honneur. Cette image a marqué les esprits.

 

http://www.youtube.com/watch?v=qwPVaHzxnm4

 

 

Cette course va donc faire l’Histoire…Et que dire de la musique de Michael Clayton qui l’accompagne.

Avec cela, si vous n’aimez pas la course à pied.

 

 

Elana MAYER supplante en 1992 une autre sud-africaine Zola  BUDD, la coureuse aux pieds-nus, qui apparaît sur la scène internationale en 1984 en battant le record du monde du 5000 mètres. Zola BUDD participera aux jeux olympiques de 1984 sous les couleurs du Royaume-Uni. En finale du 3000 mètres, Zola BUDD fait tomber la favorite américaine Mary DECKER et finit 7ème de la course sous les huées du public américain.

 

De son côté, Derartu TULU, la reine de Saba, inaugure le triomphe féminin éthiopien sur le fond avec l’avènement de stars comme sa cousine Tirunesh DIBABA, double championne olympique 5000-10 000 à Pékin 2008, actuelle détentrice du record du monde du 5 000 en 14 minutes 11 secondes 15 ou Meseret DEFAR

 

Symbole de la fin de l’apartheid : le petit sud-africain Josiah THUGWANE gagne le marathon d’Atlanta 1996 en 2 H 12 minutes 36 secondes devançant de 3 secondes le sud-coréen Bong-Ju LEE  et de 8 secondes le kenyan Eric WAINAINA.  L’espagnol Martin FIZ, champion du monde en titre finit 4 ème.

 

Jamais en un siècle, les écarts n’avaient été aussi minces à l’issue d’un marathon olympique.

 

Josiah TUGWANE, 25 ans,  1 m 58, 45 kg, lunettes de triathlètes, a renforcé la fierté et la confiance de la nation sud-africaine, un an après la victoire en rugby des Springboks à l’Ellis Park de Johannesburg devant les All Blacks néo-zélandais.

 

Il est né le 15 avril 1971 à Béthal, à 200 kilomètres à l’est de Johannesburg, la plus grande ville du pays. Il n’a pas échappé durant son enfance à un destin de mineur de charbon. Il aime le football. Il ne fréquente pas l’école, il ne sait ni lire, ni écrire mais sa volonté et son assiduité à s’entraîner en solitaire à la tombée de la nuit autour des sites industriels de son quartier intrigue un anglais Tony LONGHURST qui s’intéresse à l’athlétisme et qui deviendra son entraîneur. TUGWANE comprend très vite qu’il peut vivre de la course à pied.

 

Le rêve olympique a bien failli s’évanouir au mois de mars 1996. Alors qu’il rentrait chez lui en camionnette, il s’arrête pour prendre trois auto-stoppeurs, en fait des malfaiteurs qui en veulent à son véhicule. TUGWANE oppose une résistance à ses agresseurs mais ces derniers lui logent une balle dans la mâchoire et le laissent pour mort sur le bord de la route. Rétabli, il rejoindra Atlanta après un passage dans un camp d’entraînement au Mexique, à 1 500 mètres d’altitude.

 

 

La nouvelle star de l’athlétisme sud-africain s’appelle Wayde VAN NIEKERT, 1.83 m, 72 kg, 25 ans, actuel recordman du monde du 400 mètres. Impressionnant. Juste un record du monde en 43 s  03 en remportant le titre à RIO 2016 améliorant les 43 s 18 de l’extra-terrestre Michael JOHNSON réalisé en 1999, au siècle dernier.

 

Dans le panthéon de l’athlétisme sud-africain, il vient effacer  Oscar PISTORIUS et surtout Caster SEMENYA, la spécialiste du 800 mètres, championne du monde à BERLIN 2009, vice-championne olympique à LONDRES 2012, porte drapeau de l’Afrique du sud.

 

 

Renaissance de Caster SEMENYA : elle  a décroché sur le 800 mètres féminin de RIO 2016  la médaille d’or.  La Sud-Africaine l'a emporté en 1'55''29. Elle a devancé la Burundaise Francine NIYONSABA (1'56''49) et la Kenyane Margaret WAMBUI (1'56''89).

 

 

Six ans après son enquête sur son identité sexuelle qui l’avait blessée, Caster SEMENYA a peut-être tourné la page mais son grand retour aux Mondiaux de PEKIN 2015 avait été un échec. Elle a fini dernière de sa demi-finale. Son projet de battre le plus vieux record du monde en athlétisme de plein air (le 800 mètres féminin détenue depuis 1983 par la tchèque Jarmila KRATOCHVILOVA en 1 mn 53 s 28) avait pris du plomb dans l’aile.

 

Sa nouvelle entraîneuse depuis 2011 est la mozambicaine Maria MUTOLA, triple championne du monde et championne olympique sur le 800 mètres de SYDNEY 2000. Elle aussi avait également été stigmatisée dans les années 1990 pour son « physique masculin ».

 

En plus de revenir donc au premier plan, cet été à Rio, la motivation de Caster SEMENYA est donc de préparer la suite de sa vie, en particulier celle de permettre aux enfants sud-africains les plus défavorisés d’avoir accès à des équipements sportifs.

La nouvelle mission de Caster SEMENYA : celle d’aider les autres.

 

 

L'Afrique du Sud est un pays de 56 millions d’habitants [ ]répartis en 80 % de Noirs, 10 % de Blancs, 10 % de Métis et d’asiatiques. Capitale PRETORIA, plus grande ville JOHANNESBOURG. Superficie de 1 200 000 km2 (soit 2 fois et demi la France)[]

 

Au départ colonie franco-néerlandaise en raison de l’exil des protestants chassés d’europe, elle est devenue colonie britannique en 1806. S’ensuivent des guerres avec les populations d’origine. Les années 1960 marquent l’indépendance du pays.

 

 

L'Afrique du Sud est souvent appelée « nation arc-en-ciel », notion inventée par l'archevêque Desmond TUTU pour désigner la diversité de la nation sud-africaine. C’est sa grande chance.

Mais il se dit aussi que depuis 1994, plus d’un demi-million de blancs ont quitté le pays.

 

On se souvient en 1976 des émeutes de Soweto contre l’enseignement obligatoire en afrikaans. Le gouvernement déclare l’état d’urgence.

En 1990, le nouveau président sud-africain Frédérik De KLERCK légalise l’ANC, le parti communiste sud-africain et tous les mouvements noirs. Nelson MANDELA est libéré.

En 1991, le gouvernement abolit les dernières lois de l’apartheid. Les premières élections multiraciales de l'histoire du pays sont remportées par l'ANC. Nelson MANDELA devient le premier président noir du pays.

Si l'Afrique du Sud est la première économie du continent africain représentant un quart du produit intérieur brut de l’Afrique, elle bat néanmoins des records en matière de criminalité : on y compte environ 20 000 meurtres par an, 30 000 tentatives de meurtre, plus de 50 000 viols. Presque tous les habitants d'Afrique du Sud ont une fois dans leur vie fait l'expérience directe de la criminalité et de la violence.

 

L’affaire Oscar PISTORIUS, du nom du premier athlète médaillé parmi les valides (the blade runner, l’homme aux lames) condamné pour le meurtre de sa compagne, est dans toutes les têtes.

En 2013, Oscar PISTORIUS a été condamné à 6 ans de prison ferme.

En 2013, décède Nelson MANDELA dit Madiba, le père de la nation sud-Africaine, à l’âge de 95 ans.

 

https://www.youtube.com/watch?v=BGS7SpI7obY

 

Aujourd’hui, les descendants de MANDELA se déchirent au sein de l’ANC, le parti fondé par MANDELA.

Terminés le chant et la danse…

 

 

On peut voir sur le drapeau les couleurs suivantes : le noir, le jaune, le vert, le blanc, le rouge et le bleu. Le noir, le vert et le jaune sont les couleurs traditionnelles des mouvements noirs africains. Mais des représentations spécifiques de chaque couleur sont avancées : le bleu qui représente le ciel et les fleuves, le vert représentant la terre africaine à perte de vue et l’agriculture, le blanc les natifs à la peau claire et qui sont européens et aussi pour la paix, le noir explicitement la population noire en question et pour la force, le jaune la richesse aurifère du pays et les minéraux en abondance, le rouge qui représente le sang versé lors des affrontements entre Noirs et Blancs. Si on regarde bien un motif est mis en exergue sur le drapeau la lettre Y, elle représente la jonction des divers éléments de la société sud-africaine mais qui prenne la route à l’unisson.

 

Semaine du 11 décembre

Continuons notre voyage : Aujourd’hui, partons pour un pays frontalier du Kenya, en plein plateau africain avec un pays d’avenir en athlétisme et surtout la meilleure nation actuelle au monde en course de montagne : l’OUGANDA

La star actuelle de l’Ouganda est Joshua Kiprui CHEPTEGEI. Courant régulièrement le 5 000 mètres en moins de 13 mn, 6ème aux jeux de RIO 2016 sur 10 000 mètres, il est médaillé de bronze aux  Mondiaux de Londres 2017 sur 5 000 mètres, battu par l’éthiopien Muktar EDRIS  et la star internationale Mo FARAH.

L’OUGANDA a organisé les championnats du monde de cross en mars 2017. CHEPTEGEI part en solo pour tenter de glaner son premier titre planétaire chez les «grands». A domicile, qui plus est. Son public est en transe. Et là, c'est le drame. Il est victime d'une crise d'hypoglycémie et de la température trop élevée. Au final, grosse défaillance. Au final, c'est le Kenyan Geoffroy KAMWOROR qui l'a emporté et qui est devenu le premier athlète à conserver ce titre depuis 11 ans.

https://www.youtube.com/watch?v=u67s9Rhv_uE

Final pathétique. A méditer.

https://www.bluewin.ch/fr/sport/autres-sports/2017/article-teleclub/video--une-terrible-defaillance-au-mondial-de-cross.html

Néanmoins, l’OUGANDA empoche la médaille d’or en juniors avec Jacob KIPLIMO. Attention, les jeunes ougandais arrivent en force. Le premier champion olympique de l'Ouganda est John AKII-BUA, vainqueur à la surprise générale des jeux de Munich 1972 et établissant un nouveau record du monde en 47 s 82. Les favoris, l’anglais David HEMERY, le vainqueur de Mexico et l’américain Ralph MANN sont battus. En cette période, le pays, frontalier du kenya, est confronté depuis 1971 au dictateur Idi AMIN DADA, accusé de la disparition de 300 000 ougandais. AKII-BUA, originaire du Nord,  fuit le pays et rejoint un camp de réfugiés au Kenya. Il est secouru grâce à son équipementier PUMA et s’installe en Allemagne jusqu’à la chute du régime en 1979, à la suite du déclenchement de la guerre contre la Tanzanie voisine. L’ex-dictateur s’exile en Libye pendant que l’athlète revient au pays y mourant en 1997 d’une longue maladie. A l’heure actuelle, dans le nord de l’Ouganda, règne l’effrayante Armée de résistance du Seigneur qui kidnappe les enfants dans les villages. Ces rebelles soutenus par le régime islamique du Soudan font la guerre au président actuel de l’Ouganda, MUSEVENI, 75 ans, au pouvoir depuis 1986 et qui s’y verrai bien encore.

Sur 400 mètres haies, un autre pays africain s’est distingué : la Zambie avec l’athlète Samuel MATETE, champion du monde en 1991 à Tokyo.

Ce qui est bien avec l’athlétisme, c’est qu’on ne peut difficilement  la dissocier de la géographie.

Le deuxième champion olympique de l'Ouganda est Stephen KIPROTICH en 2012 à Londres sur le marathon. D’ethnie Sebei proche des kalenjin du kenya, KIPROTICH s’est tout le temps entrainé au Kenya, à Eldoret, avec son ami Eliud KIPCHOGE.

 

L’OUGANDA est actuellement la nation championne du monde par équipes de course de montagne en Seniors et Juniors masculins. Sur la course senior, à Premana Lecco (Italie du Nord) cet été, c’est un triplé ougandais avec la victoire de Victor KIPLANGAT ; le 1er français  julien RANCON est 11ème, la France est  4ème par équipes derrière l’Ouganda, l’Italie et les Etats-Unis. Au niveau féminin, victoire des kenyanes.

L’avenir est ougandais en course de montagne comme en cross.

Un reportage de Gilles BERTRAND (fondateur de la revue SPE15, en référence à l’épreuve 1500 mètres, que je vous conseille et organisateur du trail des templiers/hivernale des templiers ) sur le National de cross des jeunes ougandais :

https://spe15.fr/ouganda-sur-les-traces-des-premiers-crosseux/

 L’OUGANDA, pays de 41 millions d’habitants, 241 000 km2, capitale KAMPALA, fait partie de l’Afrique des Grands Lacs. Le pays est situé sur le plateau Est-Africain ; la grande totalité du territoire se trouve dans le bassin du Nil. Les pays frontaliers sont le  Soudan du Sud au Nord, le Kenya à l’est, la République démocratique du Congo à l’ouest et le Rwanda et la Tanzanie au sud. Le pays a obtenu son indépendance du Royaume-Uni en octobre 1962.L’Ouganda doit faire face aujourd’hui à une forte immigration de soudanais du Sud (quasi 1 million d’habitants) en raison d’une guerre entre loyalistes et rebelles, affrontements ethniques,  dans le Soudan du Sud et sa nouvelle capitale Juba. Le Soudan du sud, dernier né des états, a accédé à l’indépendance en 2011 grâce au soutien de l’Ouganda.

Un disque blanc est superposé au centre et représente une grue à crête rouge (le symbole national), la face tournée vers le côté de la hampe. Le noir symbolise le peuples africains, le jaune le soleil et de la vitalité et le rouge la fraternité africaine.

Semaine du 4 décembre

Continuons notre voyage : Aujourd’hui, partons pour un autre pays maghrébin, le MAROC.

Le 1500 mètres est l’épreuve type du demi-fond. Elle s’est imposée dès 1896 comme course olympique. C’est une création française. C’est la sœur du Mile anglais (1 609,32 m). Il y a eu une période anglaise qui a dominé le 1500 mètres mondial de 1980 à 1985 : Sébastien COE, Steve OWETT et Steve CRAM, ce dernier étant le premier sous la barre des 3 mn 30 secondes.

 

 

Mais aujourd’hui, il y a une période de domination marocaine qui débute en 1985 avec Said AOUITA et qui se poursuit encore aujourd’hui, puisque que le record du monde de la spécialité est toujours détenu par le marocain Hicham El GUERROUJ en 3 mn 26 secondes.

Le 23 août 1985, Said AOUITA  s’empare du record mondial du 1500 mètres en 3 mn 29 secondes 46. Il est aussi le premier homme à descendre sous la barre des treize minutes avec 12’58’’39 sur 5 000 m le 22 juillet 1987 à Rome. Il restera invaincu pendant 10 ans sur cette discipline. Un record. Son point fort était son époustouflante accélération et sa pointe de vitesse incroyable notamment son finish, sans oublier sa capacité de récupération et son endurance phénoménale qui lui ont permis d'être l'athlète le plus complet de l'histoire du demi-fond mondial. Saïd AOUITA est né le 2 novembre 1959 à Kénitra (Maroc). Il rêvait de devenir footballeur. Sa carrière sportive se terminera en 1990. Au Maroc, un train navette rapide entre Casablanca et Kénitra porte son nom : l’Aouita. Le 3 septembre 2008, il est nommé directeur technique de l'athlétisme marocain afin de reprendre en main les athlètes du Royaume, qui avaient effectué une piètre prestation aux jeux olympiques de Pékin en 2008. Il sera démis, dans des circonstances controversées, de ses fonctions le 20 mars 2009.

De 1992 à 1997 émerge sur la scène du demi-fond mondial l’algérien Noureddine MORCELLI, né le 28 février 1970 à Ténès (Algérie).

Aux Jeux olympiques de Barcelone 1992, il est le favori pour la finale du 1 500 mètres mais il ne termine qu'à une décevante 7e place. Le vainqueur est l’espagnol Fermin CACHO.

Le 12 juillet  1995 à Nice, il établit un nouveau record du monde du 1500 mètres : 3 mn 27 secondes 27

Aux Jeux olympiques d'Atlanta, il remporte la médaille d'or qui lui avait échappé quatre ans plus tôt. Dans cette course apparaît un jeune prodige Hicham El GUERROUJ qui finira loin, 12e,  en raison d'une chute à un tour de l'arrivée, alors qu'il était dans le sillage du triple champion du monde

Hicham El GUERROUJ est le digne successeur d’AOUITA. Il est né le 14 septembre 1974 à Berkane (Maroc)

Il remporte sur 1 500 mètres 4 titres de champions du monde de 1997 à 2003. Le 14 juillet 1998 à Rome, il bat le record du monde du 1500 en 3 mn 26 secondes. Il faudra attendre de longues minutes pour avoir la confirmation de l’incroyable chrono. Ce temps est encore aujourd’hui invaincu. EL GURROUJ remercie ALLAH. Cette course va donc faire l’Histoire…

Aux Jeux olympiques de Sydney 2000, EL GUERROUJ est le grand favori du 1 500 m. Il craque dans la dernière ligne droite et est une nouvelle fois battu, cette fois par le Kenyan Noah NGENY, le français Medhi BAALA finissant 4 ième.

Lors de la finale olympique du 1500 mètres d’Athènes 2004, la malédiction semble opérer de nouveau : le kenyan, plus tard naturalisé américain, Bernard LAGAT le dépasse et semble partir pour remporter la médaille d'or. Toutefois, Hicham El GUERROUJ s'accroche, revient centimètres par centimètres, pour finalement remporter l'or olympique.

Quatre jours plus tard, il s'aligne sur le 5 000 mètres. L'éthiopien et recordman du monde Kenenisa BEKELE est le grand favori de la course. Mais les coureurs de fond ne durcissent pas la course. Cela permet à EL GUERROUJ de terminer les derniers 400 mètres en moins de 53 secondes et de battre facilement BEKELE et Eliud KIPCHOGE, l’actuel champion olympique du marathon à RIO 2016 et candidat à battre le record du monde du marathon.

EL GUERROUJ renouvelle ainsi l'exploit du finlandais Paavo NURMI qui avait lui aussi réussi le même exploit de remporter les deux titres olympiques du 1 500 et du 5 000 mètres lors des Jeux olympiques de Paris en 1924.

En 2003, lors de la finale des championnats du monde de Paris, derrière EL GUERROUJ, Mehdi BAALA en finissant 2ème établit un nouveau record de France du 1 500 mètres en 3 mn 28 secondes 98. C’est toujours la 6ème meilleure performance mondiale de tous les temps. En 2006, le kenyan Daniel KOMEN et le bahreini d’origine kenyane Rachid RAMZI ont tenté d’approcher le record d’EL GUERROUJ mais leurs temps se situent au-dessus de 3 mn 29 secondes, 3 secondes au-dessus du record du monde. Une éternité.

Les chevaux légers marocains ont dominé le demi-fond mondial. On n’est pas prêt de les oublier…

Le Maroc, l’autre pays de la course à pied :  34 millions d’habitants, 180 000 kilomètres carrés, capitale RABAT, sa ville économique CASABLANCA, ses villes de culture comme FES et MARAKECH. L’athlétisme qui s’est imposée aussi au féminin dix ans avant Hicham EL GUERROUJ avec Nawal EL MOUTAWAKIL, première femme maghrébine championne olympique et facile vainqueur du 400 mètres haies en 1984 à LOS ANGELES en 54 s 61.

Nawal EL MOUTAWAKIL est née le 15 avril 1962 à Casablanca. Le père de Nawal, employé de banque, est devenu plus tard l’entraîneur de l’équipe marocaine d’athlétisme. L’athlète s’entraîne ensuite en France puis aux Etats-Unis. Elle a une forte soif de gloire mais elle arrête sa carrière avant d’avoir 25 ans. En 1995, Nawal El MOUTAWAKIL a été élue membre du comité exécutif de la Fédération internationale d'athlétisme amateur (IAAF), avant d'être désignée vice-présidente de cette fédération. En août 1997, le Roi Hassan II la nomme secrétaire d'État auprès du ministre des affaires sociales chargée de la jeunesse et des sports, poste qu'elle a conservé jusqu'en mars 1998. Elle est aujourd'hui membre du bureau exécutif et vice-présidente du Comité international olympique et présidente de la commission de coordination des Jeux olympiques de Rio 2016.

 

 

Nawal annonce une autre athlète marocaine, spécialiste du 400 mètres haies, médaillé de bronze aux JO de SYDNEY 2000 : Nezha BIDOUANE. Elle fut championne du monde de la spécialité en 1997 et 2001.

Nezha BIDOUANE  est née dans le quartier populaire Yacoub El Mansour à Rabat. Sa mère fut d’un grand soutien. Un temps, il ira rejoindre à Casablanca Nawal El MOUTAWAKEL devenue entraîneur mais elle revint assez rapidement sur Rabat. De par son agilité naturelle, elle est considérée comme l'une des meilleures spécialiste de cette épreuve très exigeante qu’est le 400 mètres haies. Le roi Mohammed VI, fils d’Hassan II,  en fera une porte-parole de sa fondation des sportifs.

L’athlétisme féminin marocain n’est pas en reste. Comme chez les hommes, le Maroc a aussi des stars féminins. Citons Hasna BENHASSI, argent sur 800 mètres à ATHENES 2004 et Bronze à PEKIN 2008. Elle entre ainsi dans la légende de l’athlétisme marocain et surtout met en lumière le centre d’entraînement d’IFRANE, dans le moyen-Atlas, à 2 000 mètres d’altitude.

https://www.youtube.com/watch?v=yXbWt3F_9jE

La France a Font-Romeu, le Kenya a Iten et  la vallée du Rift, le Maroc a Ifrane. Dans ces centres d’entraînements passent des athlètes qui vont côtoyer les sommets.

Nous aimons le Maroc pour ses paysages et sa diversité. Nous suivons toujours chaque semaine le photographe Yann ARTUS-BERTRAND dans ses vues du ciel du Maroc commentées ici par le journaliste Ali BADDOU.

https://www.youtube.com/watch?v=bRitR9klNcc

Début du Documentaire :  C’est l’histoire d’un voyage, d’un retour aux sources sur la terre de ma famille, celle de mes ancêtres,…  

 

 

Semaine du 27 novembre

 

Continuons notre voyage : Aujourd’hui, l’Algérie.

 

 

Le 8 août 1992, à Barcelone, Hassiba BOULMERKA, 1m56, 52 kg,  est la première à apporter une médaille d’or au sport algérien. La course, le 1 500 mètres féminin,  fut d’une grande limpidité. Après avoir contrôlé le train des coureuses russes courant sous la bannière CEI (Communautés des Etats Indépendants), elle démarre sèchement dans le dernier virage et l’emporte facilement en 3 mn 55 s 30 devant russes et chinoises pourtant reines du demi-fond. L’Algérie, à l’époque en pleine crise, se remet à espérer.

 

https://www.youtube.com/watch?v=dBhCnM_V6yw

 

 

Cette course va donc faire l’Histoire…

 

 

Hassiba BOULMERKA est née le 10 juillet 1968 à Constantine. Elle est d’origine modeste. Tout n’a pas été facile pour elle.

Son entraîneur de l’époque a dû convaincre la famille et particulièrement le père à la pratique sportive. Elle est douée pour la course à pied. Elle exerce un emploi de secrétaire-dactylographe et s’entraîne dur à la sortie du bureau. Elle quitte Constantine à regret pour Alger.

Elle est également double championne du monde du 1 500 m en 1991 à Tokyo et en 1995 à Goteborg

 

Si elle devient un symbole pour le sport féminin algérien, elle est aussi la cible des extrémistes dans un pays où le fondamentalisme prend une grande importance.

 

Au début des années 1990, l’Algérie pays de 33 millions d’habitants, à majorité jeune est confronté à une grave crise politique. L’arabisation va faire oublier le parti unique.

Après plusieurs années de gestion autocratique des affaires de l’État, l’Algérie se lance à partir de l’année 1988, dans une expérience inédite de démocratisation, suite notamment aux Événements du 5 octobre 1988 dites émeutes de la faim. Cette ouverture s’accompagne en juin 1990 de l’entrée des islamistes du Front Islamiste du Salut (FIS) dans le champ politique, qui remportent des élections locales. Le FIS arrive également en tête du premier tour des élections législatives du 26 décembre 1991, avec 47 % des voix exprimées (le taux d'abstention étant de 41 %), ce qui provoque l’intervention de l’armée, qui interrompt le processus électoral au début de l’année 1992.

Mohamed BOUDIAF prend la tête du Haut Comité d'État, après 28 ans d'exil. Un des chefs historiques de la guerre d'Algérie et fondateur du parti du FLN souhaitait une Algérie démocratique tournée vers la modernité, il disait vouloir mettre fin à la corruption qui gangrenait l'État. Il sera assassiné après six mois à Annaba en plein discours, le 29 juin 1992.

A Barcelone, Hassiba BOULMERKA lui offrira son titre olympique. Hassiba, une femme en or.

L’Algérie connaîtra ensuite une vague de violence et de terrorisme qui durera une décennie et dont l’assassinat des moines français de Tibéhirine fin mars 1996 est un point culminant.

En 1998, année où sa mère décède, Hassiba BOULMERKA n'arrive plus à supporter l'entraînement. Fin de carrière. Début d’une carrière de femme d’affaires.

Retour sur les championnats du monde de Tokyo 1991 : BOULMERKA devient la première africaine à devenir championne du monde d'athlétisme. Le même jour, son compatriote Noureddine MORCELI remporte également son premier titre mondial, sur la même épreuve du 1 500 m

Aux jeux olympiques d’Atlanta 1996, sur l’épreuve reine du 1 500 mètres, MORCELI file vers un sacre olympique aidé en cela par la chute à 400 mètres de l’arrivée d’un  jeune marocain, un futur grand,  Hicham el GUERROUJ. Il l’emporte devant l’espagnol Fermin CACHO vainqueur chez lui à BARCELONE 1992

https://www.youtube.com/watch?v=ECNVkXaHH7Q

En 2000, à Sydney, fin de carrière pour MORCELI, dernier de sa demi-finale.

L’Algérie d’aujourd’hui compte 40 millions d’habitants sur une superficie de 2 380 000 km2 (soit 4 fois la France) mais dont 80 % forme le SAHARA. L’Algérie est un pays gazier. Depuis 1999, Abdelaziz BOUTEFLIKA est le toujours président de la république. Le football y est toujours roi et l’athlétisme de demi-fond, celui du 1 500 mètres, s’y perpétue, côté féminin avec la victoire de Nouria BENIDA à Sydney en 2000, côté masculin avec la victoire de Taoufik MAKHLOUFI, un peu à la surprise générale, à Londres en 2012.

4 ans après en 2016 à RIO, MAKHLOUFI remporte 2 médailles d’argent sur 800 et sur 1 500 mètres, faisant de lui l’athlète le plus titré du sport algérien.

Pour finir, un magnifique documentaire d’ARTHUS-BERTRAND et de Yazid TIZI sur l’Algérie vue du ciel.

https://www.youtube.com/watch?v=qen9dEIWVh8

Début du documentaire : « J’ai vu des centaines de pays mais il n’y a qu’un qui me touche en particulier : l’Algérie… »

 

 

Semaine du 20 novembre 2017

Après l’Ethiopie la semaine dernière, cette semaine le KENYA et sa course mythique le 3 000 mètres steepl

Le 3000 mètres steeple fut codifié en 1954. Mais la chronique veut que le 3000 mètres steeple soit né un soir de l’automne 1850 à la suite d’un pari lancé par quelques étudiants d’Oxford.

Cette épreuve comprend 35 obstacles à franchir, espacés d’environ 80 mètres : 28 barrières hautes de 91 centimètres et 7 barrières-rivières larges de 3 m 66 et profondes de 76 centimètres.

Le 3000 mètres steeple est une course refuge pour les tâcherons de la cendrée. Les Kenyans vont lui apporter l’excellence.

Les kenyans touchent à peine l'eau au sortir de la rivière et sautent les haies et parfois la rivière sans toucher l'obstacle

Les kenyans ont exercé une domination olympique totale sur le 3000 mètres steeple depuis 1968.

Ils vont investir totalement le steeple grâce à une cohorte de coureurs de grande classe.

Mais la pression africaine s’accentue à partir de 1976 avec Henry RONO, quadruple recordman du monde et surtout à partir de 1984, à Los Angeles. Julius KORIR l’emporte et devient ainsi le 3ième kenyan champion olympique après Amos BIWOTT en 1968 et Kip KEINO en 1972, le grand KEINO, qui avait ouvert la voie au Kenya en remportant le 1 500 mètres légendaire de Mexico.

 

 

 

 

 

 

 

En 1984, le français Joseph MAHMOUD enlève une méritante 2ième place derrière KORIR

En 1991 c’est la révélation de l’immense talent de Moses KIPTANUI qui devient champion du monde à Tokyo. Il a à peine 20 ans et court régulièrement en moins de 8 mn 10.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il sera le premier homme sous la limite des 8 mn au steeple : 7 mn 59 s 18. Mais il ne sera jamais champion olympique. Il sera malheureusement l’un de ces merveilleux et trop nombreux athlètes maudits aux jeux olympiques.

Et la liste qui suit est loin d’être exhaustive : Matthew BIRIR, Joseph KETER et Reuben KOSGEI

Le record du monde est actuellement la propriété du quatari d’origine kenyanne Saif Saaeed SHAHEEN en 7 min 53 s 63, réalisé le 3 septembre 2004 à Bruxelles. Le 16 août 2002, le marocain Brahim BOULAMI avait couru la distance en 7 min 53 s 17, mais le record ne fut jamais homologué à cause d'un cas positif à l'EPO.

Lors de la finale des championnats du monde de Paris St Denis en 2003, on a assisté à une lutte fratricide entre Said SHAHEEN fraichement naturalisé quatari, et son frère, qui lui, avait toujours la nationalité kenyane. C'est certainement la plus belle course de 3000m steeple, une vraie course "à la Kenyane", c'est à dire avec une succession de changement de rythme.

Said SHAHEEN n'arrêtait pas de mettre des accélérations de folie pour lâcher son frère kenyan, mais ce dernier ne voulait rien lâcher, Said SHAHEEN courait toujours avec l'attitude hyper provocatrice du coq, le buste bien droit. Ce fut un grand moment

 

Cette course va donc faire l’Histoire…

https://www.youtube.com/watch?v=ca5zZGBdJw8

 

 

En trois décennies, le Kenya s’est octroyé sur le steeple 13 médailles olympiques dont 6 en or ainsi que 5 titres de champions de monde.

Et pourtant, en 1964, quand le Kenya indépendant envoie sa première équipe aux jeux de Tokyo où

Wilson KIPRUGUT remporte le bronze sur 800 mètres et que Kip KEINO finit 5ème du 5000 mètres, c’est à peine si le demi-fond mondial les remarque.

La plupart des champions kenyans vient de l’ethnie kalenjin qui représente 10 % seulement de la population du Kenya. Le pays Kalenjin, c’est la province de la Rift Valley et ses alentours, avec sa cathédrale de l’athlétisme kenyan, le stade kipchoge Keino d’Eldoret, au nord de Nairobi, la capitale. Les petites villes sont des bourgs agricoles.

 

Mais si l’on regarde de plus près, la supériorité kenyane surprend encore plus. Sur les 56 kenyans qui figurent en 2008 dans la liste des 100 meilleurs marathoniens  au monde, 90 % d’entre eux viennent de l’ethnie Kalenjiin qui ne représente pourtant que 10 % de la population kenyane c’est-à-dire 3 millions d’habitants sur une superficie de 30 000 km, soit 4 départements français.

 

Autre indice : Lors des championnats du monde ou jeux olympiques, la délégation kenyane finit deuxième ou troisième au classement général des médailles, derrière les Etats-Unis, alors que ses athlètes n’ont participé qu’aux épreuves de course de moyenne et de longue distance.

 

L’Athlétisme africain est dominé par le Kenya, l’Ethiopie et à un degré moindre le Maroc.

Plongée à Iten, le haut lieu de l’athlétisme kenyan :

 

En compagnie d’un missionnaire irlandais, qui a formé de nombreux champions olympiques : https://www.youtube.com/watch?v=W2i2pVUzCZo

et en compagnie de bob TAHRI, le champion français, qui a fait de ses entrainements à Iten la clé de ses succès sur piste :

https://www.youtube.com/watch?v=nIqs-2777_Q

Ici, les jeunes n’ont rien d’autre à faire que de courir : généralement des séries de 20 fois 1000 m en 2 mn 40 et 45 secondes de récupération sans oublier le footing du matin, 30 km de brousse. Ils intègrent des camps d’entraînements nombreux maintenant. A l’école, les instituteurs enseignent l’athlétisme.

Les Kenyans ont l’endurance de souffrir et l’espoir de réussite. On les retrouve sur l’ensemble des marathons internationaux. Il s’agit d’une nation jeune. L’avenir leur appartient et les grands anciens n’ont qu’à bien se tenir…

Leur marque de fabrique : l’accélération, la surprise. Contrairement aux coureurs éthiopiens, la discipline n’est pas leur fort, l’individualisme les caractérise. La plupart des champions kenyans s’entraînent dans les universités américaines. La plupart des marathons les plus prestigieux (Londres, Paris, Chicago, Rotterdam, Berlin, New York) ont subi la vague kenyane et cela depuis le milieu des années 1990. Tout kenyan rêve de devenir coureur professionnel.

Le Kenya est un pays grand comme la France, 40 millions d’habitants, Nairobi est la capitale, mais la pandémie de SIDA demeure la plus grande menace pour l’état de santé des kenyans.

Néanmoins, malgré sa reconnaissance par la course à pied, le Kenya est un des pays africains les plus corrompus. Le taux de chômage est élevé et 50 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté. Les luttes entre ethnies sont larvées et au niveau de l’exécutif, il y a un peu de la Côte d’ivoire malgré le multipartisme. Comme le disent les anciens coureurs devenus riches : Quand tu es pauvre, tu restes pauvre sauf si tu cours….la révolution attendra.

 

Semaine du 16 novembre 2017

Comme la saison des cross débute, je vous ai mis le maître de la discipline, l’éthiopien Kenenisa BEKELE, 5 fois champion du monde. Ici, en 2008, à Edimbourg en Ecosse. Boue et petites  montées

http://www.youtube.com/watch?v=pOGQm4TATic

Kenenisa BEKELE est le toujours actuel recordman du monde  du 5 000 m (12 min 37 s 35) et du 10 000 m (26 min 17 s 53). Comme quoi, le cross est bien la meilleure école pour progresser sur la piste et sur route, le printemps venant. On dira que le cross est une des disciplines les plus difficiles.

BEKELE devient le sixième athlète à réussir le doublé 5 000 et 10 000 lors de Jeux olympiques  de Pékin 2008 après  Hannes KOLEHMAINEN (1912), Emil ZATOPECK (1952) Lasse VIREN (1972 et 1976), Volodymyr KUTS (1956)  Miruts YIFTER (1980). Suivra ensuite Mohamed FARAH (Londres 2012 et Rio 2016) l’incontournable Mo FARAH

Pourtant rien n’a été facile pour lui. Le 4 janvier 2005, lors d'un camp d'entrainement près d'Addis-Abeba, Kenenisa BEKELE effectue un footing en compagnie de sa fiancée. Cette dernière s'effondre  et décède d'un arrêt cardiaque dans la voiture sur la route de l'hôpital. BEKELE fait le deuil en s’entraînant encore plus.

 Le 6 avril 2014, après avoir tout gagné,  il est monté sur le marathon en participant au marathon de PARIS qu’il remporte en 2 heures, 5 minutes et 3 secondes, nouveau record de l'épreuve.

Aujourd’hui, L’Ethiopie est à la recherche de son nouvel empereur. BEKELE a succédé au grand   Hailé GEBRESELASSIE, Miruts YIFTER, Mamo WOLDE (vainqueur du marathon de Mexico 1968) dans la galerie des portraits ou des légendes.

Néanmoins, s’il existe une référence pour tous les éthiopiens, c’est bien BIKILA, vainqueur du marathon de Rome 1960, premier coureur originaire d’Afrique noire à  remporter un marathon olympique

Au 30ième kilomètre de marathon romain, cet éthiopien, inconnu au moment du départ, courant pieds nus, portant le dossard numéro 11 sur un maillot vert olive, est toujours sur les talons du vaillant marocain Ben Abde RHADI. Mieux même, sur la fin, il passe en tête et lâche le marocain en réalisant un temps incroyable : 2 H 15 mn 16 soit 8 minutes de mieux que le record de l’époque détenu par la légende Emil ZATOPECK.

On apprend qu’il se nomme Abebe BIKILA, qu’il est âgé de 28 ans et qu’il est sergent de la garde du négus après avoir été berger. Il est  marié, 4 enfants, 1 m 75, 55 kg, court seulement depuis 3 ans et a été découvert par un entraîneur suédois.

Pour en revenir à cet entraîneur du nom de Onni NISKANEN, c’est en 1959 alors qu’il résidait en Ethiopie qu’il repéra BIKILA et devint son entraîneur. Tout en étant responsable de la croix rouge suédoise, NISKANEN avait comme passion la course à pied. Il n’avait pas son pareil pour flairer le talent d’un coureur : BIKILA, un joyau à l’état brut. Il s’agissait d’un coureur exceptionnel. Il n’était jamais fatigué et éprouvait rarement le besoin de boire un verre d’eau après une séance d’entraînement…Et pourtant, les entraînements avaient lieu en altitude.

La légende était en marche : l’homme capable de courir du lever au coucher du soleil.

A Rome, BIKILA a déclenché son attaque au 41ième kilomètre, en légère pente, au niveau de l’arc de Constantin et gagne son premier marathon, sous l’arc de Triomphe, là même où 25 ans auparavant MUSSOLINI lançait ses troupes à l’assaut de l’Ethiopie.

Cette course va donc faire l’Histoire…

Après la découverte surprise du phénomène BIKILA lors des jeux Olympiques de Rome, il paraît logique de le mettre favori lors de jeux olympiques de Tokyo en 1964.

Pourtant, certains évènements ne plaident pas en sa faveur. A la suite d’une révolte de palais fomentée par le fils du Négus, le sergent-major BIKILA est jeté au cachot pendant plusieurs mois. Il y serait mort si la clémence impériale, qui lui avait déjà évité la corde, n’avait fini par lui rendre raison. Dans ce lamentable complot, obéissant sans discernement, il n’avait été effectivement qu’un jouet. Ensuite, 35 jours avant le départ du marathon, il fut opéré d’une appendicite et resta dix jours sans entraînement.

Quoi qu’il en soit, BIKILA a beaucoup changé entre les 2 marathons olympiques. Il a d’abord appris à lire et à écrire, et puis maintenant il court avec des chaussures.

Ce coup du sort ne le décourage pas. Cinq semaines plus tard, il remporte son second marathon olympique en 2 H 12 mn 11 distançant l’anglais Basil HEATLEY de plus de 4 minutes, ce dernier doublant à quelques mètres de l’arrivée le japonais Kokichi TSUBURAYA qui ne se remettra jamais de cette mésaventure, allant jusqu’à se donner la mort en janvier 1968.

En 1968, à Mexico, à 36 ans, BIKILA tente un impossible triplé mais il ne peut terminer l’épreuve remportée très largement par son compatriote Mamo WOLDE.

Quelque mois plus tard, il est relevé inanimé, au bord d’une route poussiéreuse, près d’Adis-Abeba. Sa voiture s’est retournée. BIKILA est transféré en Grande-Bretagne sur l’ordre d’Hailé SELASSIE, le négus. On tente de lui cacher, pour un temps, le terrible diagnostic : fracture de la colonne vertébrale. L’homme qui pouvait courir 50 km sans fatigue, sans être essoufflé, ne pourra plus marcher. Il meurt le 25 octobre 1973 d’une hémorragie cérébrale. Il avait 41 ans.

Les victoires olympiques de BIKILA ont plus fait pour son pays l’Ethiopie et pour l’Afrique des hauts plateaux que bien des événements historiques récents.

Mais si on aime l’Ethiopie, pays de la Corne de l’Afrique, 85 millions d’habitants sur un territoire 2 fois grand comme la France, ses petits coureurs verts à l’accélération brutale, ses jeunes filles qui gagnent toutes les compétitions mondiales sur 5 000 et 10 000, sa capitale Addis-Abeda située à 2 500 mètres d’altitude, on ne peut oublier la mémoire obscure de la tragédie éthiopienne.

En 1974, une junte militaire se réclamant du marxisme a renversé le négus Hailé Sélassie. Les éthiopiens y ont vu un espoir d’évolution radicale de l’Afrique et la fin du féodalisme, la mise en échec de l’impérialisme, comme on disait si bien en Europe. Mais on y découvre aussi la réalité d’une terreur  qui brise des idéaux. Cette période militaire s’achèvera en 1991. Entre temps, la famine de 1984 aura sévi mais nous nous sommes tous mobilisés pour l’Ethiopie à travers la chanson-culte de 1985.

De plus, l’Ethiopie, sans accès à la mer, est aujourd’hui presque toujours en guerre depuis que l’Erythrée, une ancienne province,  a fait sécession et est devenue indépendante en 1993 sans oublier les guerres de factions à l’intérieur du pays.

Semaine du 30 octobre 2017

Le marathon italien.

Avec ses victoires au marathon de  Séoul 1988 (Gelindo BORDIN) et d’Athènes 2004 (Stefano BALDINI), l’Italie lavait l’affront de Dorando PIETRI au marathon de Londres en 1908.

Le 24 juillet 1908 a lieu le marathon des jeux olympiques de Londres. De la terrasse du château de Windsor où la princesse de Galles émit le désir d’assister avec ses enfants au départ de la course  jusqu’au pied de la loge royale dans le stade de White City, les participants parcourent pour la première fois 42 kilomètres 195 mètres, une distance qui sera officialisée comme celle de tous les marathons.

En son temps, 490 avant Jésus-Christ, le messager Phidippides qui rapporta à Athènes la victoire depuis la ville de Marathon n’avait parcouru que 40 kilomètres.

Il y eut donc 385 yards ou 355 mètres supplémentaires qui ont porté préjudice à un italien du nom de Dorando PIETRI, jeune homme de 22 ans, vendeur de pizzas à Carpi en Emilie. Celui-ci entra en tête dans le stade dans un état d’épuisement total. Il fait très chaud ce jour-là. Le public est fasciné et horrifié à la fois. C’est l’hystérie collective quand PIETRI se relève pour retomber à nouveau. Cinq fois de suite. Tous ceux qui trouvaient sur la pelouse viennent lui porter secours et PIETRI franchit la ligne d’arrivée le premier en 2 Heures 54 minutes mais en étant porté. Il est alors disqualifié au profit de l’américain John HAYES, arrivé 34 secondes après lui. Le vaincu Dorando PIETRI devient un héros. Célèbre pour ne pas avoir gagné.

https://www.youtube.com/watch?v=r6xU6DiRKCg

https://www.youtube.com/watch?v=7iZfpm6E3zk

 

De tous les marathons olympiques, aucun n’a sans doute fait couler autant d’encre que celui de 1908. Le suspense et la douleur.

 

Dorando PIETRI, homme de petite taille, 1 m 59, est né en Emilie Romagne, Nord de l’Italie, dans une famille paysanne. Il a commencé très tôt à travailler comme apprenti dans une boulangerie. Il s’est beaucoup entraîné pour le marathon de Londres 1908 et suite à cette course, il est devenu une célébrité, en Italie et à l'étranger. Paradoxalement, son échec a été la clé de son succès. Grâce à une série de courses-exposition aux Etats-Unis, il a fait fortune avant de revenir dans son pays natal et il y mourut le 17 février 1942 un peu dans l’anonymat, le monde de l’époque ayant d’autres soucis à ce moment-là.

Les marathoniens actuels (BEKELE, KIPCHOGE, maintenant MO FARAH) sont issus de la piste (5 000/10 000)un peu à l’image de Vincent, l’icône du SATUC,  qui réalise pour son premier marathon la semaine dernière  2 H 24 mn.

Cette semaine, retour sur un 5 000 mètres regroupant tous ces champions : Championnat du monde de Berlin 2009

 

https://www.youtube.com/watch?v=CZi4znniQfE

1er BEKELE, 5ème KIPCHOGE, 7ème MO FATAH ce jour-là  en attendant mieux. On n’arrive pas au sommet d’un coup d’un seul.

 

Semaine du 16 octobre 2017

Cette semaine, plein cadre sur Jefferson PEREZ, le champion olympique du 20 km marche d’ATLANTA 1996, triple champion du monde de la spécialité de 2003 à 2007.

https://www.youtube.com/watch?v=w6HGllk8KZQ

Douze ans après ATLANTA 1996 (il avait à l’époque 22 ans)  on retrouve Jefferson PEREZ sur la 2ème marche du podium à PEKIN 2008. Une carrière menée de main de maître, débutée à 14 ans au motif de se rendre le plus rapidement possible à un examen d’école.

Au plan des spécialités, la marche athlétique est une invention du 19ème siècle qu’on peut définir ainsi : « progression exécutée pas à pas, de telle manière qu’un contact ininterrompu soit maintenu avec le sol ».

PEREZ est le premier Equatorien de l’histoire champion olympique. PEREZ s’entraîne à 4 000 mètres d’altitude ce qui explique ses exploits. Très croyant, il remerciera Dieu par une marche de 459 km, en 16 jours, entre Quito la Capitale, au Nord du pays  et Cuenca sa ville natale au Sud. Ses maîtres en la matière : les mexicains, rois de la spécialité dans les années 1980-1990.

La réussite en marche des équatoriens mais aussi des mexicains leurs voisins, est assez comparable à celle des coureurs africains venus du Kenya et d’Ethiopie. Issus de hauts plateaux, ils sont endurants naturellement en raison de leur mode de vie parfaitement adapté à la haute altitude.

Les 20 et 50 km sont les 2 épreuves olympiques de la Marche athlétique. Il est très difficile de doubler et surtout de gagner sur les 2 tableaux. L’exploit, c’est donc le polonais vivant à l’époque en France (Tourcoing) Robert KORZENIOWSKI qui l’a réalisé : doublé historique sur 20-50 km au JO de SYDNEY 2000. Et dire qu’aux JO de  BARCELONE 1992, il fût disqualifié à 500 mètres de la ligne d’arrivée du 50 km alors qu’il était 2ème. Belle revanche.

Le record du monde du 50 Km marche est la propriété de Yohann DINIZ : 3 H 32 mn 33 s, établi à ZURICH 2014. Il perpétue la tradition française de la Marche (LELIEVRE, TOUTAIN). La France n’ayant jamais été médaillée en marche aux Jeux mais cette année à LONDRES, Yohan DINIZ, 39 ans,  a crevé l’écran.

Il est devenu champion du monde après 3 titres européens et l’argent d’OSAKA en 2007.

https://www.youtube.com/watch?v=P7gldF9ylTU

Il donne rendez-vous aux jeux de TOKYO 2020 pour l’or olympique.

Côté 20 km marche, le record du monde masculin appartient au Japonais Yusuke SUZUKI : 1 H 16 mn 36 s, perpétuant la tradition asiatique et surtout l’actuelle domination chinoise. C’est le colombien Eider AREVALO qui l’a emporté cet été à Londres, perpétuant la tradition latino-américaine.

Le record du monde féminin du 20 km est la propriété de la russe Elena LASHMANOVA : 1 H 25 mn 02 s, établi aux JO de LONDRES 2012. Pas surprenant. Cet été, c’est la jeune chinoise Jianyu YANG qui a décroché l’or devant la mexicaine Maria Guadalupe GONZALEZ.

Les grandes nations de la Marche sont donc la Russie, la Chine, le Mexique, l’Equateur, le Guatemala, l’Italie, l’Espagne, la France, l’Australie, la Colombie.

 

Semaine du 18 septembre

Cette semaine, retour sur une course mythique : la Béhobia – San Sébastian (Espagne)

Course mythique pour les basques, de 20 km, avec montées et descentes. Fête du Cidre et grosse ambiance populaire.

https://www.youtube.com/watch?v=BtyWd2PeKUk

Elle a lieu mi-novembre et précède de 15 jours le semi et marathon de San Sebastian

Chronique : chaque semaine, je vous fais le portrait d’un(e) athlète de haut niveau.

On doit toujours s’inspirer du haut niveau ; en ce sens on observe ce qu’est le relâchement, une foulée économique et esthétique, le positionnement du haut du corps,…

Retour cette semaine sur le final du 5 000 mètres des Mondiaux de Londres.

https://www.youtube.com/watch?v=QQyoXrFJ_GQ

C’est l’éthiopien Muktar EDRIS (23 ans, 1,71 m, 59 kg) qui l’emporte en 13 mn 32 devant le maître Mo FARAH et l’ougandais Joshua CHEPTEGOI

Mo FARAH battu donc pour sa dernière course sur piste par un athlète ayant réussi dans l’année à courir les 5 000 mètres en moins de 13 mn, 12 mn 55 plus précisément.

 

Semaine du 22 mai 2017

En cette période d’interclubs, mois de mai, rien de mieux que de s’intéresser à l’épreuve terminale des réunions d’athlétisme : le relais 4 fois 400 mètres.

Cette épreuve consiste à la succession de relais pour quatre compétiteurs qui doivent chacun parcourir 400 mètres et se transmettre le témoin. La transmission du témoin se passe dans une zone de transmission de 20 mètres.

C’est une spécialité américaine. Aux JO de BARCELONE 1992, le relais américain va battre le record du monde en 2 minutes 55 s 74 et émerge la foulée réduite, rase-mottes du 3ème relayeur : Michael JOHNSON qui participe à ses premiers jeux olympiques, remportant ainsi  le relais 4x400 mètres au sein de l'équipe américaine. Aux Jeux d’ATLANTA 1996, Michael JOHNSON devient le seul coureur de l'histoire à remporter les médailles d'or du 200 mètres  et du 400 mètres lors d'une même édition. Aux JO de SYDNEY 2000, il a réussi à conserver son titre olympique du 400 mètres, devenant le premier athlète à remporter deux médailles d'or consécutives au 400 mètres. Sacré Michael.

Le record du monde du relais « 4 fois 4 » date du championnat du monde de STUTTGART 1993. Ce jour-là, les relayeurs américains VALMON (44 s 5) WATTS (43 s 6) REYNOLDS (43 s 28) et surtout Michael JOHNSON (42 s 94, sans doute le 400 mètres le plus rapide de tous les temps) réalisent 2 minutes 54 s 29, soit une moyenne individuelle sur 400 mètres de 43 s 57, inférieure de presque une demi-seconde par athlète à celle des vainqueurs de MEXICO qui avaient bénéficié de l’altitude.

https://www.youtube.com/watch?v=VL4vPXqMe0k

La France de DIAGANA finit au pied du podium.

En 1968, à Mexico, les Etats-Unis avaient réalisé 2 mn 56 s 16 et les relayeurs américains sont toujours aussi légendaires et avaient pour noms : Vince MATTHEWS, Ronald FREEMAN, Larry JAMES et Lee EVANS, ce dernier, recordman du monde du 400 mètres de l’époque. Dans cette course, ils battent les kenyans dont un coureur RUDISHA, le père de l’actuel recordman du monde du 800 mètres, compose le relais africain. Les kenyans prendront leur revanche 4 ans plus tard, aux JO de MUNICH 1972 ; le relais français composé de KERBIRIOU, CARETTE, VELASQUES et BERTHOULF finit à une belle 3ème place.

On retient donc le record du monde établi à STUTTGARD. En effet, en 1998, les Etats-Unis avaient battus le record du monde mais il sera annulé en raison des cas de dopage de 2 relayeurs : Antonio PETTIGREW et Jérôme YOUNG. Michael JOHNSON passe entre les gouttes. Soupçonnés ou non de dopage, les relayeurs américains du 4 fois 4 deviennent entraîneurs de coureurs de 400. Boucle bouclée.

Le record d’Europe du relais 4 fois 400 mètres est toujours la possession des britanniques en 2 minutes 56 s 60 établi aux JO d’ATLANTA 1996 avec comme tête de gondole Roger BLACK.

Côté féminin, le record du monde du 4 fois 400 est toujours la propriété des russes (ancienne URSS) en 3 minutes 15 s 17 depuis les JO de SEOUL 1988. L’athlète star du relais s’appelait Olga BRYGINA, médaillée d’or du 400 mètres de SEOUL 1988  et médaillée d’argent du 400 mètres de BARCELONE 1992  derrière Marie-Josée PEREC. Le relais français féminin du 4 fois 400 a eu son heure de gloire au sortir des jeux de MEXICO 1968 et de la performance de Colette BESSON. A l’époque, la France et Royaume Uni se disputaient le record mondial de la spécialité aux alentours des 3 minutes 30 avant que l’Allemagne de l’est de Marita KOCH, la toujours recordwoman du 400 mètres en 47 s 60, ne vienne tout écraser avec des chronos aux alentours de 3 mn 15 s. Une autre époque.

Les françaises de l’époque : Colette BESSON et son éternel sourire de Mexico, décédée en 2005 ;

Nicole DUCLOS, la grande rivale de Colette BESSON, ancienne détentrice du record du monde du 400 mètres en 1969 ; Eliane JACQ, décédée en 2011 ; Bernadette MARTIN ; Michèle MOMBET, formée à l’école lilloise aux côtés de Maryvonne DUPUREUR, médaillée d’argent du 800 des JO de TOKYO 1964.

Il faut toujours s’appuyer sur les légendes. Elles ont passé le relais à l’actuel  4 x 4 féminin français, emmené par une époustouflante Florence GUEI

https://www.youtube.com/watch?v=G-VYwC28KXI

 

Semaine du 07/08

Genzebe DIBABA est devenue championne du monde du 1 500 mètres de PEKIN 2015. Elle devance la kenyane Faith KIPYEGON et la néerlandaise d’origine éthiopienne, Sifan HASSAN.

http://www.francetvsport.fr/championnats-du-monde-d-athletisme/genzebe-dibaba-reine-du-1500-m-295949

Un mois auparavant, elle avait soufflé à Monaco  le vieux record du monde du 1500 mètres de la Chinoise QU YUNXIA dans un temps assez impressionnant de 3 minutes 50 s 07

https://www.youtube.com/watch?v=D9Acgm0IOEs

C’est la performance la plus impressionnante de l’athlétisme féminin de ces dix dernières années.

Voici ces temps de passage lors du record du monde :

100 m : 14.7
200 m : 29.6
300 m : 44.8
400 m :  1:00.5
500 m :  1:16.3
600 m :  1:32.3
700 m : 1:48.4
800 m : 2:04.7
900 m : 2:20.2
1000 m : 2:35.6
1100 m : 2:50.3
1200 m : 3:04.62
1300 m : 3:19.4
1400 m : 3:34.6
1500 m : 3:50.07

Ginzebe DIBABA, éthiopienne, 24 ans, 1 m 68, 52 kg, quasi 2 mètres de longueur de foulée, est la sœur cadette de Tirunesh DIBABA, actuelle recordwoman du monde du 5 000 mètres en 14 mn 11 s 15 et cela depuis 2008.

On pense qu’elle pourra détrôner sa sœur aînée. Néanmoins, à Pékin, a émergé une autre éthiopienne, celle qui l’a battue sur 5 000 mètres : Almaz AYANA, elle aussi âgée de 24 ans. Grosse émulation dans l’équipe éthiopienne de fond et demi-fond.

L’Ethiopie a dominé les épreuves d’athlétisme féminin aux championnats du monde de PEKIN du 1 500 au Marathon.

Mare DIBABA l’emporte sur le marathon en 2 H 27 mn 35 s devançant d’une seconde la kenyane Helah KIPROP et de 4 secondes la bahreïnienne Eunice KIRWA.

De son côté, Gelete BURKA finit seconde du 10 000 mètres derrière l’incontournable kenyane Vivian CHERUIYOT.

Toujours ce fameux match entre éthiopiennes et kenyanes.


Semaine du 30/08

Comment connaît-on l’Erythrée ?

Les érythréens connaissent les affres d’un régime dictatorial. Ils constituent une partie très importante des migrants, traversant clandestinement la Méditerranée pour venir en Europe.

En juillet, sur le Tour de France est apparu un coureur érythréen : Daniel TEKLEHAIMANOT. Il a ouvert le contre la montre du Tour 2015.

Comment est arrivée dans ce pays cette culture cycliste ? L’Italie, pays colonisateur depuis 1890, a introduit le vélo dans les années 1920.

La 1ère médaille d’or des championnats du monde d’Athlétisme 2015 se déroulant à PEKIN est revenue au jeune marathonien érythréen de 19 ans Ghirmay GHEBRESLASSIE.

Zersenay TADESSE, ancien cycliste, a obtenu une médaille de bronze au 10 000 mètres des JO d’Athènes 2004 derrière les éthiopiens BEKELE et SIHINE.  Il est devenu le premier médaillé olympique érythréen. Néanmoins, son fait le plus marquant est son titre de champion du monde 2007 de cross longue distance à Monbasa au kenya dominant l’éthiopien Kenenisa BEKELE  et l’empêchant par là-même de remporter un sixième titre consécutif.

Maillot rouge (TADESSE, Erythrée) contre maillot vert (BEKELE, Ethiopie)

https://www.youtube.com/watch?v=IKzr04W16x0

le mot : Erythrée signifie rouge en grec et désigne la partie africaine des côtes méridionales de la mer rouge.

Zersenay TADESSE est l’actuel toujours recordman du monde du semi marathon : Son temps de 58 mn 23 s réalisé en 2010 à Lisbonne.

L’Erythrée est un pays de la Corne de l’Afrique (partie Nord). C’est un pays indépendant de l’Ethiopie depuis 1993 qui prive d’ailleurs l’Ethiopie de son seul accès à la mer. L’Erythrée s’étend le long de la mer rouge sur un millier de kilomètres entre le Soudan et Djibouti. C’est un pays de 121 000 Km2, 6 millions d’habitants et la capitale ASMARA a été bâtie à 2 300 mètres d’altitude.

Après la défaite italienne issue de la 2ème guerre mondiale, l’ONU décida en 1952 de fédérer l’Erythrée à l’Ethiopie qui l’annexa en 1962. C’est le début d’une guerre d’indépendance qui s’achève en 1991 par la victoire du Front Populaire de Libération de l’Erythrée (FPLE) mené par un chef Issayas AFEWERKI, aujourd’hui toujours au pouvoir. Il est d’ailleurs surnommé BIG MAN. Il tient l’Erythrée d’une main de fer. C’est un dictateur et il n’a rien à envier à son homologue coréen du Nord

En 1998, une nouvelle guerre a éclaté entre les deux pays sur le tracé de la frontière. Elle a juste fait 100 000 morts et le conflit a cessé en 2000 avec les accords d’Alger.

En une décennie, l’Erythrée est devenue une nation de course à pied surtout en cross. La course à pied est devenue une arme de propagande afin d’exister sur la scène internationale. Cela rappelle d’autres époques et d’autres pays.

Semaine du 23/08

Le Grenadin Kirani JAMES crée une énorme surprise en devenant champion olympique du 400 mètres plat aux JO de LONDRES 2012. Il devient le premier médaillé olympique de Grenade s’imposant dans le temps de 43 s 94, devançant le Dominicain Luguelin SANTOS (44 s 46) et le Trinidadien Lalonde GORDON (44 s 52).

https://www.youtube.com/watch?v=2fn8LZvsRhs

A y regarder de plus près. Aucun américain dans cette finale. Historique. A signaler  les deux frères belges Jonathan et Kévin BORLEE, placés au départ au couloir intérieur et au couloir extérieur, finissant 5 ème et 6 ème. Deux coureurs aussi des Bahamas.

En fait, Kirani JAMES s’impose dans le droit fil de son succès au championnat du monde de DAEGU 2011. Il avait juste 18 ans, devançant l’américain Lashawn MERRITT. Désillusion néanmoins pour lui au championnat du monde de 2013 : il finit 7ème loin du vainqueur MERRITT. Il sera prêt pour RIO 2016 afin de défendre son titre olympique.

La Grenade est un pays des Antilles, située à 150 km au nord des côtes du Vénézuela. C’est un pays de 350 km2 pour 110 000 habitants, capitale Saint Georges. Initialement conquise par la France durant la Révolution américaine, elle est devenue britannique en 1783 et  indépendante du Royaume-Uni en 1974.

A côté de la Grenade se trouve Trinité-et-Tobago, état de 5 000 km2 composé de deux îles pour une population de 1 200 000 habitants. Trinité-et-Tobago est devenu indépendante du Royaume-Uni en 1962 après avoir connu une colonisation espagnole, d’où le nom de sa capitale, Port-d’Espagne. Un coureur de Trinidad, Hasely CRAWFORD a été sacré champion olympique du 100 mètres à MONTREAL 1976.

Un peu à la surprise générale comme la victoire de Kim COLLINS, le coureur de la petite île de Saint-Kitts-et-Nevis des Petites Antilles (261 km2 pour 40 000 habitants) au 100 mètres du championnat du monde de PARIS 2003.

A LONDRES 2012, à la grosse surprise générale, un lanceur de javelot de Trinidad-et-Tobago est devenu champion olympique : Keshorn WALCOTT. Moins surprenant est la médaille de bronze obtenue par le relais trinidadien du 4 fois 400 mètres derrière BAHAMAS (1er) et les Etats-Unis (2ème). Que vous soyez petit ou grand pays, continent ou île,…

Jamaïque, Cuba et Bahamas sont les grandes nations de l’athlétisme des Caraïbes et des Antilles.

S’il faut citer néanmoins un autre grand pays de l’athlétisme, une île de cette région des Grandes Antilles, citons la République Dominicaine. Elle occupe les deux tiers Est de l’Ile d’Hispaniola, en mer des Caraïbes ; Haïti occupant le tiers Ouest de l’Ile. Superficie de 50 000 km2 pour une population de 10 millions d’habitants, capitale Saint-Domingue.

 Félix SANCHEZ est l’icône de ce pays. Il s’impose dans le 400 mètres haies de LONDRES 2012, 8 ans après son titre olympique d’ATHENES 2004 en y réalisant  le même temps : 47 s 63.

Bravo Félix le Chat.

Il a été 2 fois champion du monde de la spécialité. Il est né aux EU de parents dominicains mais il court depuis 1999 pour la République Dominicaine. Sur le podium, larmes et merci à tout un peuple.

 

Semaine du 13/07

La Belgique est bien une grande terre d’athlétisme, une terre de coureurs. Il n’y a pas que le cyclisme en Belgique et Eddy MERCKX comme icône.

Gaston ROELANTS reste une figure emblématique de la course à pied. Il fut champion olympique du 3 000 mètres steeple aux JO de TOKYO 1964. Il fut le 1er athlète sous la barrière des 8 minutes 30 au 3 000 mètres steeple.

Longue carrière du 3 000 mètres steeple au marathon, entrecoupée de blessures au genou. Il finira en 1972 recordman du monde sur 20 km et sur l’heure.

Retour sur une grande et longue carrière :

http://www.rtbf.be/video/detail_portrait-de-gaston-roelants?id=1878693

Gaston ROELANTS perpétue une tradition belge du demi-fond, 800 mètres au 10 000 mètres.

De Roger MOENS, un temps recordman du monde du 800 mètres, médaillé d’argent au 800 mètres des Jeux de Rome 1960 à Ivo VAN DAMME, double médaillé d’argent au JO de MONTREAL 1976 sur 800 mètres et 1 500 mètres. VAN DAMME représentait l’un des plus grands espoirs de l’athlétisme belge et mondial avant qu’un tragique accident de la route ne l’emporte définitivement en décembre 1976 à l’âge de 22 ans. Cruel. Aujourd’hui est organisée chaque année à Bruxelles une célèbre réunion internationale d’athlétisme portant le nom de Mémorial Van Damme.

Retour donc sur une étoile filante :

http://www.rtbf.be/video/detail_portrait-d-ivo-van-damme?id=1878700

Sur 5 000 et 10 000 mètres,  la Belgique n’est pas en reste : Emile PUTTEMANS est vice champion olympique du 10 000 mètres de MUNICH 1972 derrière la star finlandaise Lasse VIREN. PUTTEMANS a détenu un temps le record du monde du 5 000 mètres en 13 mn 13 s (tout rond, facile de s’en souvenir). C’était en 1972. Aujourd’hui, le record d’Europe du 5 000 mètres est toujours la propriété du belge d’origine marocaine Mohammed MOURHIT : 12 mn 49 s 71, établi en 2000 au Mémorial Van Damme. MOURHIT qui détient aussi toujours la meilleure marque européenne sur le 3 000 mètres : 7 mn 26 s 62. Dommage que cet athlète prometteur fut suspendue pour usage de derogues entre 2002 et 2004.

N’oublions pas, pour rester dans ces années 1970, le marathonien Karel LISMONT, médaillé d’argent à MUNICH 1972, médaillé de bronze à MONTREAL 1976.

Plus près de nous, la Belgique doit son salut olympique grâce à deux femmes : la sprinteuse Kim GEVAERT qui a amené le relais féminin belge à la médaille d’argent sur 4 fois 100 mètres au JO de PEKIN 2008 et la sauteuse en hauteur Tia HELLEBAUT, médaille d’or aux JO de PEKIN 2008, devant la très grande favorite, la croate Blanca VLASIC. HELLEBAUT, qui revient à la compétition de haut niveau, après ses maternités. A saluer.

La Belgique de l’athlétisme aujourd’hui, ce sont les frères BORLEE (Kévin, Jonathan, Dylan) spécialistes du 400 mètres plat et formant l’un des relais 4 fois 400 mètres les plus performants au niveau européen. Ils leur manquent une médaille olympique.

La Belgique, un pays de 30 000 km2 pour 11 millions d’habitants, capitale Bruxelles.

Une de ses devises : l’Union fait la fore. Néanmoins, elle est depuis longtemps marquée par des tensions entre Flamands, d’expression néerlandaise  (60 % de la population avec des villes comme Anvers et Bruges) au nord et Wallons francophones (40 % de la population avec des villes comme Liège et Charleroi) au sud. Au cours de l’histoire, la Belgique, partie des 17 provinces des ducs de Bourgogne au 15 ème siècle, puis de l’empire de Charles Quint, roi d’Espagne, a toujours évité l’annexion à la France et à l’Allemagne. Elle devient un état indépendant vers 1830. Mieux, au 19ème siècle, elle s’impose à l’extérieur par la colonisation du Congo (belge) comprenant entre autres les actuels Rwanda et Burundi. Cette colonie de 77 fois plus grande que l’empire devient indépendante en 1960. La Belgique comme la France rentrent dans le rang.

Pour finir, il y aura toujours une Belgique éternelle, celle de Jacques BREL. Est-il bon de rappeler ses origines flamandes quand il chante AMSTERDAM. A la même époque, un chanteur d’origine wallonne, Julos BEAUCARNE rend un hommage à Victor JARA, un musicien poète chilien.

http://www.dailymotion.com/video/xd6rtj_julos-beaucarne-hommage-a-victor-ja_creation

Semaine du 06/07

La spécialiste turque du 1 500 mètres, championne olympique à LONDRES 2012, Asli Cakir ALPTEKIN symbolise le dynamisme mais aussi la face noire de l’athlétisme turc : le dopage.

 

La turque ALPTEKIN devance sa compatriote Gamze BULUT. Ce doublé olympique est le triomphe de la Turquie émergente devant les coureuses du Kenya, de l’Ethiopie, des Etats-Unis et de la Russie.

 

https://www.youtube.com/watch?v=lWzqfiWRE9Q

Pas de chance, un an après, l’athlète championne olympique est convaincue de dopage par la Fédération Internationale d’Athlétisme. Fin de carrière.

Cette médaille d’or faisait pourtant  suite aux deux médailles d’argent obtenus à PEKIN 2008 sur 5 000 et 10 000 mètres par une coureuse éthiopienne naturalisée turque : Elvan ABEYLEGESSE.

La Turquie a pris l’habitude de faire son marché en Ethiopie, au Kenya, dans d’anciennes républiques soviétiques, dans la minorité turque de Bulgarie.

Fort comme un turc a un sens : Le lanceur de marteau Esref APAK est vice-champion olympique à ATHENES 2004 mais il est  rattrapé depuis par la patrouille. Le dopage touche donc  tout le monde.

Si ce n’est pas le dopage, c’est l’argent qui achète des muscles annonçant la mondialisation du sport.

De plus, une reconnaissance géopolitique se fait actuellement jour.

Un peu à l’image de l’ancienne RDA dans les années 1970-1980. Il faut prouver quelque chose sur la scène internationale.

Arrêt sur image d’un pays paradoxe. La Turquie, 780 000 km2, presque 80 millions d’habitants, est un pays situé aux confins de l’Asie et de l’Europe. Elle a des frontières avec la Grèce, la Bulgarie, la Géorgie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, l’Iran, l’Irak et la Syrie. Elle a toujours fait le lien entre l’Orient et l’Occident. Aujourd’hui, c’est un pays émergent. Son économie en pleine croissance veut rencontrer l’Europe. Des oléoducs d’importance géostratégique traversent son territoire. Sa capitale politique est Ankara, au centre de la Turquie partie asiatique ou Anatolie; sa capitale économique est Istanbul (ancienne BYSANCE puis ancienne CONSTANTINOPLE, aux confins de l’Europe, ce qu’on appelle la Thrace orientale.

La géographie ici plus qu’ailleurs commande l’histoire. La date clé est 1453. Cela marque la prise de la ville de Constantinople par les troupes ottomanes de MEHMED II. C’est la fin de l’empire romain d’Orient ou empire Bysantin, excroissance de la Chrétienté dans cette partie du monde.

Les chrétiens d’Orient, slaves, grecs, arméniens, plutôt pauvres et démunis, font dorénavant plus confiance aux ottomans qu’à Rome. Ils se convertissent à l’islam. Fin d’une époque.

La défaite à la bataille de Vienne en 1863 marque le début de la fin de l’empire ottoman. Les balkans redeviennent indépendants. En 1913, les « jeunes turcs » (parti Union et Progrès) accèdent au pouvoir. Entre 1915 et 1917, ils sont à l’origine du génocide arménien : les deux tiers de la population arménienne d’Anatolie, soit plus d’un million de personnes, sont exterminés sans que les puissances occidentales n’interviennent. La fin de la 1ère guerre mondiale signe la fin de l’empire ottoman. Il faut redessiner les frontières. Ce sera fait au traité de Lausanne de 1923 : la Turquie se construit sur l’Anatolie (partie Asie) et sur  la Thrace orientale (partie Europe). La Turquie devient une république, un état laïc et Mustapha KEMAL en devient le 1er président. Dans la foulée, la révolte kurde de 1925 est réprimée. La Turquie, neutre puis pro-alliée durant la 2ème guerre mondiale,  s’affirme comme un grand pays de la Région. En 1974, son intervention militaire rapide à Chypre provoque la chute des colonels en Grèce, qui avaient comme projet le rattachement de Chypre à la Grèce.

Aujourd’hui, la société turque est à la croisée des chemins : intégrer l’Europe, freiner les forces religieuses, renforcer la démocratie, se positionner dans un Orient instable et en guerre, se confronter à sa mémoire : reconnaissance du génocide arménien, autonomie des kurdes,…Autant de défis. Comme celui d’organiser un jour les Jeux olympiques à Istanbul.

Semaine du 22/06

Cette semaine, focus sur la marocaine Nawal EL MOUTAWAKEL, première femme maghrébine championne olympique et facile vainqueur du 400 mètres haies en 1984 à LOS ANGELES en 54 s 61.

Nawal EL MOUTAWAKIL est née le 15 avril 1962 à Casablanca. Le père de Nawal, employé de banque, est devenu plus tard l’entraîneur de l’équipe marocaine d’athlétisme.

L’athlète s’entraîne ensuite en France puis aux Etats-Unis. Elle a une forte soif de gloire mais elle arrête sa carrière avant d’avoir 25 ans.

En 1995, Nawal El MOUTAWAKIL a été élue membre du comité exécutif de la Fédération internationale d'athlétisme amateur (IAAF), avant d'être désignée vice-présidente de cette fédération.

En août 1997, le Roi Hassan II la nomme secrétaire d'État auprès du ministre des affaires sociales chargée de la jeunesse et des sports, poste qu'elle a conservé jusqu'en mars 1998.

Elle est aujourd'hui membre du bureau exécutif et vice-présidente du Comité international olympique et présidente de la commission de coordination des Jeux olympiques de Rio 2016.

Nawal annonce une autre athlète marocaine, spécialiste du 400 mètres haies, médaillé de bronze aux JO de SYDNEY 2000 : Nezha BIDOUANE. Elle fut championne du monde de la spécialité en 1997 et 2001.

Nezha BIDOUANE  est née dans le quartier populaire Yacoub El Mansour à Rabat. Sa mère fut d’un grand soutien.

Un temps, il ira rejoindre à Casablanca Nawal El MOUTAWAKEL devenue entraîneur mais elle revint assez rapidement sur Rabat.

De par son agilité naturelle, elle est considérée comme l'une des meilleures spécialiste de cette épreuve très exigeante qu’est le 400 mètres haies.

Le roi Mohammed VI, fils d’Hassan II,  en fera une porte parole de sa fondation des sportifs.

L’athlétisme féminin marocain n’est pas en reste. Comme chez les hommes, le Maroc a aussi des stars féminins. Citons Hasna BENHASSI, argent sur 800 mètres à ATHENES 2004 et Bronze à PEKIN 2008.

Elle entre ainsi dans la légende de l’athlétisme marocain et surtout met en lumière le centre d’entraînement d’IFRANE, dans le moyen-Atlas, à 2 000 mètres d’altitude.

https://www.youtube.com/watch?v=yXbWt3F_9jE

La France a Font-Romeu, le Kenya a la vallée du Rift, le Maroc a Ifrane.

Dans ces centres d’entraînements passent des athlètes qui vont côtoyer les sommets.

Tout un symbole. Entre joie et tristesse de l’athlète.

Dans son livre culte « Le Prophète », le philosophe libanais Khalil GIBRAN le précise :

« Lorsque vous êtes tristes, regardez à nouveau en votre cœur, et vous verrez qu’en vérité, vous pleurez pour ce qui fut votre délice. Il en est parmi vous qui disent : la joie est plus grande que la tristesse, et d’autres disent : non, la tristesse est plus grande.

Mais moi je vous dis qu’elles sont inséparables. Ensemble elles viennent, et quand l’une vient s’asseoir seule avec vous à votre table, rappelez-vous que l’autre dort sur votre lit. »


Semaine du 15/06

La suédoise Carolina KLUFT a symbolisé la force de l’athlétisme suédois. Elle est devenue championne olympique de l’Heptathlon en 2004 à ATHENES. Elle a été trois fois championne du monde et deux fois championne d’Europe de cette spécialité.

L’Heptathlon est le combiné de sept épreuves d’athlétisme : Hepta pour sept et Athlon pour compétition.

Carolina KLUFT détient toujours le record d’Europe avec 7 032 points réalisés en 2007 à Osaka au Japon.

Les sept épreuves réparties en deux jours sont les suivantes : Entre parenthèses, les performances de Carolina lors de son record.

1er jour :

100 mètres haies (13 s 15) Saut en hauteur (1 m 95) Lancer du poids (14 m 81) 200 mètres (23 s 38)

 

2ème jour :

Saut en longueur (6 m 85) Lancer du javelot (47 m 98) 800 mètres (2 mn 12 s 56)

 

https://www.youtube.com/watch?v=ltDAlqHf5fk

 

 

Seule l’américaine Jackie JOYNER-KERSSE, championne olympique à SEOUL 1988 et BARCELONE 1992 a fait mieux : 7 291 points en 1988. C’est le toujours record du monde féminin.

 

La française Eunice BARBER qui a osé s’opposer à la domination de KLUFT en 2005 est la toujours recordwoman de France de la spécialité avec 6 889 points.

 

Revers de la médaille, Carolina KLUFT est absente pour raisons de blessures des JO de PEKIN 2008 et LONDRES 2012. Fin de carrière.

 

En 2004, la Suède est présente sur la plus haute marche du podium en ce qui concerne le saut en Hauteur. L’heureux élu, petit par la taille, s’appelle Stefan HOLM. Il est venu à l’athlétisme en regardant à la télévision une légende suédoise du saut en hauteur : Patrick SJOBERG, 2ème de BARCELONE 1992 derrière le cubain Javier SOTOMAYOR. SJOBERG est le toujours détenteur du record d’Europe avec 2 m 42 réalisé en 1987. A l’époque, c’était le record du monde.

 Toujours à ATHENES 2004, la Suède remporte aussi le triple saut avec Christian OLSSON.

OLSSON avait débuté le saut en hauteur, devenant même vice champion d’Europe junior en 1999. Son entraîneur de l’époque n’était autre que l’entraîneur de SJOBERG. Comme KLUFT, OLSSON est rattrapé par les blessures à répétition. Exit PEKIN 2008 et LONDRES 2012.

  La Suède est un pays de 450 000 km2 pour une population de 10 millions d’habitants. Sa capitale est STOCKHOLM. La Suède est au milieu, ayant une frontière avec la Norvège à l’ouest et une autre avec la Finlande, à l’est, plus précisément au Nord-est. Au Sud, elle est reliée au Danemark par le pont de l’Oresund. Trois régions la composent : le sud avec GOTEBORG, la 2ème ville du pays et MALMOE la 3ème, le centre avec STOCKHOLM, et le Nord qui annonce la Laponie, ses forêts et ses lacs.

 La Suède fait partie de l’Union européenne depuis 1995 mais pas de la zone euro. C’est toujours un royaume depuis qu’un maréchal français Jean-Baptiste Bernadotte fut élu héritier du trône puis roi de Suède à l’époque de Napoléon.

 La Suède contemporaine a tenu à conserver sa neutralité durant la 1ère et seconde guerre mondiale.

Neutralité si l’on veut car la Suède a approvisionné l’Allemagne nazie en minerai de fer. Mais elle a aussi accueilli des juifs danois, des réfugiés de toute l’Europe.

 Elle a aussi apporté un soutien militaire à la Finlande lors de la tentative d’invasion soviétique en 1939-1940. La Suède anticipe donc  les invasions, ayant en tête l’occupation russe de toute l’Europe du Nord au 18ème et 19 ème siècle. A la fin du 19 ème siècle, beaucoup de suédois ont émigré vers les Etats-Unis en raison de famines persistantes.

 Aujourd’hui, après s’être érigé en modèle de la social-démocratie européenne durant la période 1970-1990, (le fameux Etat-providence) elle accueille de nombreux réfugiés. C’est un pays d’accueil pour les immigrants venus des ex-pays de la Yougoslavie, de l’Iran, de l’Irak et de la Syrie.

 La Suède est un pays où il fait bon vivre. La nature y est présente partout. Suivons Sophie dans son « échappés belles » consacré à la Suède. Frais et vivifiant.

 https://www.youtube.com/watch?v=sXduo9zVhDk

 

 Semaine du 15/06

Le lancer du poids ou de la pierre avec la main est vieux comme le monde. Dans la fabuleuse histoire de l’athlétisme de Robert PARIENTE et Alain BILLOUIN, il est fait écho d’une pratique très populaire  remontant à l’Angleterre médiévale.

Le lancer du poids a mis de longs siècles à se règlementer. On opte à partir de 1860 pour une boule métallique de 16 livres (7,257 kg) par référence au boulet du même poids utilisé en artillerie.

En 1865, on n’autorise que les lancers d’une main, et par la suite, pour limiter les risques de blessures, naît la pratique moderne qui consiste à placer le poids entre la nuque et l’épaule.

L’après-guerre est dominé par l’américain Parry O BRIEN, inventeur d’une nouvelle technique : le lancer, dos tourné au butoir. Il réalise 19 m 30 en 1960 mais c’est son compatriote Bill NIEDER qui franchit la barre des 20 mètres, devenant champion olympique aux JO de ROME 1960.

Mais en 1960, on commence à comprendre que dopage, sous forme d’absorption de produits dits anabolisants, et lancer du poids (mais aussi autre lancer de force) font bon ménage.

Symbole d’une progression bien anormale : le champion olympique de MEXICO 1968, Randy MATSON, 1 m 99 pour 128 kg. MATSON est un texan blanc et sera un adversaire des coureurs noirs américains qui feront la légende des jeux de 1968.

Il tentera ensuite l’aventure du football professionnel mais reviendra sans grande motivation pour les JO de MUNICH 1972. Fin de carrière.

Les pays de l’Est (URSS puis RDA) finissent par stopper l’hégémonie  américaine en dominant la discipline à compte du milieu des années 1970. Les deux symboles de cette domination de la RDA sont Udo BEYER (champion olympique MONTREAL 1976) et Ulf TIMMERMANN (champion olympique SEOUL 1988 et surtout 1er lanceur au-delà des 23 mètres ; 23 mètres 06). Pas pris par la patrouille.

Le record du monde est toujours la propriété de l’américain Randy BARNES, 1 m 96 pour 138 kg : 23 mètres 12 réalisé en 1990 à Los Angeles. BARNES, battu par TIMMERMANN en 1988, est devenu champion olympique en 1996 à ATLANTA, après avoir été suspendu durant la période intermédiaire par les instances internationales, le privant ainsi des JO de BARCELONE 1992.

En 1998, Randy BARNES a été suspendu à vie pour dopage. Il fallait donc que cela arrive.

Depuis le renforcement des contrôles anti-dopage et la suspension de nombreux lanceurs au début des années 2000, rares sont ceux qui franchissaient à l’époque  les 21 mètres.

En 2004, au Jeux olympiques de SYDNEY, l’américain Adam NELSON l’emporte avec un jet de 21 mètres 16. En 2012, le champion olympique de LONDRES, le polonais Tomasz MAJEEWSKI envoie l’engin à 21 mètres 89, 3 centimètres de mieux que la star montante de la spécialité, l’allemand David STORL, actuel double champion du monde et d’Europe de la spécialité, le favori de RIO 2016.

 https://www.youtube.com/watch?v=FggRK3_8VP0

 Le record de France du lancer du poids appartient à Yves NIARE (décédé en 2012 d’un accident de voiture) avec un jet de 20 mètres 72. NIARE avait effacé en 2008  l’ancienne marque de Yves BROUZET (20 mètres 20) qui lui-même avait effacé des tablettes en 1972  l’inusable Pierre COLNARD, le maître français de la spécialité, qui avait lancé le poids à 19 mètres 77 (19 mètres 57 lors des JO de MEXICO 1968, il obtiendra la 9ème place)

http://www.dailymotion.com/video/x5co30_athle-pierre-colnard-vers-les-20-me_sport

 Sympathique ce reportage de  Raymond MARCILLAC. L’athlétisme des années 1970 mais sans le dopage. L’athlétisme tel qu’on l’aime. Conviviale et solidaire. Sympa ce Pierre. « Ce que je sais de la morale, c’est au football que je le dois » a écrit Albert CAMUS. On pourrait tout aussi bien dire : ce que je sais de la morale, je le dois à l’athlétisme. La joie, la souffrance, la traîtrise, l’injustice, se battre contre, voir comment l’autre réagit…On n’apprend plus sur l’homme grâce au sport que par les études.

 

Semaine du 08/06

Cette semaine, côté athlétisme, regard sur des finisseurs :

Un regard sur l’italien Alberto COVA connu pour son finish dans les sprints finaux et la seule façon de le battre était d'imposer un rythme très rapide du début à la fin de la course.

En 1983, à Helsinki, Alberto COVA n’est pas un favori, ni un outsider et pourtant au final, conséquence d’un rythme lent avec un peloton de 13 coureurs à la cloche, il impose à 30 mètres de l’arrivée sa pointe de vitesse à la Pietro MENEA, la star italienne du sprint de l’époque. Fort.

http://www.youtube.com/watch?v=7IviPHYNK_w

Même cause, même effet lors de la finale du 10 000 m des JO de Los Angeles 1984. COVA fin stratège, très malin l’emporte au sprint. Néanmoins, aux championnats d’Europe de Stuttgart 1986, il est battu  à son propre jeu en étant devancé par son compatriote Stefano MEI dans le dernier tour du 10 000 m. COVA  ne remporta dès lors plus aucune course majeure et échoua en qualifications des JO de Séoul 1988 ne terminant que dixième de sa série. Ce fut sa dernière compétition internationale. Fin de carrière.

Un modèle de finish :  le final du 5 000 de Barcelone 1992 : Eblouissant non les 300 derniers mètres de Dieter BAUMANN

http://www.dailymotion.com/video/xsdunl_dieter-baumann-wins-in-5000m-barcelona-1992_sport

L’allemand Dieter BAUMANN, vainqueur du 5 000 de Barcelone 1992 est en effet appelé le Kenyan blanc. Pour la petite histoire, il remporte le 5 000 en 13 mn 12 s  52 devant le kenyan BITOK en 13 mn 12 s  71, l’éthiopien BAYISA en 13 mn 13 s 03 et le 4ème le marocain BOUTAYEB en 13 mn 13 s 20. Excuse du peu, 75 centièmes d’écart entre le 1er et le 4 ème.

Je rappelle qu’en 2000 notre ami BAUMANN est testé à la nandrolone et suspendu 2 ans. Fin de carrière

 Il peut y avoir des finisseurs sur les haies, un regard donc sur

le fantasque Jean Paul VILLAIN qui devient champion d’Europe à Helsinki du 3 000 mètres steeple.

 http://www.youtube.com/watch?v=KRxe5EyGCCA

 Sympathique cette marseillaise à l’époque de la télévision en noir et blanc. Autre époque.

Né à Dieppe en 1946, Jean Paul VILLAIN a eu une enfance misérable. Il rêvait de conquêtes lointaines, le regard perdu vers la mer. Sa fluidité et sa vivacité sur les obstacles font merveille dans un pays connaisseur comme la Finlande. Il est finaliste des JO de 1972 et 1976 mais est freinée alors qu’il n’a que 26 ans par une hépatite virale. Fin de carrière. C’est le retour au pays comme patron-pêcheur, en pays de Caux en attendant d’intégrer la mère patrie, à savoir l’Education Nationale.

 Aujourd’hui, en 2015, s’il existe bien un modèle de finisseur, c’est bien le double champion olympique du 5 000/10 000 de LONDRES 2012 : Mo FARAH. D’origine somalienne, l’anglais Mo FARAH (1.75 m ; 65 kg, 31 ans) a surtout intégré ce qu’il ne faut pas faire quand on attaque sèchement à 400 mètres de la ligne d’arrivée.

Lors du 10 000 des championnats du monde de DAEGU 2011, il lance le sprint mais se fait dominer par l’éthiopien Ibrahim JEILAN. Pathétique

 http://www.dailymotion.com/video/x2mx3mg

 Mo FARAH a retenu la leçon. C’est peut-être cela le plus important. En athlétisme comme dans la vie.

 

 Semaine du 18/05

Yuriy SEDYKH est le toujours actuel recordman du monde du lancer du marteau avec un jet de 86 mètres 74 cm, record établi en 1986. D’origine ukrainienne mais athlète à l’époque de l’URSS, il est devenu champion olympique en 1976 à MONREAL, a conservé son titre à MOSCOU 1980 et a été privé de l’or des jeux de Los ANGELES 1984 en raison du boycott.

Retour sur les championnats d’Europe de Stuttgart ce 30 août 1986. Le public allemand est friand de lancers et peut compter aussi sur de grands lanceurs.

https://www.youtube.com/watch?v=BeyTp_nQWI4

 

SEDYKH (1m85, 110 kg)  a pris le relais de son maître Anatoly BONDARCHUK (URSS, vainqueur des JO de MUNICH 1972) et a souvent dominé son rival de l’époque, Sergey LITVINOV (URSS). Il est connu pour sa grande rapidité dans l’exécution des rotations dans le  cercle de lancer. La rapidité et la vitesse plutôt que la force pure. L’Union soviétique domine dans les années 1970-1980-1990.


Le boulet de 7,257 kg pour les hommes (4 kg pour les femmes) est fixé à un câble en acier relié à une poignée. Tout est bien règlementé tout comme le cercle de lancement (diamètre de 2,135 mètres) ainsi que l’aire de lancer (limité à un secteur d’angle de 34,92 degrés). Un minimum de connaissances en balistique s’impose sans aller aussi loin que le japonais Koji MUROFUSHI, titulaire d’une thèse de doctorat sur la biomécanique du lancer du marteau. Ce japonais unique a été vainqueur des JO d’ATHENES 2004 (après disqualification pour dopage du 1er) mais aussi médaille de bronze à PEKIN 2008 (après disqualification de deux lanceurs classés devant lui). Le travail et l’intelligence plutôt que la tricherie.

 

Aujourd’hui, SEDYKH vit et travaille en France. Il est professeur de sport au Pôle Universitaire de la Défense. A signaler que sa seconde femme, Natalya LISOVSKAYA détient toujours depuis 1987 le record du monde du lancer du poids féminin avec 22 m 63. Leur fille Alexia est un grand espoir du lancer de marteau féminin. La relève est assurée.

 

Le record de France de la spécialité appartient à Gilles DUPRAY (82 m 38 réalisé en 2000).

 

En 2005, le biélorusse Ivan TSIKHAN a approché le record du monde de SEDYKH d’un centimètre. Peine perdue. L’IAAF le déclasse de ses podiums et de ses records en raison du dopage. Il en de même pour ses compatriotes : Vadzim DZEVIATOUSKI et Igor ASTAPKOVITCH.

 

Focus donc sur un pays de lanceurs : la Biélorussie. C’est un pays de 200 000 Km2 pour 10 millions d’habitants, sans accès à la mer, bordé à l’ouest par la Pologne, au nord par la Lettonie et la Lituanie, à l’est par la Russie et au sud par l’Ukraine. La capitale est MINSK. La Biélorussie est indépendante depuis la dissolution de l’URSS en 1990 mais a gardé d’étroites relations avec la Russie. Le président Alexandre LOUKACHENKO y exerce un pouvoir fort

 

Depuis 2005, les lancers ne dépassent plus les 84 mètres. Le niveau mondial se situe autour des 83, 84 mètres mais les meilleurs lanceurs viennent toujours de l’ancien bloc communiste des pays de l’Est.

 

Il n’en a pas toujours été ainsi. Ce sont les irlandais, les celtes qui ont inventé ce type de lancer.

Le premier champion de la discipline est un irlandais avant qu’il n’émigre aux Etats-Unis en 1892. Le premier nom connu est un américain d’origine irlandaise, John FLANAGAN, remportant les trois premiers titres olympiques avec une technique des plus sommaires.

 

Dans les années 1930, les allemands perfectionnent la discipline. Les jeux de BERLIN 1936 verront les allemands remporter la médaille d’or sous les yeux d’Hitler, il est vrai marqué par l’absence des athlètes irlandais.

 

La période d’après-guerre est dominée par les Hongrois Imre NEMETH et Jozef CSERMAK. C’est tout a fait normal qu’aujourd’hui la Hongrie retrouve des couleurs avec Kristian PARS,  vainqueur aux JO de LONDRES 2012. Ensuite débute l’ère de domination de l’URSS dont SEDYKH représente l’apothéose au milieu des années 1980.

 

Côté féminin, la biélorusse Aksana MIANKOVA (championne olympique à PEKIN 2008), la russe Tatyana LYSENKO (championne olympique LONDRES 2012) et la polonaise Anita WLODARCZYK (actuelle détentrice du record du monde avec 79 m 58) symbolisent la géographie des femmes fortes.

Le record de France féminin de la spécialité est la propriété de Manuela MONTEBRUN (74 m 66 établi en 2005). Manuela MONTEBRUN a fini 5ème des JO de PEKIN 2008 mais surtout a été la première française à obtenir une médaille dans les lancers depuis la légendaire Micheline OSTERMEYER.

La France des Lancers attend la fille de Yuriy SEDYKH : Alexia

https://www.youtube.com/watch?v=ZHq0Lq0UoWI

Le lancer du marteau : une histoire de famille.

 

Semaine du 18/05

 Le 100 mètres Haies est une épreuve d’athlétisme réservée aux femmes, l’équivalent du 110 mètres haies pour les hommes. Il y a 10 haies de 84 cm à franchir. La première haie est placée 13 mètres après la ligne de départ, les autres haies sont distantes de 8.5 mètres. Le 100 mètres haies a été préféré au 80 mètres haies des origines.

 La bulgare Yordanka DONKOVA est la toujours recordwoman du monde du 100 mètres Haies féminin. Son temps de 12 s 21 date de 1988. Elle sera championne olympique à SEOUL 1988 et troisième aux JO de BARCELONE 1992, course dominée par la grecque PATOULIDOU.

A l’époque, DONKOVA, 1 m 77, 61 kg est en concurrence avec une autre bulgare, Ginka ZAGORCHEVA, ancienne recordwoman du monde avec 12 s 25.

Un bon reportage (en langue espagnole) sur la domination de DONKOVA.

https://www.youtube.com/watch?v=x5_StfAfztI

 A l’époque, DONKOVA domine les allemandes de l’est. De nombreuses suspicions de dopage planent sur ces performances.

 Autre athlète de l’est, la russe Ludmila NAROCHILENKO est aussi une spécialiste  reconnue (12 s 26 en 1992) mais comme d’autres à l’époque, elle ne peut échapper aux suspensions de dopage.

 Une suspension de quatre ans où Ludmila NAROCHILENKO accuse son mari de l’avoir dopée à son insu. Il s’ensuit un divorce. Elle se remarie avec son manageur suédois et obtient la nationalité suédoise en juin 1996, peu de temps avant les JO de ATLANTA 1996. Elle s’appellera dorénavant ENGQUIST. Elle gagne la médaille d’or à ATLANTA et devient la première champion olympique suédoise d’athlétisme de l’histoire. De cette course, la française Patricia GIRARD finira 3ème tout comme Michèle CHARDONNET en 1984 à los ANGELES, récupérant sur tapis vert une médaille de bronze injustement attribuée à une américaine.

En 1999, on diagnostique à Ludmila  ENGQUIST un cancer des poumons « la course la plus dure de sa vie ». Au prix d’un courage surhumain, elle revient à temps pour participer au Mondial de SEVILLE 1999 où elle obtient une médaille de bronze. L’histoire pourrait s’arrêter là mais en 2002, elle tente une reconversion dans le bobsleigh en vue des jeux d’hiver de Lillehammer.  Elle est de nouveau contrôlée positive. Fin d’une carrière hors du commun.

 En 2000, émerge sur le 100 mètres haies l’américaine Gail DEVERS après ces titres olympiques sur le 100 mètres plat à BARCELONE 1992 et ATLANTA 1996. Malgré ces titres de championne du monde, elle échouera dans sa quête olympique sur la distance des haies.

 Aujourd’hui, la star émergente s’appelle Sally PEARSON. L’australienne a été championne olympique à LONDRES 2012 après avoir été médaille d’argent à PEKIN 2008. Les américaines Brianna ROLLINS et Dawn HARPER sont toujours à l’affut.

 Retour donc sur la Bulgarie. C’est un pays qui possède actuellement un autre record du monde féminin, celui du saut en hauteur avec Stefka KOSTADINOVA, 2 mètres 09, établi en 1987. KOSTADINOVA, médaille d’argent à SEOUL 1988 est devenue championne olympique en 1996, à ATLANTA. Elle a fini vice-ministre des Sports de son pays en 2003.

 La Bulgarie est un pays de 110 000 km2 pour 7 millions d’habitants, au sud de la Roumanie et au nord de la Grèce. La capitale est Sofia. Durant cinq siècles de 1396 à 1878, la Bulgarie a été une province de l’empire ottoman. Elle a été du côté des perdants durant les deux guerres mondiales puis dans la sphère d’influence de l’URSS jusqu’en 1990.

 La Bulgarie, l’autre pays des polyphonies

https://www.youtube.com/watch?v=LPvxjc3fzV4


Semaine du 11/05

En cette période d’interclubs, mois de mai, rien de mieux que de s’intéresser à l’épreuve terminale des réunions d’athlétisme : le relais 4 fois 400 mètres.

Cette épreuve consiste à la succession de relais pour quatre compétiteurs qui doivent chacun parcourir 400 mètres et se transmettre le témoin. La transmission du témoin se passe dans une zone de transmission de 20 mètres.

C’est une spécialité américaine. On se situe ici aux JO de BARCELONE 1992 et le relais américain va battre le record du monde en 2 minutes 55 s 74.

http://www.olympic.org/video-fr/l-incroyable-succes-olympique-de-michael-johnson

Il faut apprécier la foulée réduite, rase-mottes du 3ème relayeur : Michael JOHNSON qui participe à ses premiers jeux olympiques, remportant ainsi  le relais 4x400 mètres au sein de l'équipe américaine. Aux Jeux d’ATLANTA 1996, Michael JOHNSON devient le seul coureur de l'histoire à remporter les médailles d'or du 200 mètres  et du 400 mètres lors d'une même édition. Aux JO de SYDNEY 2000, il a réussi à conserver son titre olympique du 400 mètres, devenant le premier athlète à remporter deux médailles d'or consécutives au 400 mètres. Sacré Michael.

Le record du monde du relais « 4 fois 4 » date du championnat du monde de STUTTGART 1933. Ce jour-là, les relayeurs américains VALMON (44 s 5) WATTS (43 s 6) REYNOLDS (43 s 28) et surtout Michael JOHNSON (42 s 94, sans doute le 400 mètres le plus rapide de tous les temps) réalisent 2 minutes 54 s 29, soit une moyenne individuelle sur 400 mètres de 43 s 57, inférieure de presque une demi-seconde par athlète à celle des vainqueurs de MEXICO qui avaient bénéficié de l’altitude.

En 1968, à Mexico, les Etats-Unis avaient réalisé 2 mn 56 s 16 et les relayeurs américains sont toujours aussi légendaires et avaient pour noms : Vince MATTHEWS, Ronald FREEMAN, Larry JAMES et Lee EVANS, ce dernier, recordman du monde du 400 mètres de l’époque. Dans cette course, ils battent les kenyans dont un coureur RUDISHA, le père de l’actuel recordman du monde du 800 mètres, compose le relais africain. Les kenyans prendront leur revanche 4 ans plus tard, aux JO de MUNICH 1972 ; le relais français composé de KERBIRIOU, CARETTE, VELASQUES et BERTHOULF finit à une belle 3ème place.

On retient donc le record du monde établi à STUTTGARD. En effet, en 1998, les Etats-Unis avaient battus le record du monde mais il sera annulé en raison des cas de dopage de 2 relayeurs : Antonio PETTIGREW et Jérôme YOUNG. Michael JOHNSON passe entre les gouttes. C’est toujours l’actuel recordman du monde du 400 mètres en 43 s 18. Soupçonnés ou non de dopage, les relayeurs américains du 4 fois 4 deviennent entraîneurs de coureurs de 400. Boucle bouclée.

Le record d’Europe du relais 4 fois 400 mètres est toujours la possession des britanniques en 2 minutes 56 s 60 établi aux JO d’ATLANTA 1996 avec comme tête de gondole Roger BLACK.

Côté féminin, le record du monde du 4 fois 400 est toujours la propriété des russes (ancienne URSS) en 3 minutes 15 s 17 depuis les JO de SEOUL 1988. L’athlète star du relais s’appelait Olga BRYGINA, médaillée d’or du 400 mètres de SEOUL 1988  et médaillée d’argent du 400 mètres de BARCELONE 1992  derrière Marie-Josée PEREC. Le relais français féminin du 4 fois 400 a eu son heure de gloire au sortir des jeux de MEXICO 1968 et de la performance de Colette BESSON. A l’époque, la France et Royaume Uni se disputaient le record mondial de la spécialité aux alentours des 3 minutes 30 avant que l’Allemagne de l’est de Marita KOCH, la toujours recordwoman du 400 mètres en 47 s 60, ne vienne tout écraser avec des chronos aux alentours de 3 mn 15 s. Une autre époque.

Les françaises de l’époque : Colette BESSON et son éternel sourire de Mexico, décédée en 2005 ;

Nicole DUCLOS, la grande rivale de Colette BESSON, ancienne détentrice du record du monde du 400 mètres en 1969 ; Eliane JACQ, décédée en 2011 ; Bernadette MARTIN ; Michèle MOMBET, formée à l’école lilloise aux côtés de Maryvonne DUPUREUR, médaillée d’argent du 800 des JO de TOKYO 1964.

Semaine du 04/05

Gabriela SZABO (athlète roumaine de la minorité hongroise de Roumanie) symbolise le lustre de l’athlétisme féminin de la Roumanie des années 1990-2000.

Quelques années  après les exploits de la gymnase Nadia COMANECI aux JO de Montréal 1996, voilà que les sportives roumaines sont de nouveau à l’honneur.

Gabriela SZABO remporte le 5 000 mètres de SYDNEY 2000. Elle s’impose grâce à sa foulée économique, très fréquente et son finish.

https://www.youtube.com/watch?v=tsJYzZ1I8pw

Déjà médaillée d’argent sur 1 500 mètres en 1996, elle obtiendra en 2000 une médaille de bronze derrière sa compatriote Violeta SZEKELY. Athlète au palmarès important, icône du sport roumain, mais déçue par l’arrivée d’athlètes contrôlées positifs, Gabriela SZABO finira ministre de la jeunesse et des sports en 2005.

A l’époque, le demi-fond est la marque de fabrique de l’athlétisme féminin en Roumanie.

Paula IVAN remporte aux JO de Séoul 1988 le 1 500 mètres.

De son côté, Doina MELINTE remporte l’or sur 800 mètres aux JO de los Angeles 1984 devant  l’américaine  kim GALLAGHER et sa compatriote Fita LOVIN, ainsi que l'argent sur 1 500 mètres derrière l'italienne Gabriella DORIO et devant sa compatriote Maricica PUICA.

A la même époque, le marathon féminin de la Roumanie devient aussi une référence mondiale. Aux JO de Sydney 2000, Lidia SIMON remporte la médaille d’argent et annonce des exploits futurs, celui de Constantina TOMESCU, vainqueur du marathon de Pékin 2008, à presque 40 ans et menant la course en solitaire. Fort.

Retour sur un pays qui a intégré l’Union Européenne en 2007. La Roumanie, pays de 240 000 km2 (France : 550 000 km2) pour 20 millions d’habitants (dont 2 millions parlant le Hongrois), est située en Europe centrale et orientale et sa géographie s’articule autour des Carpates, du Danube et de la mer Noire. Sa capitale est Bucarest.

Le Danube est le 2ème fleuve d’Europe par sa longueur (3 000 km) après la Volga russe. Il prend sa source en Allemagne et se jette dans la mer Noire par un delta qui sépare la Roumanie et l’Ukraine.

Les pays voisins de la Roumanie sont la Bulgarie au sud, la Serbie au sud-ouest, la Hongrie au Nord-ouest, l’Ukraine au nord, la Moldavie à l’est.

Son drapeau (bleu, jaune, rouge) symbolise les trois régions historiques du pays, héritées du moyen-âge : la Transylvanie au nord-ouest, la Valachie au sud, la Moldavie au nord-est

Le Royaume de Roumanie naît officiellement en 1881 et les négociations à la  fin de la 1ère guerre mondiale lui octroient de nouveaux territoires. Durant la 2ème guerre mondiale, alliée au Royaume Uni et à la France, elle est envahie par l’Allemagne. Le roi est renversé et une junte roumaine s’allie à HITLER contre STALINE. En 1944, le fils du roi renversé en 1940, MICHEL 1er, déclare la guerre à l’Allemagne. En mars 1945, un gouvernement communiste soutenu par l’URSS s’empare du pouvoir. La Roumanie est un des rares pays européens à avoir perdu des territoires après les traités de paix issus de la 2ème guerre mondiale.

Le jour de Noël 1989, le président Nicolae CEAUSESCU et son épouse sont condamnés à mort et exécutés suite à des manifestations contre le régime.  La Roumanie s’engage dès lors d’une manière effrénée et improvisée dans l’économie de marché.

Le roumain est une langue latine. Une autre composante de l’identité roumaine provient de l’empire byzantin via leur tradition religieuse, majoritairement chrétien orthodoxe.

Donc pour finir, chants polyphoniques de Pâques dans la tradition chrétienne orthodoxe :

https://www.youtube.com/watch?v=jN260ApAjJY

La Roumanie, un grand pays de patrimoine

Semaine du 27/04

Aux JO de BARCELONE 1992, le pays organisateur, l’Espagne, réalise sur l’ensemble des jeux une belle moisson : 22 médailles dont 13 en or. L’Espagne se classe 6ème au classement final des médailles.

L’Athlétisme espagnol avec 2 médailles d’or (1 500 mètres et 20 km marche Masculin) symbolise une Espagne sportive et athlétique en plein renouveau.

La 1ère médaille d’or vient de Fermin CACHO. A la surprise de tous, il remporte le 1 500 mètres dans une course lente et technique. Les deux premiers tours de l’épreuve sont couverts plus lentement que ceux du 1 500 mètres féminin.

Le grand favori, l’algérien MORCELLI, enfermé durant la course, finit 7 ème.

https://www.youtube.com/watch?v=CQXByhqA3YA

Ce titre n’est pas un hasard. CACHO a remporté trois médailles d’argent (championnat du monde

Et JO de 1996). De 1997 à 2013, il détenait même le record d’Europe du 1 500 mètres en 3 mn 28 s 95, avant que l’extra-terrestre Mo FARAH ne s’en empare. CACHO perpétue la tradition espagnole du demi-fond avec Juan Manuel ABASCAL, médaillé de bronze du 1 500 mètres de 1984 derrière COE et CRAM.

A la même époque, toujours les années 1990,  l’Espagne domine le monde du marathon avec Martin FIZ (champion du monde 1995) et Abel ANTON (double champion du monde 1997 et 1999)

Néanmoins, la marche reste la plus grande réussite de l’athlétisme espagnol. A BARCELONE 1992, le catalan Daniel PLAZA remporte le 20 km marche. Il devient le 1er espagnol à remporter une médaille d’or en Athlétisme. Ensuite, contrôle positif. Ce sera Fin de carrière. Il annonce pourtant une génération nouvelle de grands marcheurs avec Valenti MASSANA (3ème en 1996 sur le 50 km) Maria VASCO (3ème du 20 km de SYDNEY 2000) et Francisco Javier FERNANDEZ (2ème du 20 km d’ATHENES 2004)

L’Espagne s’est ensuite diversifiée avec de bons résultats en 3 000 mètres steeple féminin (Marta DOMINGUEZ, championne du monde à BERLIN 2009) mais aussi en saut en longueur et lancer du poids, côté masculin. Ceci dit, le compte n’y est pas. L’Espagne pourrait mieux faire surtout en demi-fond.

L’Espagne est un pays de 50 millions d’habitants pour une superficie de 504 000 km2 (France : 550 000). C’est un état central avec trois niveaux d’administration locale : 17 communautés autonomes, 50 provinces, 8 000 municipalités. Capitale : Madrid. C’est surtout un grand ancien pays colonial avec à ce jour plus de 500 millions d’hispanophones à travers le monde. Retour en arrière.

L’empire espagnol dura de 1516 à 1898. Il s’agit d’un empire colonial de portée mondiale avec la possession par l’Espagne,  en Europe,  des territoires aragonais dans la Méditerranée (sud de l’Italie actuelle) des Pays-Bas et de la Belgique ainsi que de territoires en Allemagne actuelle et en Franche Comté ; l’Amérique du Sud (hors le Brésil) ; l’Amérique Centrale actuelle et les Philippines.

Les rois catholiques (Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, de 1492 à 1516) et ensuite la lignée des HABSBOURG avec Charles QUINT (de 1519 à 1556) et son fils Philippe II (de 1556 à 1598) ainsi que  les conquistadors (CORTES, PIZARRO) ont permis l’édification de ce grand empire.

Ensuite commence la décadence en 1700. Les HABSBOURG n’ont pas de descendance mâle. Le petit fils de Louis XIV devient roi d’Espagne sous le nom de Philippe V. C’est la dynastie des Bourbons d’Espagne qui débute.  Napoléon voudra bien s’emparer de l’Espagne en 1808 mais devra y renoncer devant la révolte populaire aidée en cela par l’intervention militaire britannique.

Les dernières colonies (Cuba, Philippines, Porto Rico) quittent la couronne espagnole en 1898 après la guerre hispano-américaine.

La 2ème république chasse en 1931 suite aux élections municipales la monarchie des Bourbons. Elle sera restaurée en 1975 par Juan Carlos. Aujourd’hui, Felipe VI, actuel roi d’Espagne, a succédé à son père en 2014. On lui souhaite bonne chance car la Catalogne et sa capitale BARCELONE revendique un statut d’Etat indépendant.

On terminera donc avec la chanson du chanteur catalan lluis LLACH composée en 1968 : l’Estaca (c'est-à-dire « le pieu » en catalan)

https://www.youtube.com/watch?v=aX4eZ1fpYwA


  Semaine du 20/04

L’histoire du 100 mètres de OWENS à BOLT comporte un passage, une frontière : le franchissement de la barrière des 10 secondes aux 100 mètres. Retour en arrière, les années 1960.

Bob HAYES devient champion olympique du 100 mètres à Tokyo en 1964.

Il réalise 10 secondes égalant le record du monde. Il a juste 22 ans. C’est le prototype du sprinter moderne : 1 m 83 et 86 kg

https://www.youtube.com/watch?v=PJ88Iq_GGjc

Il aurait pu se forger un palmarès incomparable. Dommage qu’il ait choisi le football américain après ses deux titres olympiques des JO de Tokyo. Il restera 12 ans aux Dallas cowboys, un club de football américain. Néanmoins, sa fin de carrière est assombrie par des ennuis familiaux. Bob HAYES sombre dans l’alcool et la drogue. Il s’en sortira après avoir purgé des peines de prison pour trafic de cocaïne.

Pour battre la barrière mythique des 100 mètres sur le 100 mètres, il faut attendre le 14 octobre 1968.

En cette fin d’après-midi, les 80 000 spectateurs du stade olympique de MEXICO attendent avec impatience la finale du 100 mètres. Pour la première fois dans l’histoire des jeux, les huit finalistes sont noirs. Au départ, trois américains : HINES, GREENE et PENDER ; un canadien : Harry JEROME ; un cubain : Pablo MONTES ; un jamaïcain : Lennox MILLER ; un malgache : RAVELOMANANTSOA et pour finir le français Roger BAMBUCK (qui finira 5ème)

https://www.youtube.com/watch?v=8HgYxUDk1SU

Le vainqueur est Jim HINES. Impressionnant de puissance. Son temps : 9 s 95. Depuis MEXICO 1968, le chronomètre devient électronique. Finis les chronos au dixième de seconde. Place au centième de seconde. Son record tiendra 14 ans, 8 mois et 20 jours. Le 3 juillet 1983, Calvin SMITH courra le 100 mètres en 9 s 93.

Après les jeux de MEXICO, comme son prédécesseur HAYES, HINES s’essaye au football américain avec l’équipe de MIAMI. Mais ce ne sera pas simple car HINES est étiqueté génération Equipe américaine des événements de MEXICO

Aujourd’hui, Jim HINES vit à San Francisco et dirige une fondation dont le but est de venir en aide aux jeunes des ghettos. Son slogan : sauver la jeunesse de la drogue et de l’inactivité. Comme un nouveau clin d’œil à Bob HAYES.

En 1988, l’homme le plus rapide du monde est le canadien Ben JOHNSON. C’est la finale du 100 mètres olympique ce 24 septembre 1988 à Séoul et le canadien pulvérise le record du monde en 9 s 79 devançant Carl LEWIS. Peine perdue. Ben JOHNSON est dopé. Comme une bombe qui éclate sur les jeux. Fin de carrière.

https://www.youtube.com/watch?v=VQXnLaw8ulU

Avant dernier d’une famille de 10 enfants, le petit Benjamin Sinclair JOHNSON est né à la Jamaïque en 1961. Pour fuir la misère qui règne sur l’île, la mère s’expatrie en 1970 avec ses enfants. Le père, qui n’a pas voulu quitter son île, voit partir le bateau. S’ensuit pour le jeune JOHNSON des années de travail pour accéder au haut niveau pour finir le temps d’une course un pestiféré.

En finissant 2ème en un temps de 9 s 92 Carl LEWIS s’empare du record du monde.

Ensuite, c’est un chassé-croisé entre BURRELL et LEWIS.

Leroy BURRELL réalisera 9 s 90 le 14 juin 1991 à New York. Carl LEWIS réalisera à son tour 9 s 86 le 25 août 1991 aux championnats du monde Tokyo. En 1994, à Lausanne, BURRELL reprendra son bien avec un temps de 9 s 85

La particularité de Leroy BURRELL, c’est qu’il n’a jamais gagné de titre majeur, victime de son émotivité à l’heure d’aborder une grand finale. Il se reconvertira en entraîneur à Houston.

En 1996, aux jeux olympiques d’ATLANTA, le canadien Donovan BAILEY devient champion olympique effaçant la marque de BURRELL en réalisant  9 s 84. Donovan BAILEY est d’origine jamaïcaine. Il émigre au Canada à Toronto à l’âge de treize ans. Il devient un brillant étudiant en économie avant de se consacrer  sérieusement à l’entraînement.

Il est bon de rappeler ici que le britannique Linford CHRISTIE, champion olympique du 100 mètres de BARCELONNE 1992 est aussi d’origine jamaïcaine.

En 1999, l’américain Maurice GREENE marque les esprits : 9 s 79. Il réalise un triplé mondial aux championnats du monde de Séville et devient champion olympique à SYDNEY 2000.

Un autre américain Tim MONTGOMERY, mari de la sprinteuse Marion JONES,  réalisera 9 s 78 le 14 septembre 2002 à Charléty.

L’américain s’est mis à l’athlétisme en partie parce qu’il admirait Carl LEWIS. Ce soir-là, l’élève dépasse le maître.

Dans les années 2005 débute le règne des jamaïcains : Asafa POWELL (9 s 77) avant que l’extra-terrestre Usain BOLT ne débarque : 9 s 69 à PEKIN, le 16 août 2008 puis 9 s 58 à Berlin, un an plus tard.

https://www.youtube.com/watch?v=X9isSTi-PIM

Avec BOLT, le 100 mètres entre dans une autre ère et la barrière des 10 secondes n’est plus une frontière.

 Semaine du 13/04

Yelena ISINBAYEVA est la BUBKA au féminin. On l’appelle la tsarine de la perche.

Son palmarès est aussi long que sa perche : deux titres olympiques (2004 et 2008) cinq fois championne du monde ( 3 en salle, 2 en plein air), première femme à sauter 5 mètres, actuelle détentrice du record du monde en plein air (5 mètres 06).

 Seule ombre au tableau : en piste lors des jeux olympiques de Londres 2012 pour un troisième sacre olympique, elle finit 3ème derrière l’américaine Jennifer SUHR, 1ère et la cubaine Yarisley SILVA, 2ème.

La perche féminine est une épreuve olympique depuis Sydney, en 2000. A Sydney, c’est l’américaine Stacy DRAGILA qui l’emporte avec un saut à 4 mètres 60.

Le 13 août 2013, lors des championnats du monde de Moscou au stade Loujniki, elle remporte son troisième titre mondial en effectuant un saut à 4 m 89, devançant ses adversaires de Londres : SUHR (4 m 82) et SILVA (4 m 82). Fin de carrière. Comme un besoin de prendre du recul après des années de dur labeur.

Icône russe, soutien du président POUTINE, ISINBAYEVA symbolise une Russie éternelle.

Un regard glacial.

https://www.youtube.com/watch?v=BZr6hx1GqHg

 Yelena ISINBAYEVA est née le 3 juin 1982 à Volvograd (ex-stalingrad) au sud de la Russie, sur le fleuve Volga.

Elle débute le sport par la gymnastique artistique. Mais à 15 ans, elle est considérée comme trop grande, 1 m 74 pour la discipline. La voilà s’essayant au saut à la perche. Avec grand succès avec son premier entraîneur Yevgeny TROFIMOV. Ensuite, elle rejoint l’entraîneur de BUBKA, Vitaly PETROV.

Néanmoins, depuis 2005, elle refait confiance à son entraîneur des débuts.

ISINBAYEVA était l’une des rares athlètes à signer de très gros contrats publicitaires. Elle était aussi l’une des athlètes les plus chères sur le circuit : ses apparitions se chiffraient à 50 000 euros par meeting, une prime supplémentaire de 35 000 euros lui étant attribuée pour chaque record du monde. Impressionnant. Elle s’amuse comme son modèle ukrainien Serguei BUBKA à battre les records du monde, centimètre par centimètre. Elle en a déjà battu presque une trentaine.

L’athlétisme russe, une excellence, une tradition, à l’image  de ses maîtres musiciens comme  le compositeur  TCHAIKOVSKY (1840-1893) auteur du lac des cygnes et que l’on écoute ici dans une œuvre sacrée, (chœur de Saint-Petersbourg)

https://www.youtube.com/watch?v=rNM0REpKCk8

La Russie est le pays le plus vaste du monde : 17 125 000 km2 (soit 30 fois la France) pour une population de 150 millions d’habitants. Située sur deux continents (l’Europe et l’Asie) elle est actuellement plus que la huitième puissance mondiale au niveau économique. : elle est toujours une grande référence historique, politique et culturelle au regard de son histoire.

 

  Semaine du 06/04

Nous allons présenter cette semaine la légende actuelle de l’athlétisme et du sprint mondial : Usain BOLT.

Athlète jamaïcain, détenteur de 3 prestigieux records du monde : 100 mètres (9 s 58) ; 200 mètres (19 s 19) et 4 x 100 mètres (36 s 84), BOLT est sextuple champion olympique (triplé à PEKIN 2008 et à LONDRES 2012) et huit fois champion du monde. En attendant mieux à RIO de JANEIRO 2016.

BOLT et le reste du monde lors du record du monde du 100 mètres le 16 août 2009 à Berlin.

https://www.youtube.com/watch?v=X9isSTi-PIM

Cette course va faire l’histoire.

Son nom et ses performances en sprint lui ont valu le surnom de « Lightning Bolt » (« l'Éclair », ou « la Foudre »). C'est le premier sprinter à améliorer trois fois de suite le record du monde du 100 mètres et à obtenir la plus nette amélioration du record depuis le passage au chronométrage électronique, en 1968.

Usain BOLT est né le 21 août 1986 à Sherwood Content dans le nord de la Jamaïque. Ses parents sont gérants de l’épicerie locale. Il commence à pratiquer l’athlétisme à l'école primaire alors qu'il s'intéresse plutôt au cricket et au football. À douze ans, il concourt pour sa paroisse lors de la rencontre annuelle nationale des écoles primaires. Voyant en lui un prodige des pistes, son entraîneur de cricket le convainc de poursuivre l'athlétisme.

L’athlétisme est un sport capital en Jamaïque depuis plus d’un siècle. C’est un sport très pratiqué, et ce dès le plus jeune âge ; La fédération nationale d’athlétisme est très active et occupe une place importante dans l’éducation. Le « CHAMPS », championnat inter-scolaire d’athlétisme en Jamaïque, est un véritable évènement national qui se tient chaque année depuis 1910 et réunit près de 2000 athlètes et plus de 30 000 spectateurs dans une ambiance de folie.

Par passion ou par rage de s’en sortir, tous les gamins rêvent de devenir champions olympiques. Issus pour la plupart d’un milieu pauvre, les jeunes voient aussi dans la pratique de ce sport la promesse d’une bourse universitaire et d’un départ aux Etats-Unis. Comme en Afrique, on court pieds nus sur le sable le long des plages et dans les montagnes.

Aujourd’hui, en Jamaïque, BOLT est considéré comme la seconde icône planétaire du pays après le légendaire Bob MARLEY le chanteur. Sa trombine s’étale sur les panneaux publicitaires de tout le pays.

Sa chance : son entraîneur Glen MILLS qui veille sur lui, planifie le nombre de compétitions que son élève doit faire dans la saison. C’est l’agent qui négocie les contrats. Division du travail rentable.

Pour s’offrir BOLT et le voir courir au stade de France, il faut débourser jusqu’à 300 000 dollars ; son sponsor principal PUMA ayant évalué la valeur de BOLT à plus de 80 millions d’euros. Impressionnant.

Depuis 2005, ce sont les jamaïcains qui dominent les épreuves de sprint. Les Kenyans du sprint.

Le jamaïcain Asafa POWELL (9 s 77 en 2005) efface cette année-là des tablettes mondiales l’américain Tim MONGOMERY (9 s 78 en 2002) qui lui-même avait effacé un autre américain Maurice GREENE (9 s 79 en 1999, champion olympique à SYDNEY 2000). En 1996, la marque mondiale de 9 s 84 avait été établie par le canadien Donovan BAILEY, champion olympique à ATLANTA 1996.

Néanmoins, par rapport au temps de BOLT (9 s 58 à Berlin 2009) on peut parler d’éternité d’écart.

 

Une épée de Damoclès plane néanmoins sur l’ensemble du sprint mondial. Sur les 10 meilleurs sprinteurs de l’histoire ayant couru le 100 mètres en 9 s 80 ou moins : Steve MULLINGS (Jamaïque ; 9 s 80) Maurice GRENNE (EU ; 9 s 79) Ben  JOHNSON (Canada ; 9 s 79) Nesta CARTER (Jamaïque ; 9 s 78) Tim MONTGOMERY (EU ; 9 s 78) Justin GATLIN (EU ; 9 s 77) Asafa POWELL (Jamaïque ; 9 s 72) Yohan BLAKE (Jamaïque ; 9 s 79) Tyson GAY (EU ; 9 s 79) et Usain BOLT (Jamaïque ; 9 s 58) seuls trois n’ont pas été convaincus de dopage : GRENNE, CARTER et BOLT.

La Jamaïque est une île de la mer des Caraïbes : 11 425 km2 pour presque 3 millions d’habitants.

Elle fait partie des Antilles, situé au sud de Cuba et à l'ouest de l'île Hispaniola, territoire d'Haïti et de la République dominicaine. 

L’île est constituée de montagnes à l'intérieur des terres, entourées par une plaine côtière étroite. Pour cette raison, toutes les villes principales sont situées sur la côte. La Capitale est KINGSTON

Le nom du pays JAMAÏQUE provient de Xamayca, signifiant « la terre du bois et de l'eau », dans la langue des Arawaks, peuple d'Amérique du Sud qui a colonisé l'île vers l’an mil. Ces peuples indigènes furent colonisés par les espagnols de Christophe COLOMB en 1494. La Jamaïque devient ensuite colonie britannique en 1655 et surtout l’unes des plaques tournantes de la traite des noirs. D’où ce lien fort avec l’Afrique symbolisé par la musique.

L’abolition de l’esclavage intervient en 1833.

La Jamaïque a obtenu son indépendance le 6 août 1962.

Après le dieu vivant de la Piste, le dieu de la musique reggae B. MARLEY (1945-1981)

https://www.youtube.com/watch?v=Xu-PDaN4eXw

Deux icônes pour une même identité.


 Semaine du 29/03

On a tous en mémoire les larmes de Colette BESSON, victorieuse du 400 mètres olympique de Mexico, au moment où la Marseillaise retentissait dans le stade.

Le 16 octobre 1968, Colette BESSON, longue chevelure noire au vent, 5ème couloir, crée ainsi une formidable surprise en devenant championne olympique du 400 m en 52"03, battant la grande favorite, la Britannique Lilian BOARD sur le fil, après une extraordinaire remontée, établissant aussi le nouveau record d'Europe et s'approchant d'un dixième de seconde du record du monde.

Quelle surprise. Et dire qu’au départ, elle possédait le 23ème temps des qualifiées.

Cette course va donc faire l’Histoire…

http://www.dailymotion.com/video/x82d3n_athle-finale-400m-dames-jo-1968-col_sport

24 ans après Mexico, une autre Française, née en 1968, Marie-José PEREC, devient à son tour championne olympique du 400 m, sous ses yeux, au stade de Barcelone en 1992.

Colette BESSON est née le 7 avril 1946 à Saint-Georges-de-Didonne en Charente-Maritime.

Elle débute l’athlétisme à l’âge de 16 ans.

Ayant intégré le Bordeaux Etudiant Club, et entraînée par Yves DURAND SAINT-OMER, elle profite des longues grèves de 1968, pour se préparer longuement en altitude à Font-Romeu en dormant sous une tente au camping municipal

Le 18 septembre 1969 à Athènes aux championnats d'Europe d'athlétisme, une autre Française Nicole DUCLOS la devance en finale du 400 mètres d'un cheveu, avec le même temps 51"7, nouveau record du monde, mais Nicole DUCLOS empocha le titre

Aux mêmes championnats dans le relais 4 x 400 m avec Nicole DUCLOS, Bernadette MARTIN et Eliane JACQ, Colette BESSON est à nouveau battue sur le fil, mais par l'Anglaise Lilian BOARD, avec le même temps 3 min 30 s 8, nouveau record du monde.

Elle terminera l’athlétisme en montant sur le 800 mètres.

À l'issue de sa carrière sportive en 1977, Colette Besson rejoint son mari Jean-Paul NOGUES au Togo comme entraineur de l'équipe nationale d'athlétisme. Puis, elle est conseillère technique régional en Martinique et à Tahiti. Enfin elle est professeur d'EPS à la Réunion et à Paris.

Elle décèdera le 9 août 2005 des suites d’un cancer du poumon.

  Colette BESSON qui a fait pleurer la France entière va acquérir une dimension supérieure à celle de Micheline OSTERMEYER, double championne olympique (poids-disque) des jeux de Londres 1948.

Il est bon ici de s’arrêter sur la première femme sous les 50 secondes au 400 mètres (49 secondes 9). Il s’agit de la polonaise Irina SZEWINSKA qui réalisa cette performance en 1974 à Varsovie.

https://www.youtube.com/watch?v=9vHhJkkOaos

 Ancienne détentrice des records du monde du 100, 200 et 400 mètres, spécialiste du saut en longueur, SZEWINSKA aura participé à 5 olympiades de 1964 à 1980. Un modèle de longévité. Beaucoup de médailles. Elle a été élue Présidente de la Fédération polonaise d’athlétisme de 1997 à 2009.

La Pologne, une place forte de l’athlétisme européen. Un peu comme la France, avec de bons sprinteurs du 100 aux 400 mètres, perche, marche et lancers. On comprend mieux pourquoi. Le mouvement (ici la danse traditionnelle) fait partie de la culture polonaise popularisée par le musicien CHOPIN.

 https://www.youtube.com/watch?v=P7e2_-FxurQ

 

Semaine du 22/03

Cette semaine, plein cadre sur Jefferson PEREZ, le champion olympique du 20 km marche d’ATLANTA 1996, triple champion du monde de la spécialité de 2003 à 2007.

Douze ans après ATLANTA 1996 (il avait à l’époque 22 ans)  on retrouve Jefferson PEREZ sur la 2ème marche du podium à PEKIN 2008. Une carrière menée de main de maître, débutée à 14 ans au motif de se rendre le plus rapidement possible à un examen d’école.

Au plan des spécialités, la marche athlétique est une invention du 19ème siècle qu’on peut définir ainsi : « progression exécutée pas à pas, de telle manière qu’un contact ininterrompu soit maintenu avec le sol ».

PEREZ est le premier Equatorien de l’histoire champion olympique. PEREZ s’entraîne à 4 000 mètres d’altitude ce qui explique ses exploits. Très croyant, il remerciera Dieu par une marche de 459 km, en 16 jours, entre Quito la Capitale, au Nord du pays  et Cuenca sa ville natale au Sud. Ses maîtres en la matière : les mexicains, rois de la spécialité dans les années 1980-1990.

La réussite en marche des équatoriens mais aussi des mexicains leurs voisins, est assez comparable à celle des coureurs africains venus du Kenya et d’Ethiopie. Issus de hauts plateaux, ils sont endurants naturellement en raison de leur mode de vie parfaitement adapté à la haute altitude.

Les 20 et 50 km sont les 2 épreuves olympiques de la Marche athlétique. Il est très difficile de doubler et surtout de gagner sur les 2 tableaux. L’exploit, c’est donc le polonais vivant à l’époque en France (Tourcoing) Robert KORZENIOWSKI qui l’a réalisé : doublé historique sur 20-50 km au JO de SYDNEY 2000. Et dire qu’aux JO de  BARCELONE 1992, il fût disqualifié à 500 mètres de la ligne d’arrivée du 50 km alors qu’il était 2ème. Belle revanche.

Le record du monde du 50 Km marche est la propriété de Yohann DINIZ : 3 H 32 mn 33 s, établi à ZURICH 2014. Il perpétue la tradition française de la Marche (LELIEVRE, TOUTAIN). La France n’ayant jamais été médaillée en marche aux Jeux attend RIO 2016 avec impatience, misant sur le postier rémois DINIZ.

Côté 20 km marche, le record du monde masculin appartient au Japonais Yusuke SUZUKI : 1 H 16 mn 36 s, perpétuant la tradition asiatique et surtout l’actuelle domination chinoise. Le record du monde féminin du 20 km est la propriété de la russe Elena LASHMANOVA : 1 H 25 mn 02 s, établi aux JO de LONDRES 2012. Pas surprenant.

Les grandes nations de la Marche sont donc la Russie, la Chine, le Mexique, l’Equateur, le Guatemala, l’Italie, l’Espagne, la France, l’Australie.

Retour donc sur un Pays d’Amérique du Sud, frontalier du Pérou et de la Colombie : l’Equateur, 283 000 km2 pour 15 millions d’Habitants. Le Pays est partagé en trois grandes régions :  la côte du Pacifique avec la principale ville du Pays (Guayaquil), la partie centrale andine du Pays ou Sierra avec la capitale Quito, enfin à l’est, l’Amazonie équatorienne, l’Oriente. A ces trois régions continentales, s’ajoute les îles Galapagos, situées dans l’océan Pacifique, à un millier de kilomètres à l’ouest de la côte équatorienne. Beauté des paysages.

L’Equateur est un pays indépendant depuis 1822. Il fût conquis par les Espagnols bénéficiant de luttes que se livrèrent  Incas du Nord et Incas du Sud. Côté face, c’est l’âge d’or de l’Audience royale de Quito et son architecture baroque, aujourd’hui patrimoine mondial de l’UNESCO. Côté pile, les colonisateurs s’approprient la plupart des terres et font des natifs des esclaves. 65 % de la population actuelle est métis, 25 % sont amérindiens, les descendants directs des espagnols représentent 7 % de la population. Enfin, les afro-équatoriens (Mulatos) constituent une petite minorité (3%)  héritée de l’histoire tourmentée. Frénésie des Hommes. Aujourd’hui, l’Equateur accueille surtout les colombiens  fuyant la guerre entre les milices  du gouvernement colombien et les forces armées rebelles  (FARC)

L’Equateur est le premier exportateur mondial de banane et le pays est actuellement dirigé depuis 2007 par un leader « bolivarien », Rafael CORREA.

Rien de mieux pour finir que d’écouter le pasillo, chant et musique traditionnels :

https://www.youtube.com/watch?v=Pv6frKh4bxk&spfreload=10

Hasta luego.



 Semaine du 15/03

Cathy FREEMAN est le symbole des Jeux Olympiques de SYDNEY 2000. Australienne d’origine arborigène, elle remporte le tour de piste (400 mètres). Médaillé d’argent à ATLANTA 1996 derrière Marie José PEREC, double championne du monde en 1997 et 1999, elle obtient enfin  la consécration.

https://www.youtube.com/watch?v=xNmuyxlZ9Kk

Combinaison pour FREEMAN, porte dérobée pour PEREC.

L’Australie est un pays continent de 7 686 000 Km2 (France 550 000 km2) pour 23 millions d’habitants.

Sa capitale est Canberra. Les grandes villes sont côtières : Sydney, Melbourne, Brisbane, Perth et Adelaïde. Le nom Australie provient du latin australis (du Sud, austral). L’Australie se compose en fait de 2 îles : l’Ile principale (99 % du territoire australien) et l’île de Tasmanie, au sud. La plus grande partie du territoire australien est couverte de zones désertiques ou semi-arides, connaissant des incendies très meurtriers.

C’est James COOK qui en  1770 prend possession des deux tiers de l’Australie. Les arborigènes sont décimés. Certains parlent même de génocide. Le Premier ministre demande en 2008 pardon pour cette politique. Cathy FREMAN aura aidé à sa façon à cette reconnaissance.

L’Australie aura joué un rôle décisif dans l’issue de la 1ère guerre mondiale. 60 000 australiens y sont morts, une grande partie en France, à la bataille de la Somme.

Le sport est très populaire. Le criket, l’Australian Rules Football (football australien) et le rugby à XIII sont les sports d’équipes les plus populaires. Paradoxalement, le rugby à XV reste minoritaire.

L’Australie a accueilli deux éditions des jeux Olympiques : MELBOURNE 1956 et SYDNEY 1960.

Le meilleur sportif australien en nombre de médailles olympiques gagnées est Ian THORPE avec 9 médailles dont 5 d’or. En 1960, le demi-fond australien est à l’honneur. Herb ELLIOTT, à l’époque recordman du monde du 1 500 mètres en 3 minutes 35 secondes, remporte la médaille d’or aux jeux de ROME 1960 devant Michel JAZY.

Le demi-fond mondial des années 1960 est donc dominé par les îliens du Sud austral.

Le Néo Zélandais Peter SNELL réalise un doublé 800 mètres / 1 500 mètres au JO de TOKYO 1964 après avoir été sacré champion olympique du 800 mètres à Rome 4 ans auparavant. Il reste une référence dont s’est approché un autre néo-zélandais John WALKER, vainqueur du 1 500 mètres des JO de MONTREAL 1976.

Le 2ème grand pays d’Océanie est bien la Nouvelle Zélande, située à environ 2 000 km de l’Australie, composée de 2 îles, celle du Nord, peu montagneuse et volcanique et celle du Sud, plus grande et montagneuse. La  superficie totale est de 268 000 km2 pour une population de 4,5 millions d’habitants. Le Pays du long nuage blanc.

La capitale est Auckland ; Ce qui vient en premier quand on aborde ce pays est son équipe de rugby (les fameux All BLACKS)

Les peuples premiers, en l’occurrence les Maoris, ont dû faire face à l’arrivée des Anglais. Aujourd’hui, la jeunesse maorie est en protestation voire en rébellion, victime d’injustices sociales et raciales. Mais le sport reste néanmoins le ciment essentiel de la société néo-zélandaise.

Comme l’Australie, la Nouvelle Zélande a envoyé des contingents de soldats qui sont venus mourir en France durant la 1ère guerre mondiale. « Per Angusta ad Augusta » citation inscrite aux frontons des collèges néo-zélandais en hommage aux morts du Pacifique sur les terres de Champagne et d’ailleurs en 1914-1918.

Aujourd’hui, la star de l’athlétisme néo-zélandais est une lanceuse de poids : Valérie ADAMS, double championne olympique PEKIN 2008 et LONDRES 2012. 1 m 96 pour 122 kg, elle a de quoi faire peur à ces compatriotes rugbymans. Attention si vous la croisez.


 Semaine du 08/03

Cette semaine, à un mois de la 5ième édition des 24 heures du Confluent à Portet sur Garonne,  une chronique sur une épreuve particulière : les 24 heures

Les 24 Heures (tout comme les 100 Km) entrent dans la catégorie de l’Ultrafond sur route.

On appelle circadien un coureur de 24 heures. Le terme vient du latin circa (presque) et de dies (jour).

Il s’agit d’une épreuve hors-norme, un défi, une initiation, une addiction, une façon de voir le monde, un dépassement de soi, un voyage « intérieur », un voyage à la fois physique, mental et sans doute spirituel…. un peu de tout cela

La formule est simple : Courir le plus grand nombre de Km en 24 Heures sur un circuit de 1 Km.

Comment on débute un 24 Heures : c’est de mettre un pied devant l’autre et de recommencer.

Comment on le poursuit : sans reprendre la fameuse phrase de KIERKEGARD « ce n’est pas le chemin qui est difficile… » ou celle d’un poème d’Antonio MACHADO « Caminante, no hay camino, se hace camino al andar »  il faut avoir fait avant le plein de patience et de bon moral, pour affronter entre autre la nuit et ses heures mortes entre 2 heures et 6 heures du matin, ses doutes, un ciel bas, une masse grise de nuages, du brouillard et du froid.

Le circuit plat dans un parc permet de courir très relâché sans risquer la chute, pas besoin de trop faire attention où on pose les pieds,  ce qui permet de papoter, d’intérioriser, quasiment de sommeiller en courant la nuit.

Un athlète entraîné court un 24 Heures à environ 50 % de sa VMA. La France fait partie des meilleures nations avec le Japon, la Russie et les Etats-Unis mais le recordman mondial de la spécialité est un grec : Yiannis KOUROS (290 Km sur route établi en 1998) comme un digne successeur de PHIDIPPPIDES qui parcourut 240 Km (en 490 avant JC) pour prévenir les spartiates que les perses avaient débarqué dans la ville de Marathon.

Yiannis KOUROS est né le 13 février 1956 à Tripolis en Grèce. D’origine grecque il est  naturalisé  australien.

Le reportage (Yiannis parle grec) a en sous-titre la traduction en Anglais (facile à comprendre)

http://www.youtube.com/watch?v=l7UzmKxe3Xk

 « Pour moi, la course de fond n’est pas seulement un exercice physique, mais plus un acte métaphysique. J’ai besoin de méditer avant de m’élancer sur la route. Et cette méditation, je la travaille en peignant, en jouant de la musique ou en écrivant des poèmes. Quand on court une épreuve de plusieurs jours, la plus grande difficulté est d’arriver à quitter mentalement la course pour s’échapper vers ses propres pensées; Il faut être capable de ne pas écouter son corps, ne pas entendre la douleur, sans quoi il est vite impossible de continuer. Pour cela, j’ai besoin de quitter mon enveloppe corporelle et d’atteindre un état presque second. Je cours alors en pensant à des tas de choses, mon enfance, mon avenir, ma famille mais surtout jamais à mon corps. »

Le record de France appartient à Alain PRUAL (268 Km)

Côté féminin, la recordwoman mondiale est une japonaise : Mami KUDO (252 Km sur route). Le  record de France est la propriété d’ Anne-Cécile FONTAINE (223 Km)

Alors, avec notre ami Yiannis, partons pour le pays de l’Athlétisme : la Grèce.

Athlétisme vient du mot grec « athos » qui signifie combat. C’est l’art de dépasser les performances des adversaires en vitesse, en hauteur, en endurance ou en distance.

C’est un sport qui comporte plusieurs disciplines regroupées en Courses, Sauts, Lancers, Épreuves combinées et Marche.

La Grèce est un pays très montagneux de 132 000 km2 pour 11 millions d’habitants et surtout 9 000 îles dont 200 sont habitées. La Grèce a toujours été un pays d’émigration. Elle est de confession chrétienne orthodoxe. Athènes est la capitale et Thessalonique la ville du Nord, près du mont Olympe.

Elle a organisé les jeux olympiques de 2004, ainsi que ceux du renouveau de l’ère moderne, ceux de 1896. Aujourd’hui, elle est confrontée  à une grave crise budgétaire justifiant l’arrivée au pouvoir de Alex TSIPRAS, leader de la gauche radicale.

La Grèce est sortie en 1945 de l’occupation allemande très affaiblie et ne peut faire l’économie d’une guerre civile. La Grèce est considérée à l’époque par l'Occident comme un rempart contre le bloc communiste menaçant. En 1951 s’impose Konstantinos KARAMANLIS mais au début des années 1960, le climat politique se tend : un député de gauche, Grigoris LAMBRAKIS est assassiné. Cet évènement, qui inspirera COSTA-GAVRAS pour son film Z, contraint KARAMANLIS, discrédité, à s'exiler à Paris après avoir perdu les élections.

Une autre figure envahit la scène politique grecque : Georgios PAPANDREOU mais le 21 avril 1967, un coup d'État de l'armée vient interrompre tout processus démocratique. Le groupe d'officiers à l'origine du putsch est secrètement soutenu par la CIA ; il inaugure la « dictature des colonels » (1967-1974). Ce sont les étudiants qui déclenchent le processus de résistance à  la dictature, en 1973, par l'occupation de l'École polytechnique d'Athènes. La répression est brutale : les chars sont lancés à l'assaut de l'université, faisant 40 morts et une centaine de blessés.

La fin de la dictature est donc proche : elle s’effondre en 1974 sur l’île de CHYPRE, aux deux communautés antagoniques grecques et turques. Fin de partie, KARAMANLIS revient de son exil parisien.

Il en est de l’athlétisme grec comme de son histoire tourmentée.

Champion olympique sur 200 mètres aux JO de Sydney 2000, Kostas KENTERIS est attendu en 2004 par tout un peuple. Il en de même pour sa partenaire d’entraînement Ekaterini THANOU, vice championne olympique du 100 mètres féminin. Mais les deux athlètes ne se présentent pas à un contrôle anti-dopage. Ils seront suspendus tout comme Fani HALKIA, championne olympique du 400 mètres haies à Athènes. Fin de carrière.

La Grèce, berceau de la philosophie occidentale est un pays de paradoxes.

Semaine du 01/03

Sergueï BUBKA n’est plus le détenteur du record du monde du saut à la perche : 6 mètres 14 établi le 31 juillet 1994 à Sestrières, même s’il est toujours détenteur de la meilleure performance en plein air.  Il a été détrôné par le français Renaud LAVILLENIE : 6 mètres 16.

BUBKA a été le premier athlète à franchir la barrière des 6 mètres à Paris en 1985 au stade Jean Bouin. Champion olympique en 1988, six fois champion du monde de 1983 à 1997, Bubka est un phénomène. Le ciel est son royaume. En une décennie (1984-1994) BUBKA a fait progresser le record du monde de 31 cm. Il est loin le temps où une longue perche en bois permettait de franchir une rivière.

Sergueï BUBKA est né le 4 décembre 1993 à Donetsk dans l’ancienne URSS.

Son père est militaire de carrière et sa mère est assistante sociale. Il débute le sport par le football puis par la gymnastique avant de découvrir l’athlétisme. Repéré par son entraîneur de toujours Vitaly PETROV, il est très précoce.

A seize ans, il franchit une barre de 5 m 10. Il vaut aussi 10 s 3 au 100 mètres.

Il se révèle au monde entier en devenant champion du monde à Helsinki à l’âge de 19 ans. En 1984, il est privé des jeux olympiques de Los Angeles pour cause de boycott, ce qui fait l’affaire de Pierre QUINON.

Il se distingue en mai 1984 en portant le record du monde à 5 m 85, améliorant de 2 cm le record de la discipline établi par Thierry VIGNERON, médaillé de bronze à Los Angeles qui lui-même avait amélioré le record de QUINON.  VIGNERON entraîné par Jean Claude PERRIN prendra sa revanche à Rome le 31 mai 1984 en franchissant 5 m 91. Hélas, le français ne connaîtra que 10 minutes de bonheur, BUBKA franchissant ensuite 5 m 94.

Il ne sera plus jamais inquiété, battant 35 records du monde.

Il sera décevant aux jeux olympiques de Barcelone et en 1996, blessé, il voit Jean GALFIONE s’imposer à Atlanta.

La clé du succès de BUBKA est un mélange de qualités gymniques, de force et de vitesse, ce qu’on a appelé l’école russe en opposition à l’école française faite de plus de technique de saut mais nécessitant une perche plus dure.

Aujourd’hui, BUBKA est devenu un homme d’affaire influent en Ukraine.

Il a été conseiller du Président Viktor IANOUKOVYTCH. Ce Président pro-russe a été emporté par la Révolution de Maïdan au cours de l’hiver 2013-2014.

Ancien grenier à blé de la russie tsariste, l’Ukraine, pays de 600 000 km2 pour 45 millions d’habitants est devenue indépendante en 1991. Le pays a été marqué par la catastrophe de Tchernobyl même si les retombées ont essentiellement concerné la Biélorussie.  Elle était destinée à rejoindre l’Europe occidentale avant que la Russie n’envahisse la Crimée et soutiennent les séparatistes du Dombass. Les mineurs d’un côté, à l’est ;  les pro-occidentaux de l’autre, vers l’ouest. Une guerre au cœur de l’Europe mais aux marges des deux blocs.

Le record du monde féminin du saut à la perche est la propriété de la russe Yelena ISINBAYEVA avec un saut à 5 mètres 06 établi en 2009. Ancienne gymnaste et entraîné aussi par Vitaly PRETOV, elle est devenue double championne olympique et surtout comme BUBKA très riche en raison de ses records du monde battus centimètres par centimètres.

Les Français auront tiré leur épingle du jeu malgré la domination sans partage du Tsar.

En  remportant la médaille d’or en 1984, Paul QUINON devient le premier athlète français à s’imposer dans une épreuve de saut aux jeux olympiques. Sous la houlette de Jean Claude PERRIN, c’est un groupe performant formé de VIGNERON, ABADA, BELLOT qui s’illustre au plus haut niveau international.

Philippe HOUVION, le fils de Maurice HOUVION qui sera plus tard l’entraîneur de Jean GALFIONE, aurait du connaître la consécration aux jeux olympiques de Moscou 1980 mais il finira 4ième. Grosse désillusion pour quelqu’un qui détenait à l’époque le record du monde de la spécialité avec 5 m 77. En fait, en l’absence des américains pour raison de boycott suite à l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS, il fallait aussi compter sur une grande nation de la perche, le Pologne. Son héros s’appelle Wladyslaw KOZAKIEWICZ. En franchissant 5 m 78, nouveau record du monde, il devient champion olympique et surtout il répond par un bras d’honneur au public russe, très chauvin et surtout hostile. Originaire de Gdansk, KOZA surnommé le marin de la Baltique annonce aussi une autre histoire : l’honneur de la Pologne et la fin du communisme dans les pays de l’est.

Jean GALFIONE, neveu de Jean Claude MAGNAN, vice-champion olympique de fleuret en 1964, atteint le haut niveau mondial en devenant champion olympique en 1996.

En 1999, il franchit la barre mythique des 6 mètres.

Aujourd’hui, GALFIONE se consacre à une autre de ses passions : la voile.

La France connaît actuellement une période faste avec la nouvelle  star mondiale :  Renaud LAVILLENIE, triple champion d’Europe, champion olympique à Londres 2012.

La perche, ce sont aussi la rencontre de fortes personnalités autour d’un sautoir comme le duel entre l’américain Bob SEAGREN et l’allemand de l’est Wolfgand NORDWIG qui tourne à l’avantage de ce dernier aux jeux olympiques de Munich 1972.

Le poète dramaturge breton Paol KEINEG nous rappelle dans « Homme liges des talus en Trance »

« Hommes qui flottez en tronçons de beauté

Au ras de la lumière

Je fais l’éloge de toutes vos soifs

Je fais l’éloge de toutes vos faims

Il n’y a pas de passé en mon pays

Sinon un bourdonnement d’hommes réfractaires »

Les perchistes, un peuple à part.

 Semaine du 22/02

Le triple saut consiste en un saut à cloche-pied, une foulée bondissante et un saut, effectués dans cet ordre. On a cru longtemps que le triple saut provenait des jeux antiques. Il n’en est rien. Les celtes l’adoptèrent dès le 8ième siècle avant notre ère. Il faisait partie déjà des épreuves des premiers jeux olympiques modernes de 1896.

Le record du monde est la propriété du britannique  Jonathan EDWARDS dit le « Goéland » en raison de son style ondoyant. Le 7 août 1995, aux championnats du monde de Göteborg, en Suède, il réalise, dans un style d’une pureté inouïe 18 m 16 à son premier essai et surtout 18 m 29 à son deuxième essai. Il efface des tablettes Willie BANKS, connu pour ces facéties, sa bonne humeur et surtout ses 17 m 97 réalisé en 1985 à Indianapolis.

Ce saut va donc faire l’histoire…

http://www.dailymotion.com/video/xroswq_goteborg-1995-jonathan-edwards-prend-son-envol_sport

Ce fils d’un pasteur anglican, né en 1966 à  Londres a gagné le paradis en devenant aussi champion olympique à Sydney 2000. Diplômé de biologie, EDWARDS avait continué ses travaux de recherche sur les chromosomes dans un hôpital de Newcastle tout en pratiquant l’athlétisme. Il était présent à Séoul 1988, n’atteignant pas la finale. Il en sera de même à Paris 2003 pour sa dernière sortie. EDWRADS est un phénomène. Au même titre d’ailleurs que la star montante actuelle, le jeune français, Teddy TAMGHO, recordman du monde en  salle avec 17 m 92 et surtout champion du monde à Moscou en 2013 avec une marque au-delà des 18 mètres (18 m 04). En route vers RIO 2016.

Teddy TAMGHO est né le 15 juin 1989 à Paris de parents camerounais. Depuis 2010, il s’entraîne en Espagne sous la direction du cubain Ivan PEDROSO, champion olympique à Sydney en 2000 et quadruple champion du monde du saut en longueur. TAMGHO perpétue une tradition française du triple saut impulsée par les Antilles à la suite des Bernard LAMITIE, Serge HELAN ou Pierre CAMARA au même titre qu’il y a une tradition américaine, cubaine, brésilienne, camerounaise.

Un athlète a dominé la spécialité dans les années soixante et soixante-dix. Il s’agit du russe Viktor SANEIEV, qui pour 11 centimètres aux jeux de Moscou 1980, n’aura pu réaliser l’exploit dont il rêvait : enlever quatre médailles d’or olympiques consécutives et égaler la performance de Al OERTER au disque.

Victor SANEIEV est né le 3 juillet 1945 à Soukhoumi, petite ville de Géorgie, sur les bords de la mer Noire. Ancien joueur de basket-ball, SANEIEV se destine au triple saut par défaut, barré au saut au longueur par son compatriote Igor TER-OVANESSIAN. Les jeux  olympiques de Mexico 1968 marqueront son heure de gloire.

Un concours au bout du suspense.

Dès les qualifications, l’italien Giuseppe GENTILE, un étudiant en droit de 25 ans au visage de saint, ce qui lui vaudra d’avoir le rôle de Jason dans le film de Pier Paolo PASOLINI, Médée, aux côtés de la CALLAS, avait sauté 17 m 10, effaçant des tablettes le polonais Jozef SCHMIDT, double champion olympique à Rome 1960 et Tokyo 1964, qualifié lui aussi pour la finale du lendemain.

Quant le 17 octobre 1968, le concours commence, GENTILE en rajoute une couche : 17 m 22 à son premier essai. Il est 15 H 15. Le syndrome BEAUMON ou comment tuer d’entrée un concours, assommer ses adversaires. A 16 H 05, à son 3ème essai, SANEIEV ne s’en laisse pas compter. Il réalise 17 m 23. A 17 Heures, le brésilien Nelson PRUDENCIO réussit 17 m 27 à son cinquième essai. Mais à son dernier essai, SANEIEV retombe à 17 m 39, décroche la médaille d’or et s’adjuge le record du monde.

En 1975, toujours à Mexico, le brésilien Joao Carlos de OLIVEIRA vengera son compatriote PRUDENCIO en reprenant le record du monde à SANEIEV en réalisant 17 m 89. Aux jeux olympiques de Moscou 1980, ou tout a été fait pour le 4ème sacre de SANEIEV, de OLIVIERA finira 3ème, victime de décisions plus que litigieuses.

Plus dramatique, en 1981, le brésilien est victime d’un grave accident de la route. Ce sera l’amputation de la jambe droite gangrénée. Il est élu député de l’état de Sao Paulo en 1986, défendant la cause des handicapés. Il décède en 1999.

Le record du brésilien tiendra 10 ans, de 1975 à 1985.

Entre temps, SANEIEV a été promu colonel de l’Armée Rouge après les jeux de 1980. Mais le système soviétique s’effondre en 1989. On retrouve SANEIEV en 1992 au pays des kangourous, l’Australie, plus précisément professeur de gymnastique à Sydney et en 1997, à l’expiration de son contrat d’enseignant, balayeur de rues. Si l’on rebondit dans le triple-saut, il n’en est dès fois pas ainsi dans la vraie vie. Si les records sont éternels, il n’en est pas de même de ses expériences.

Côté féminin, il faut aussi remonter à Goteborg 1995 pour chercher le record du monde. Il est toujours la propriété de l’ukrainienne Inessa KRAVETS avec un triple bond  à 15 m 50. Aux jeux de Londres 2012, c’est une kazakhe qui devance une colombienne. Surprenante géopolitique.

La France est actuellement représentée de par sa naturalisation en 2010 par l’ancienne camerounaise Françoise MBANGO ETONE, double championne olympique à Athènes 2004 et Pékin 2008.

Il faudra donc finir avec le chiffre trois, pourvu d’une grande valeur symbolique.

Voici quelques pistes à approfondir :
D'abord ce chiffre est considéré comme parfait car doté d'un début, d'un milieu et d'une fin, il est d'ailleurs souvent associé au triangle.
Il est également le chiffre qui renvoie à l'image de la famille : père, mère et enfant. Dans la religion chrétienne, le dieu unique est représenté par le Père, le Fils et le Saint Esprit : ici le "un" se fait "trois".

Les trois grâces, les trois petits cochons, trois souhaits, trois chances de réussir, formules magiques à répéter trois fois…

 Semaine du 15/02

Le 8 août 1992, à Barcelone, Hassiba BOULMERKA, 1m56, 52 kg,  est la première à apporter une médaille d’or au sport algérien. La course fut d’une grande limpidité. Après avoir contrôlé le train des coureuses russes courant sous la bannière CEI (Communautés des Etats Indépendants), elle démarre sèchement dans le dernier virage et l’emporte facilement en 3 mn 55 s 30 devant russes et chinoises pourtant reines du demi-fond. L’Algérie, à l’époque en pleine crise, se remet à espérer.

https://www.youtube.com/watch?v=dBhCnM_V6yw

Cette course va donc faire l’Histoire…

Hassiba BOULMERKA est née le 10 juillet 1968 à Constantine. Elle est d’origine modeste. Tout n’a pas été facile pour elle.

Son entraîneur de l’époque a dû convaincre la famille et particulièrement le père à la pratique sportive. Elle est douée pour la course à pied. Elle exerce un emploi de secrétaire-dactylographe et s’entraîne dur à la sortie du bureau. Elle quitte Constantine à regret pour Alger.

Elle est également double championne du monde du 1 500 m en 1991 à Tokyo et en 1995 à Goteborg

Si elle devient un symbole pour le sport féminin algérien, elle est aussi la cible des extrémistes dans un pays où le fondamentalisme prend une grande importance.

Au début des années 1990, l’Algérie pays de 33 millions d’habitants, à majorité jeune est confronté à une grave crise politique. L’arabisation va faire oublier le parti unique.

Après plusieurs années de gestion autocratique des affaires de l’État, l’Algérie se lance à partir de l’année 1988, dans une expérience inédite de démocratisation, suite notamment aux Événements du 5 octobre 1988 dites émeutes de la faim. Cette ouverture s’accompagne en juin 1990 de l’entrée des islamistes du Front Islamiste du Salut (FIS) dans le champ politique, qui remportent des élections locales. Le FIS arrive également en tête du premier tour des élections législatives du 26 décembre 1991, avec 47 % des voix exprimées (le taux d'abstention étant de 41 %), ce qui provoque l’intervention de l’armée, qui interrompt le processus électoral au début de l’année 1992.

Mohamed BOUDIAF prend la tête du Haut Comité d'État, après 28 ans d'exil. Un des chefs historiques de la guerre d'Algérie et fondateur du parti du FLN souhaitait une Algérie démocratique tournée vers la modernité, il disait vouloir mettre fin à la corruption qui gangrenait l'État. Il sera assassiné après six mois à Annaba en plein discours, le 29 juin 1992.

A Barcelone, Hassiba BOULMERKA lui offrira son titre olympique.

L’Algérie connaîtra ensuite une vague de violence et de terrorisme qui durera une décennie et dont l’assassinat des moines français de Tibéhirine fin mars 1996 est un point culminant.

En 1998, année où sa mère décède, Hassiba BOULMERKA n'arrive plus à supporter l'entraînement. Fin de carrière. Début d’une carrière de femme d’affaires.

Retour sur les championnats du monde de Tokyo 1991 : BOULMERKA devient la première africaine à devenir championne du monde d'athlétisme. Le même jour, son compatriote Noureddine MORCELI remporte également son premier titre mondial, sur la même épreuve du 1 500 m

Aux jeux olympiques d’Atlanta 1996, sur l’épreuve reine du 1 500 mètres,  MORCELLI file vers un sacre olympique aidé en cela par la chute à 400 mètres de l’arrivée d’un  jeune marocain, un futur grand,  Hicham el GUERROUJ.

https://www.youtube.com/watch?v=kJJrHCGgJdg

L’Algérie d’aujourd’hui compte 40 millions d’habitants sur une superficie de 2 380 000 km2 mais dont 80 % forme le SAHARA. L’Algérie est un pays gazier. Depuis 1999, Abdelaziz BOUTEFLIKA est le toujours président de la république. Le football y est toujours roi et l’athlétisme de demi-fond, celui du 1 500 mètres, s’y perpétue, côté féminin avec la victoire de Nouria BENIDA à Sydney en 2000, côté masculin avec la victoire de Taoufik MAKHLOUFI, un peu à la surprise générale, à Londres en 2012.

 Semaine du 08/02

Il y a bien une tradition française du 3 000 mètres steeple.  Si les kenyans dominent le monde et cela depuis 30 ans, les français se défendent bien.

Aux  jeux  olympiques de PEKIN en 2008, le français Mahiedine MEKHISSI-BENABBAB en obtenant la médaille d’argent est le premier athlète à empêcher un doublé kenyan sur 3000 mètres steeple depuis son compatriote Joseph MAHMOUD lors des jeux olympiques de Los Angeles en 1984.

Mahiedine MEKHISSI est devenu en 2010 à Barcelone champion d’Europe devant Bob TAHRI.

Il est l’actuel détenteur du record d’Europe du 3 000 mètres steeple en 8 minutes 0 seconde 09. Le record du monde est détenu par Saif Saaeed SHAHEEN, un quatari d’origine kenyane en 7 minutes 53 secondes 63. Encore médaille d’argent au JO de Londres 2012 derrière le petit kenyan KEMBOI au sprint ravageur, triple champion d’Europe, MEKHISSI se prépare pour le Graal Final : RIO de Janeiro 2016.

Le steeple est à l’origine une course de chevaux qui se courait de village en village. Steeple signifie clocher en Anglais. On admet que la première course de steeple-chase eut lieu en 1752 entre les églises de Doneraile et de Buttevant dans le comté de Cork en Irlande.

Le 3 000 mètres steeple, c’est un peu du cross-country sur la piste. Cette épreuve est apparue aux jeux olympiques de 1920. Côté féminin, le 3000 mètres steeple a été inscrit aux championnats du monde de 2005 à Helsinki et le record du monde féminin est détenu par la russe Gulnara SAMITOVA-GALKINA en 8 minutes 58 secondes 81 depuis les jeux de Pékin où la française Sophie DUARTE finit 5ème.

Précisément, après guerre, en 1946, à Oslo, aux championnats d’Europe, Raphaël PUJAZON remporte le 3 000 mètres steeple en franchissant la barre des 9 minutes. Raphaël PUJAZON, d’origine andalouse, de Helva,  s’est réfugié avec sa famille, à Alès, au moment de la guerre d’Espagne de 1936-1939. Il deviendra plus tard professeur d’Education physique.

Les années 1960 voit émerger Guy TEXEREAU qui finira 6ème aux jeux olympiques de Tokyo 1964.

A la fin de sa carrière sportive, il s’investit dans le soutien aux jeunes toxicomanes, prônant le sport comme substitue à la drogue.

En 1971, Jean Paul VILAIN devient champion d’Europe à Helsinki. Né à Dieppe en 1946,

Jean Paul VILAIN a eu une enfance misérable. Il rêvait de conquêtes lointaines, le regard perdu vers la mer. Sa fluidité et sa vivacité sur les obstacles font merveille dans un pays connaisseur comme la Finlande. Il verra sa carrière freinée à partir de 1972 alors qu’il n’a que 25 ans par une hépatite virale. Il ne sera pas des jeux olympiques de Munich 1972 pour affronter les kenyans.

En 1984, aux jeux olympiques de los Angeles, Joseph MAHMOUD dit Monsieur JO a failli battre les kenyans. Il termine second, médaille d’argent, derrière Julius KORIR. Il portera après les jeux le record d’Europe à 8 minutes 7 secondes 62 effaçant des tablettes la star européenne le suédois Anders GAERDERUD. A l’époque, le record du monde est détenu par la star mondiale kenyane Henry RONO.

Aujourd’hui, le 3000 mètres steeple est dominé au niveau européen par un duo français. Au niveau mondial, les kenyans n’ont qu’à bien se tenir.

Mahiedine MEKHISSI-BENABBAB est né le 15 mars 1985 à Reims, dans une famille modeste originaire d’Algérie et composée de 10 enfants. Il est vice-champion olympique en 2008 à Pékin et champion d’Europe en 2010 à Barcelone devant l’autre français Bob TAHRI.

Bob TAHRI, né le 20 décembre 1978 à Metz est aussi d’origine algérienne.

Il a 14 ans quand il commence l’athlétisme au côté de Medhi BALAA. Passionné de football mais soutien  de famille à 19 ans, il doit gagner sa vie et celle de sa famille grâce à la course à pied.

En 2003, il s’entraîne plusieurs semaines au Kenya, une expérience qui lui a changé la vie et sa vision de l’athlétisme. L’Afrique devient une terre sacrée : l’Algérie est la terre de ses racines et l’Afrique de l’est, le berceau de la course à pied.

Le secret en partie de sa réussite mais aussi une revanche sociale.

Et pourtant, rien n’a été épargné à Bob TAHRI, 1 m 91, 67 kg. Il revient de loin, d’accusations de dopage propagées par le journal L’Equipe un mois avant les championnats du monde d’Osaka de 2007. Une épreuve de plus qu’il surmontera, décision de justice favorable à l’appui.

En 2009, après de longues années où il termine au pied du podium, le voilà médaillé de bronze aux championnats du monde de Berlin. C’est une consécration.

Fin de carrière. Il débute ensuite tout naturellement le 5 000, 10 000 et enfin le marathon, l’âge aidant. Et voilà qu’aux dernières nouvelles, Bob THARI n’a qu’une obsession : le 3 000 mètres steeple de RIO de Janeiro 2016. A ne plus rien comprendre.

Un voyage à l’intérieur du monde de Bob. Moins de 20  minutes pour le comprendre.

http://www.dailymotion.com/video/x23c070_bob-tahri-2-reportage-interieur-sport_sport

Comme le disait le tennisman américain Arthur ASHE, mort du sida, « une des clés du succès est la confiance en soi. Une des clés de la confiance en soi est la préparation ».

Le sport comme dépassement de soi.


 Semaine du 01/02

Le 400 mètres haies est une épreuve consistant à franchir sur 400 mètres dix haies de 91 cm de hauteur. Pour les femmes, la hauteur des haies est de 76 cm. La première haie se trouve à 45 mètres de la ligne de départ et les suivantes à 35 mètres les unes des autres, la dernière haie se trouvant à 40 mètres de la ligne d’arrivée. Il faut donc adapter amplitude et nombre de foulées avec la difficulté de franchissement de l’obstacle.

Le record du monde masculin a été réalisé à l’occasion des jeux olympiques de 1992 à Barcelone par l’américain Kevin YOUNG avec un temps de 46 s 78. Le record du monde féminin est l’œuvre de la russe Yuliya PECHONKINA en un temps de 52 s 34 réalisé en 2003.

D’une morphologie étonnante (1,95 m pour 89 kg) YOUNG est né en 1966 à los Angeles, dans le quartier de Watts, soumis à de fréquents soubresauts sociaux. Il n’a pas été un enfant modèle mais le sport va le sauver surtout suite à la rencontre avec son entraîneur John SMITH, celui-là même qui a amené Marie-Jo PEREC au doublé 200-400 d’Atlanta 1996.

Ce qui caractérise sa course olympique de Barcelone est le fait qu’il a fait tomber un nombre important de haies. En d’autres temps, avant 1935, il aurait été simplement disqualifié.

https://www.youtube.com/watch?v=Dk0efCykluE

Cette course va donc faire l’histoire. A noter la présence de 2 français : ligne 1 : Stéphane CARISTAN et ligne 6 : Stéphane DIAGANA.

Comme beaucoup d’athlètes des années 1980-1990 qui détiennent toujours des records mondiaux, YOUNG a été contrôlé positif. Fin de carrière.

De son surnom « Spiderman ou l’homme-araignée » au regard de ses jambes interminables, Kevin YOUNG efface donc des tablettes mondiales la star incontestée, l’homme aux 122 victoires consécutives, dominant la spécialité de 1976 à 1992, double champion olympique à Montréal 1976 et Los Angeles 1984,  l’américain Edwin MOSES.

Né le 31 août 1955 à Dayton dans l’Ohio, MOSES a grandi dans un milieu d’enseignants. Il fut un brillant étudiant en Physique. Il abandonnera néanmoins son poste d’ingénieur en aéronautique pour se consacrer à partir de 1978 entièrement à sa passion d’athlète. C’est un typhon qui dévaste tout sur son passage. Néanmoins, il ne parviendra pas à être le premier à franchir la barre des 47 secondes. C’est un regret. Il finira sa carrière à 33 ans médaillé de bronze à Séoul 1988 devancé par son compatriote André PHILLIPS et le sénégalais Amadou BA. A l’issue de cette exceptionnelle carrière, Edwin MOSES fut appelé à siéger à la commission d’admission du CIO, celle qui gère les rapports entre amateurs et professionnels, lui le professionnel qui aura su bien négocié et faire fructifié ses propres contrats.

Il y eut une vie avant MOSES. On la doit à l’ougandais John AKII-BUA, vainqueur à la surprise générale des jeux de Munich 1972 et établissant un nouveau record du monde en 47 s 82. Les favoris, l’anglais David HEMERY, le vainqueur de Mexico et l’américain Ralph MANN sont battus.

L’Afrique est à l’honneur. Mais l’Ouganda, pays frontalier du Kenya, peuplé de 30 millions d’habitants, est confronté depuis 1971 au dictateur Idi AMIN DADA, accusé de la disparition de 300 000 ougandais. AKII-BUA, originaire du Nord,  fuit le pays et rejoint un camp de réfugiés au Kenya. Il est secouru grâce à son équipementier PUMA et s’installe en Allemagne jusqu’à la chute du régime en 1979, à la suite du déclenchement de la guerre contre la Tanzanie voisine.

L’ex-dictateur s’exile en Libye pendant que l’athlète revient au pays y mourant en 1997 d’une longue maladie. A l’heure actuelle, dans le nord de l’Ouganda, règne l’effrayante Armée de résistance du Seigneur qui kidnappe les enfants dans les villages. Ces rebelles soutenus par le régime islamique du Soudan font la guerre au président actuel de l’Ouganda, MUSEVENI

Sur 400 mètres haies, un autre pays africain s’est distingué : la Zambie avec l’athlète Samuel MATETE, champion du monde en 1991 à Tokyo.

Ce qui est bien avec l’athlétisme, c’est qu’on ne peut difficilement la dissocier de la géographie.

Côté Français, il faut signaler que Stéphane DIAGANA, champion du monde à Athènes en 1997 détient toujours le record d’Europe de la spécialité en 47 s 37.

http://www.dailymotion.com/video/xrzc7y_stephane-diagana-dieu-du-400-m-haies-a-athenes-mon-instant-athle_sport

Il s’était classée 4ème à Barcelone. Il fut ensuite absent des rendez-vous olympiques en raison de blessures récurrentes. Il obtiendra aussi une médaille d’or au relais 4 fois 400 mètres des championnats du monde de Paris Saint Denis en 2003, suite au déclassement des américains pour dopage, avec ses compatriotes Naman KEITA, autre spécialiste français du 400 mètres haies, Marc RAQUIL et Leslie DJHONE. Son entraîneur fut « Monsieur FERNAND », Fernand URTEBISE.

Sa reconversion est une réussite : Président de la Ligue nationale d’athlétisme, journaliste, conférencier. Le stade d’Auvers-sur-Oise porte son nom.

DIAGANA rappelle un des plus grands coureurs de toute l’histoire de l’athlétisme français : Jean Claude NALLET qui symbolise l’athlétisme des années 70, l’ère Robert BOBIN du nom du Directeur Technique National de l’époque.

Lors du match France- Etats-Unis en juillet 1970, NALLET bat en 48 s 6 le record de France du 400 mètres haies en devançant l’américain Ralph MANN, à quelques cinq dixièmes du record du monde de l’époque détenu par le britannique David HEMERY. Sur 400 mètres plat, NALLET n’a pas non plus peur des américains, Lee EVANS et Vince MATTHEWS. Ecartée des jeux de Munich 1972 pour cause de blessure, il aurait certainement pu jouer un rôle majeur.

Côté féminin, il a fallu attendre les jeux de 1984 pour officialiser l’épreuve. Actuellement, la jamaïcaine Mélanie WALKER domine la spécialité approchant en 52 s 42 l’actuel record du monde détenu par la russe PECHENKINA en 52 s 34

S’il y a bien une course de l’athlétisme, aussi bien rythmée, c’est bien le tour de piste avec haies.

Comme une phrase du Cid de CORNEILLE : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles »

Les contemporains ne sont pas en reste, mais d’une autre manière :

Ouvre la porte, bureau, téléphone, bibliothèque, télévision,…

Ouvre la porte, serviettes sur porte-serviettes, lavabo, miroir,..

Ouvre la porte, armoire, table de nuit avec lampe, lit, table de nuit

Les mots comme des foulées.

Semaine du 24/01

Le 28 juillet 1976, Guy DRUT remporte la médaille d’or du 110 mètres haies des jeux olympiques de Montréal. Situé au 5ème couloir, et après un départ rapide, il parvient à contenir ses principaux adversaires et s’imposer de justesse sur la ligne d’arrivée en cassant son corps dans un temps de 13 s 30 devant le cubain Alejandro CASANAS (13 s 33) et Willie DAVENPORT (13 s 38). L’espace de 2 à 3 secondes, Guy DRUT doute de son succès.

https://www.youtube.com/watch?v=UVFJo6zil94

Cette course va donc faire l’histoire….

Aux jeux olympiques de 1972 à Munich, il avait  remporté la médaille d’argent en établissant un nouveau record d’Europe en 13 s 34 derrière l’invincible américain Rod MILBURN.

En quatre ans, il a grappillé 4 centièmes de seconde ou trente centimètres pour passer de l’argent à l’or. Sa victoire met fin à cinquante ans de domination américaine.

Guy DRUT, 1 m 89, 78 kg est né le 6 décembre 1950 à Oignies dans le Pas-de-Calais, dans une famille de modeste d’épiciers et dans une maison en face de celle de Michel JAZY.

Il joue en minime au football mais comme il est frêle, l’entraîneur du club local, Pierre LEGRAIN le prend sous sa coupe. Le disque, la hauteur, la perche, les haies, le décathlon, tout l’intéresse. Il a été conducteur de train à la SNCF pendant 2 ans.

Lors d’un mémorial en 1968 au Stade Jean Bouin, le Directeur technique National Robert BOBIN  l’inscrit au 110 mètres haies par manque de place à la perche.

Sa progression sera rapide. A 19 ans, il est recordman d’Europe juniors avec un temps de 13 secondes 7. Un échec aux championnats d’Europe d’Helsinki en 1971 l’amène à chercher conseil auprès du meilleur européen de l’époque, l’italien Eddy  OTTOZ.

En 1975, il devient le premier athlète à courir un 110 mètres haies en 13 s, dernier chronométrage manuel. Il est prêt pour l’exploit olympique de 1976 : avaler la distance de 110 mètres en franchissant dix haies d'une hauteur de 1,06 m distancées entre elles de 9,14 m et cela en finissant premier devant l’armada américaine.

Guy DRUT a effectué ensuite une carrière politique : Député-maire de Coulommiers en Seine et Marne, il a été nommé en 1995 Ministre des la Jeunesse et des Sports du gouvernement JUPPE.

Pendant à Droite de Roger BAMBUCK à gauche.

Il a aussi été l’adjoint des sports de Jacques CHIRAC à la Mairie de Paris entre 1985 et 1989, cause de ses démêlés judiciaires sur le financement illégal du RPR et de l’affaire des marchés publics d’Ile de France. Sortie de route mais condamné, il ne doit son salut en 2006 qu’à une amnistie par décret du Président de la République Jacques CHIRAC. Il peut de nouveau représenter la France au Comité International Olympique. Curieux renversement de l’histoire, car après les jeux de Montréal, Guy DRUT avait dénoncé les dessous de table lors des meetings ce qui l’amena à être disqualifié à l’époque par l’instance internationale de l’Athlétisme.

En 1981, l’américain Renaldo NEHEMIAH devient le premier athlète à courir un 110 mètres haies sous les 13 secondes en réalisant 12 s 93 avant de s’engager dans le football américain.

Longtemps approché, ce record du monde ne sera finalement amélioré qu’en 1988 par Roger KINGDOM auteur de 12 s 92.

En 1993, le britannique Colin JACKSON (qui ne sera jamais champion olympique) réalise 12 s 91. Il faudra attendre 2004 et les jeux olympiques d’Athènes pour que le chinois Liu XIANG réalise un temps identique et ensuite établisse une nouvelle marque en 2006 avec un temps de 12 s 88.

Liu XIANG est le favori des jeux de Pékin 2008. Malgré une blessure au tendon d’achille, il prend part à la compétition mais doit déclarer forfait. Le public chinois est dans l’incompréhension.

Le record du monde du 110 mètres haies est aujourd’hui de nouveau  la propriété des américains : Aries MERRITT ayant réalisé en 2012 12 s 80 détrônant le cubain Dayron ROBLES, champion olympique à Pékin, avec un temps de 12 s 87.

Néanmoins, la référence du 110 mètres haies reste encore de nos jours ROD MILBURN, né d’une famille afro-américaine de Louisiane, orphelin de père et découvert  par un entraîneur qui lui fera bénéficier d’une bourse d’étude pour se consacrer à l’athlétisme.

De son côté, Guy DRUT a ouvert la voie aux hurdlers français : Stéphane CARISTAN, champion d’Europe, Philippe TOURRET, DAN PHILIBERT et chez les femmes Monique EWANJE-EPEE, championne d’Europe, Patricia GIRARD.

Mais le plus connu d’entre eux est sans conteste Ladji DOUCOURE, champion du monde en 2005 à Helsinki devant Liu Xiang et la star Allen JOHNSON, quadruple champion du monde.

Ladji DOUCOURE est né en 1983, de père malien et de mère sénégalaise. Après le football et le décathlon, il s’est spécialisé tout comme Guy DRUT sur le 110 mètres haies.

Associé à ses coéquipiers de l’équipe de France Ronald POGNON, Eddy DELEPINE et Lueyi DOVY, il remporte aussi en 2005 le titre de champion du monde du relais 4 fois 100 mètres.

Il n’est plus  le détenteur du record national, détrôné en 2014 par l’espoir Pascal MARTINOT-LAGARDE qui a réalisé un temps de 12 s 95.

S’il y a bien une école américaine, anglaise, cubaine et française du 110 mètres haies, il y a bien une école bulgare du 100 mètres haies féminin. Les haies féminines culminent à 84 cm.

L’actuel record du monde est toujours la propriété de la bulgare Yordanka DONKOVA en 12 s 21 et cela depuis 1988. Cette athlète de 1m77 pour 61 kg est née en 1961. Elle a perdu trois doigts de la main droite au cours d’un accident le jour de ses 5 ans, d’où la difficulté de se positionner au départ. Sa grande rivale sur la période sera sa compatriote Ginka ZAGORCHEVA.

La Bulgarie, pays de 110 000 km2 pour 7 millions d’habitants, fait partie de l’union européenne depuis 2007. Elle est connue pour ses monastères, ses eaux minérales thermales et curatives, ses vins, ses roses et son célèbre yaourt. Contrairement à la Roumanie voisine, le régime communiste bulgare n’a pas détruit le patrimoine architectural traditionnel.

Le football, le volleyball, l’athlétisme et la gymnastique y sont les sports les plus populaires

La victoire au 110 mètres haies comme dans toutes les épreuves de sprint se joue en général sur d’infimes détails. L’important, c’est de savoir observer les moindres signes.

Pour cela, PYTHAGORE,  le philosophe grec du 6ème siècle avant Jésus-Christ nous est utile :

« Nous avons en nous 4 vies qui s’emboîtent les unes dans les autres. L’homme est un minéral car son squelette est constitué de sels ; un végétal, car son sang est comme la sève des plantes ; un animal, car il est mobile et possède une connaissance du monde extérieur. Il est humain, car il a volonté et raison. »

 Semaine du 17/01

Côté Chronique cette semaine : le sprint français.

La France des années 1960 redécouvre l’athlétisme. La France est triomphante au niveau européen.

Aux championnats d’Europe de Budapest en 1966, elle remporte 14 médailles dont l’or pour Roger BAMBUCK, Michel JAZY, un presque inconnu au saut en hauteur qui s’appelle Jacques MADUBOST et le relais 4 fois 100 mètres. C’est le sommet de l’ère BOBIN du nom du Directeur Technique National de l’époque qui prône l’éducation sportive.

Symbole de cette renaissance, le sprinter Roger BAMBUCK.

Roger BAMBUCK est né le 22 novembre 1945 à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. Ce n’est pourtant qu’à l’âge de 17 ans qu’il commence à pratiquer l’athlétisme.

Participant aux championnats américains de Sacramento avant les jeux olympiques de Mexico, le sprinter guadeloupéen égale le record du monde du 100 mètres en 10 secondes. Ses adversaires sont des dieux du sprint : les américains Jim HINES, Charlie GREENE, Ronnie Ray SMITH, Mel PENDER, le jamaïcain Lennox MILLER.

Néanmoins, ce record ne tiendra qu’une heure puisque Jim HINES réalise ensuite 9 secondes 9, en chronométrage manuel, devenant le premier athlète sous la barre des 10 secondes.

Aux jeux olympiques de Mexico, il est grand temps de passer du chronométrage manuel au chronométrage électronique. Finis les chronos au dixième de seconde. C’est le centième de seconde qui compte dorénavant. Pour la première fois dans les jeux, la piste du stade est en synthétique. Une révolution. Autre révolution, pour la première fois, les huit finalistes sont noirs.

Jim HINES, solide gaillard de 1 m 83, 81 kg, originaire de l’Arkansas, réalise 9 secondes 95 sur 100 mètres. Roger BAMBUCK finit 5ème, place qu’il occupera aussi sur 200 mètres.

Cette course va faire l’histoire.

https://www.youtube.com/watch?v=trDKHRsAnZE

Le record électronique de HINES ne sera battu qu’en 1983 par Calvin SMITH qui réalise 9 secondes 93. L’actuel record du monde est la propriété de l’extraterrestre le jamaïcain Usan BOLT en 9 secondes 58 réalisé aux championnats du monde de Berlin 2009.

Roger BAMBUCK, être très attachant et fort de convictions, deviendra secrétaire d’Etat à la jeunesse et aux sports de 1988 à 1991 dans le gouvernement de Michel ROCARD.

Aujourd’hui, un nouveau BAMBUCK émerge au niveau européen. Il s’agit de Christophe LEMAÏTRE, 1 m 89, 74 kg, natif d’Annecy, triple médaillé d’or aux championnats d’Europe de Barcelone 2010, premier athlète blanc à descendre sous les 10 secondes sur 100 mètres avec un temps de 9 secondes 92, réalisé en 2011 à Albi.

Dans les années 1960, la France domine le sprint européen. Le symbole en est le relais 4 fois 100.

Cette épreuve consiste en la succession de relais pour quatre athlètes qui doivent chacun parcourir 100 mètres et se transmettre un témoin sous forme de bâton cylindrique dans une zone de transmission de 20 mètres. Epreuve collective et très technique.

Le quatuor Marc Berger-Jocelyn DELECOUR-Claude PIQUEMAL-Roger BAMBUCK établit le record du monde du 4 fois 100 mètres en réalisant 38 secondes 9 à Ostrava en 1967. A Mexico, la France finit 3ème du relais. Le père du relais français est l’entraîneur national Joseph MAIGROT, ancien sprinteur du Racing durant les années d’avant guerre.

La France entretient une grande tradition du sprint en relais. Déjà, aux jeux olympiques d’Anvers en 1920, la France est vice-championne olympique avec Ali KHAN-LORAIN-TIRARD-MOURLON.

Mais le meilleur intervient un jour de championnat d’Europe à Split en 1990. Le quatuor Max MORINIERE-Daniel SANGOUMA-Jean-charles TROUABAL-Bruno MARIE-ROSE

établit un nouveau record du monde en 37 secondes 79. Les américains vexés reprendront leur bien.

Comme pour le record de HINES sur 100 mètres qui tiendra 15 ans, le record de MARSH-BURRELL-MITCHELL-LEWIS établi en 1993 en 37 secondes 40 tiendra aussi 15 ans.

L’actuel record du monde est détenu par un quatuor jamaïcain : CARTER-FRATER-BLAKE-BOLT en 36 secondes 84 depuis les jeux olympiques de Londres 2012. Impressionnant.

http://www.last-video.com/video-finale-relais-4x100m-jo-londres-2012

En 1958, le Général de GAULLE instaure une 5ème république cumulant la démocratie avec un exécutif fort. Fini la 4ème et ses combinaisons partisanes.

Au niveau économique, la volonté est d'associer le capital et le travail, de soutenir des secteurs productifs dans le cadre de Plans à la française.

C’est la modernisation.

Le sport, enjeu national, symbole de la puissance économique et de l’indépendance de la France, n’est pas oublié. On crée des structures comme l’Institut National des Sports.

L'heure dans les années 1960 est à l'optimisme. L'insouciance est de rigueur, y compris pour celles et ceux qui veulent oublier une guerre d'Algérie, cause de biens de drames familiaux. S'il y a bien une chose dont on ne parle jamais et que l’on ne connaît pas, c’est bien le chômage.

Les jeunes accèdent de plus en plus à l’Université mais petit à petit le pays s’ennuie malgré le twist et le rock.

On parle plutôt des problèmes du monde comme la guerre au Vietnam mais aussi d'une réforme de l'enseignement que beaucoup de jeunes jugent indispensable On s’interroge sur l'avenir de ce mouvement étudiant né à San FRANCISCO en 1967 et qui gagne l’Angleterre, l’Allemagne, la France. Mai 1968. Que jeunesse passe.

 Semaine du 10/01

Wilma RUDOLPH avait 16 ans quand elle remporta la médaille de bronze avec l’équipe américaine de relais 4 fois 100 mètres en 1956. En 1960, à Rome, elle fut championne olympique sur 100, 200 et 4 fois 100 mètres. Elle a également été en possession des records du monde de ces trois disciplines. C’est la première femme à 11 secondes aux 100 mètres et à moins de 23 secondes aux 200 mètres.

Ces courses vont donc faire l’Histoire…

Son style gracieux lui valut le surnom de gazelle noire, surnom dont héritera trente ans plus tard Marie-Jo PEREC. C’est le triomphe de la féminité, de la grâce dans les stades.

Wilma RUDOLPH est née le 23 juin 1940 à Clarksville, dans un ghetto noir, dans le Tennessee. Elle est 17ème  d’une famille de dix-neuf enfants. Elle est issue d’une famille modeste, son père est porteur de bagages à la gare, sa mère femme de ménage mais surtout les dieux de l’Athlétisme n’ont pas fait le voyage pour saluer la naissance de Wilma. Elle connaît une enfance marquée par les maladies : double pneumonie, scarlatine et surtout une poliomyélite qui devait la priver de l’usage normal de sa jambe gauche. Grâce aux soins, aux massages effectués par les membres de sa famille, elle retrouve finalement comme par enchantement l’usage de ses membres. Elle se lance dans l’athlétisme. Ce sera donc une revanche sur le sort. A vingt ans, elle rayonne.

L’écrivain Antoine BLONDIN rappelle dans une chronique que  « son visage enfantin est celui d’une Gigi tropicale et la rapidité l’habille comme une robe de soie. Rien qui froisse aux entournures. Pas un faux pas. Pas un faux pli. Elle seule semble posséder le fil de l’histoire, celui où elle s’enroule en franchissant la ligne pour s’en faire un foulard »

Elle arrête assez vite sa carrière en 1962. Les années qui suivirent furent très difficiles avec des problèmes de racisme et une vie privée tumultueuse. Elle atteignit le fond du gouffre en 1967 en perdant son travail d’institutrice et en étant grièvement blessée à la jambe dans un accident de la route.

Wilma RUDOLPH disparut en 1995 des suites d’un cancer.

https://www.youtube.com/watch?v=igl8DmcKRhQ

Beautiful….

 Semaine du 03/01

Côté chronique cette semaine, le marathon italien.

Avec ses victoires au marathon de  Séoul 1988 (Gelindo BORDIN) et d’Athènes 2004 (Stefano BALDINI), l’Italie lavait l’affront de Dorando PIETRI au marathon de Londres en 1908.

Le 24 juillet 1908 a lieu le marathon des jeux olympiques de Londres. De la terrasse du château de Windsor où la princesse de Galles émit le désir d’assister avec ses enfants au départ de la course  jusqu’au pied de la loge royale dans le stade de White City, les participants parcourent pour la première fois 42 kilomètres 195 mètres, une distance qui sera officialisée comme celle de tous les marathons.

En son temps, 490 avant Jésus-Christ, le messager Phidippides qui rapporta à Athènes la victoire depuis la ville de Marathon n’avait parcouru que 40 kilomètres.

Il y eut donc 385 yards ou 355 mètres supplémentaires qui ont porté préjudice à un italien du nom de Dorando PIETRI, jeune homme de 22 ans, vendeur de pizzas à Carpi en Emilie. Celui-ci entra en tête dans le stade dans un état d’épuisement total. Il fait très chaud ce jour-là. Le public est fasciné et horrifié à la fois. C’est l’hystérie collective quand PIETRI se relève pour retomber à nouveau. Cinq fois de suite. Tous ceux qui trouvaient sur la pelouse viennent lui porter secours et PIETRI franchit la ligne d’arrivée le premier en 2 Heures 54 minutes mais en étant porté. Il est alors disqualifié au profit de l’américain John HAYES, arrivé 34 secondes après lui. Le vaincu Dorando PIETRI devient un héros. Célèbre pour ne pas avoir gagné.

https://www.youtube.com/watch?v=7iZfpm6E3zk

De tous les marathons olympiques, aucun n’a sans doute fait couler autant d’encre que celui de 1908. Le suspense et la douleur.

Dorando PIETRI, homme de petite taille, 1 m 59, est né en Emilie Romagne, Nord de l’Italie, dans une famille paysanne. Il a commencé très tôt à travailler comme apprenti dans une boulangerie.

Il s’est beaucoup entraîné pour le marathon de Londres 1908 et suite à cette course, il est devenu une célébrité, en Italie et à l'étranger. Paradoxalement, son échec a été la clé de son succès. Grâce à une série de courses-exposition aux Etats-Unis, il a fait fortune avant de revenir dans son pays natal et il y mourut le 17 février 1942 un peu dans l’anonymat, le monde de l’époque ayant d’autres soucis à ce moment-là.

Comme l’écrit le metteur en scène libanais Wajdi MOUAWAD dans Rêves :

« Le cœur de l’être est fait de chair et de sang !

Et comme la chaleur voyage au cœur du métal,

La douleur voyage au cœur de l’homme !

N’oubliez pas cela !

Et comme la chaleur voyage au cœur du métal,

La douleur voyage au cœur de l’homme !

Car dans le métal voyagent aussi les effluves électriques,

Tout comme l’amour voyage dans le cœur de l’homme. »

 Semaine du 27/12

Rien de mieux pour passer d’une année à l’autre que d’évoquer la corrida de fin d’année la plus connue, la Saint-Sylvestre  de Sao Paulo (Brésil). Crée en 1925, longue de 15 km, elle se court maintenant  l’après-midi du 31 décembre sous une chaleur torride. C’est un journaliste brésilien, de passage à Paris et enchanté par une course de nuit qui s’y déroulait, qui a décidé de promouvoir quelque chose de similaire au Brésil.

Tous les grands y ont participé. Au palmarès, il faut citer  le kenyan Paul TERGAT, avec cinq victoires dans les années 1990 et la petite portugaise Rosa MOTA, avec six victoires consécutives dans les années 1980

Outre TERGAT et MOTA, ont couru et gagné dans les rues de Sao Paulo, le grand Emil ZATOPECK en 1953, le belge Gaston ROELANTS, ancien recordman du monde du 3 000 mètres steeple, l’américain Frank SHORTER, vainqueur du marathon de Munich 1972,  le portugais Carlos LOPES en 1984, année de son sacre olympique sur le marathon, le colombien Victor MORA, le mexicain Arturo BARRIOS, ancien recordman mondial du 10 000 mètres.

Déjà vainqueur en 1990 et  1991, Arturo BARRIOS voit arriver dès 1992 les premiers kenyans, en l’occurrence Simon CHEMWOYO.

Course de côte et surtout Ambiance de folie : Une ambiance à la brésilienne.

https://www.youtube.com/watch?v=zv1hCk7MWlY

Le meilleur marathonien brésilien de ces 10 dernières années Marilson GOMES DOS SANTOS l’a remporté 3 fois.

Deux français ont inscrit leur nom au palmarès : Hamoud AMEUR en 1962 et Radhouane BOUSTER en 1978. Une consécration pour BOUSTER, spécialiste de 10 000 mètres et membre de l’équipe de France de cross, médaille d’or de l’épreuve par équipes au Championnats du monde de cross-country 1978, à Glasgow. Ses camarades de l’équipe de France : Pierre LEVISSE, Lucien RAULT, Alexandre GONZALEZ, Thierry WATRICE et Jean-Paul GOMEZ.

Le tenant du titre est un kenyan. Rien d’original. Il s’appelle Edwin KIPSANG, vainqueur en 2012 et 2013. Le Kenya face à l’Amérique du Sud.

Sao Paulo est la capitale économique du Brésil, 11 millions d’habitants, deuxième plus grande ville d’Amérique latine derrière Mexico. Elle a été fondée par des jésuites portugais en 1554 et s’est développée grâce à l’or des mines. A connu ensuite la prospérité grâce à la culture du café et du sucre. Elle a connu aussi tout au long du 19ème siècle et début du 20 ème un afflux d’immigrants italiens, portugais, allemands, arabes et japonais. Une mondialisation avant l’heure. C’est la ville d’Ayrton SENNA (1960-1994) pilote automobile F1 et de NEYMAR le footballeur.

 

 Semaine du 21/12

Cette semaine, semaine de Noël, rien de mieux que de parler du Pays du Père Noël : la finlande et sa partie nordique : la Laponie.

La Laponie, en finnois Lapin lääni, est l'une des vingt régions (et jusqu'en 2009 était l'une des 6 provinces) de la Finlande.

La Laponie n'est peuplée que de 3,6 % de la population finlandaise, c'est la région ayant la plus faible densité de population, mais c'est de loin la plus étendue (près de 3 fois la superficie de la seconde plus grande région). Elle compte 183 775 habitants sur 98 984 km2 avec moins de 2 hab./km². Elle possède une frontière avec la Russie, la Suède et la Norvège. Elle a pour capitale Rovaniemi.

En réalisant le doublé 5000-10 000 aux jeux olympiques de Munich 1972 et Montréal 1976, le finlandais Lasse VIREN non seulement entre dans l’histoire du demi-fond mais il perpétue la légende de ses glorieux prédécesseurs : KOLCHMAI NEN (1912) Paavo NURMI (1920 et 1924) RITOLA (1924) et SALMINEN (1936)

La Finlande éternelle, le drapeau blanc frappé de la croix bleue. Le demi-fond et le lancer du javelot sont  une religion.

Néanmoins, de Berlin 1936 à Munich 1972, la Finlande aura attendu 36 ans sa résurrection olympique.

Lasse VIREN est né le 22 juillet 1949 à Myrskyla à 70 km au sud-ouest d’Helsinki, 3ème des 4 garçons de la famille. Il s’adonne dès sa plus tendre enfance à la pratique du ski de fond.

En course à pied, il ne déroge pas à la tradition des athlètes nordiques : entraînement méthodique, chronométré, mêlant différents types de course, n’hésitant pas à courir 50 km par jour. Il a fait appel à un entraîneur néo-zélandais, Arthur LYDIARD qui a fait la renommée de son pays. Son secret aussi : boire du lait de renne.

Après la compétition, il deviendra banquier et homme politique faisant la promotion du sport à l’école

Au début des années 1970, la Finlande est dominatrice : VASALA remporte le 1500 m de Munich devant le kenyan KEINO et  en 1971, Julia VAATAINEN, blessé à Munich, s’impose dans le championnat d’Europe à Helsinki réalisant le doublé 5000-10 000.

Retour en arrière : En 1912, aux jeux de Stockholm, sur 5000 mètres,  le finlandais Hannes KOLEHMAINEN bat sur le fil le français Jean BOUIN qui mourra pour la France le 29 septembre 1914 à Xivray dans la Meuse.

KOLEHMAINEN  annonce la légende vivante : le finlandais volant du nom de Paavo NURMI, 1,74, 65 kg, 5 médailles d’or aux jeux  de Paris 1924. Il a été détenteur de 28 records du monde entre 1920 et 1932.

https://www.youtube.com/watch?v=yNev-YjUZUM

Une seule ombre : sa défaite au 5000 des jeux de 1920 battu par un français Joseph GUILLEMOT, un rescapé de la grande guerre, gazé au gaz moutarde avec atrophie du poumon droit.

Paavo NURMI est né le 13 juin 1897 à Turku, ville du Sud-ouest de la Finlande, dans une famille humble. Perdant prématurément son père ébéniste de métier, il quitte l’école et commence à travailler dans une filature. La course à pied devient sa vie. Robert PARIENTE rappelle un précepte de NURMI : « Un coureur doit toujours vivre pauvre et se sentir toujours pauvre »

En 1932, il ne peut participer aux jeux de Los Angeles en raison d’une suspension pour professionnalisme.

Il décède en 1973 d’une crise cardiaque. C’est toute la Finlande qui pleure et qui ensuite élève des statues de bronze à son effigie.

Un autre finlandais est contemporain de NURMI. Il s’agit de Ville RITOLA qui avait dans un premier temps émigré aux Etats-Unis comme valet de chambre avant de retourner ensuite dans la mère-patrie pour y courir.

Cette histoire est sans doute liée à la géographie. On imagine les paysages, pourquoi pas ceux décrits dans son livre « Anachronisme » par l’auteur français Christophe TARKOS, disparu à 38 ans à la suite d’une longue maladie

« Un parc, un hiver, un seul hiver, une masse de brouillard, un seul ciel bas, nous allons passer un seul hiver, un hiver long, une seule masse d’un seul hiver, du brouillard et un ciel bas, des nuages, une durée, la durée d’un seul hiver, une masse d’un hiver, une masse grise de nuages bas, de brouillard, de froid qui dure, qui continue, qui ne s’arrête pas, qui forme une masse lourde, une seule masse d’un seul hiver qui ne finit pas, cela ne dure qu’un hiver, mais l’hiver dure… »

 Semaine du 14/12

Cette semaine, nous partons pour la Chine.

Qui se souvient encore aujourd’hui de Wang JUNXIA et Qu YUNXIA, ces athlètes chinoises qui sont toujours depuis 1993 recordwoman du monde du 10 000 mètres, du 3 000 mètres  et du 1500 mètres.

On les découvre au mois d’août au championnat du monde de Stuttgart  1993. Elles raflent tous les titres. Et puis disparaissent.

En rentrant à PEKIN, Wang JUNXIA, 1 m 60, 45 kg,  dont on ne sait pas grand-chose au niveau familial, réalise 29 minutes 31 secondes 71 aux 10 000 mètres, soit 42 secondes de moins que l’ancien record détenue à l’époque par la norvégienne Ingrid KRISTIANSEN.

De son côté, Qu YUNXIA, 1 m 70, 58 kg, pulvérise en 3 mn 50 secondes 46 l’ancien record du monde du 1500 mètres de la russe Tatyana KAZANKHINA, la première femme sous les 4 minutes dans la discipline.

Le record du monde du 5 000 mètres est aussi jusqu’en 1997 une propriété chinoise. Les coureuses éthiopiennes DEFAR puis DIBABA ayant toutes les peine du monde pour s’emparer.

Le mystère s’épaissit. On est en plein mystère. Elles sont entraînées par Ma JUNREN.

On a tout écrit pour expliquer ce phénomène : entraînement en altitude de longue durée, détections, absorption de décoctions de sang de tortues mais aussi transfert des méthodes hormonales, en usage dans les années 1970 en RDA.

Néanmoins, les contrôles inopinés, décrétés par l’instance internationale coïncident avec la régression collective des athlètes victorieuses à Stuttgart. Pour Robert PARIENTE, « l’absence de contrôles de sexe chromosomiques pourrait laisser passer des cas d’hermaphrodisme caractérisés ».

De son côté, Ma JUNREN, redevenu entraineur dans sa province, a vu ses athlètes le quitter l’une après l’autre. Elles lui reprochaient sa trop grande rigueur disciplinaire.

Si l’énigme chinoise n’est pas déchiffrée, une domination est passée. C’est peut-être la fin des robots.

En 1989, la Chine, pays de 1,3 milliard d’habitants, 9.5 millions de km2 contenant 20 fois la France, a connu un immense espoir de démocratie, baptisé le Printemps de Pékin. Le pouvoir, crispé sur ses dogmes archaïques, lance le 4 juin 1989 ses chars sur des manifestants désarmés. Il vient de mater selon ses termes l’émeute contre-révolutionnaire.

Il va en ressortir une frénésie de reconnaissance au niveau international. Au niveau sportif, la Chine est actuellement la deuxième nation sportive au monde derrière les Etats-Unis. Aux jeux olympiques de Pékin, la Chine finit pour la première fois au sommet du classement avec 51 médailles d’or contre 36 aux Etats-Unis. Les chasses gardées traditionnelles du sport chinois : le plongeon, le tennis de table, l’haltérophilie, le badminton, la gymnastique se sont élargies aux sports de référence et aux sports collectifs. En athlétisme, le spécialiste du 110 mètres haies, Liu XIANG, ancien recordman du monde et malgré sa désillusion aux jeux de Pékin, en est l’actuel porte-drapeau.

La Chine a énormément changé depuis les années 1990, réformant son économie et l’ouvrant aux investissements étrangers, devenant membre de l’Organisation Mondiale du Commerce et développant rapidement ses infrastructures dans le domaine de la technologie. Cependant, les réformes économiques ont abouti à des inégalités croissantes entre les différentes régions de Chine : le fossé s’est creusé entre les régions côtières urbaines riches et les provinces rurales intérieures pauvres.
Les violations des libertés d’expression, d’association et d’information persistent largement. Depuis la fin des années 1990, le nombre de personnes condamnées chaque année à la rééducation par le travail ou exécutées reste le même. Des affaires de corruption ont atteint les cadres du parti ou leur famille. La Chine est à la croisée des chemins idéologiques. Le fait d’en appeler actuellement au retour du philosophe CONFUCIUS, adepte de l’harmonie, de la sagesse et de l’entraide, n’est pas neutre.

Finie la période historique du maoïsme, celle de la campagne des Cent Fleurs (1957) le Grand bond en avant (1958) la Révolution culturelle (1966) qui a débouché sur des famines et des chaos. Restent toujours la structure politique et idéologique de la République Populaire de Chine, fondée le 1er octobre 1949 par Mao Zedong et la « sinisation » croissante du Tibet, envahi militairement en 1950.

En leurs temps, les athlètes russes ont été les chinoises des années 1970 et 1980.

Souvenons-nous de Tatyana KAZANKHINA, ce petit bout de femme au teint pâle de 1 m 62 pour 47 kg, qui pulvérisa en 1976 le record du monde du 1 500 mètres en réalisant 3 mn 56 secondes.

En 1976, à Montréal, KAZANKHINA réalisa le doublé 800 – 1500. Sur le 800 mètres, 7 des 8 filles finalistes venant toutes des pays de l’est terminent en moins de 2 minutes.

Elle sera de nouveau  championne olympique à Moscou sur 1500 mètres.

Elle aura couru aussi vite que le finlandais Paavo NURMI, l’idole des années 1920-1930.

Malheureusement, en septembre 1984, son entraîneur refusera qu’elle se soumette à un contrôle anti-dopage. Le doute persiste. Les athlètes russes sont souvent positives à l’EPO. C’est le cas de Olga YEGEROVA qui détient toujours le record d’Europe du 5000 mètres depuis 2001.

Néanmoins, la Russie détient toujours un record du monde féminin en demi-fond, le 3 000 mètres steeple. Il est la propriété de Goulnara SAMITOVA-GALKINA qui a réalisé à Pékin en 2008 un temps de 8 minutes 58 secondes 81, première femme sous les 9 minutes.

La roumaine Gabriella SZABO et plus près de nous l’anglaise Paula RADCLIFFE, recordwoman du monde du marathon ont tenté de s’imposer dans ce bloc russo-chinois. Aujourd’hui, les éthiopiennes emmenées par la star Tirunesh DIBABA dominent le fond et le cross-country au niveau international.

Semaine du 07/12

Il est bon  de rappeler  cette semaine les grands coureurs de 1500 mètres. Ce qui les unit est une étrange facilité qui ne trahit aucun effort, une forme d’art qui se dégage de leurs attitudes mais parfois le chemin le plus court vers des drames.

Sans conteste, il nous faut parler d’abord du kenyan  Kipchoge KEINO, vainqueur du 1500 m de Mexico 1968, coureur très instinctif qui est devenu un dieu vivant au même titre que l’américain Jim RYUN son contemporain, surnommé « l’archange du demi-fond »

KEINO est né en 1940 dans la vallée du Rift dans l’ethnie kalendjin. Ayant perdu très jeune ses parents, il vit alors avec son oncle. Il entre ensuite dans la police kenyane et découvre la course à pied. Il a appris à courir en courant.

5ème du 5 000 mètres de Tokyo en 1964, juste derrière Michel JAZY, KEINO remportera en 1972 le 3 000 mètres steeple de Munich. Sa carrière athlétique terminée, il profite de sa notoriété pour créer un orphelinat. La course à pied, la plus importante des choses secondaires.

Ensuite émerge le britannique Sébastien COE, double vainqueur du 1500 de Moscou 1980 et Los Angeles 1984, appelé le « Nijinski » des pistes. C’est la période anglaise de domination du demi-fond mondial (800 – 1 500). C’est son père Peter COE qui s’est attaché à modeler son profil de coureur, privilégiant la vitesse à la quantité de travail.

C’est un coureur danseur, l’archange du demi-fond. Dossard 259, on le voit ici dans le 1500 de Los Angeles

http://www.youtube.com/watch?v=KupBT6XdC2c

A l’époque (1978-1985) la rivalité est au maximum entre COE et son compatriote Steve OWETT.

Les deux hommes ne s’apprécient guerre. Dans le 1 500 mètres de Los Angeles, OWETT, terrassé par une crise d’asthme laisse filer COE qui lui aussi n’aura pas été épargné par les maladies.

COE deviendra plus tard  juriste, député conservateur, porteur de la candidature de Londres 2012, qui a éliminé Paris de la compétition olympique. Toujours aussi d’attaque. On aime ou on déteste COE.

L’actuel recordman du monde du 1500 m, le marocain Hicham EL GUERROUJ fait partie de ses coureurs danseurs.

A l’opposé, certains grands champions du demi-fond sont des coureurs plus puissants.

Un australien de 22 ans Herbert ELLIOTT remporte l’or du 1500 mètres aux jeux de Rome 1960 devant le français Michel ZAZY. C’est un coureur précoce, qui se conduit comme un être primitif, se battant avec les épaules et le cœur autant qu’avec ses jambes. Il renonça à l’athlétisme un an après. 4 ans après, le double vainqueur olympique  800-1500 de Tokyo est un néo-zélandais Peter SNELL. Doté d’une puissante musculature, il a consacré à sa  préparation physique beaucoup plus d’heures que les autres athlètes. Il est de même de son compatriote John WALKER, grand et puissant, vainqueur du 1500 de Montréal 1976.

Le 1500 m a été souvent le cadre de fameuses rivalités : RYUN-KEINO, COE-OWETT,…et plus près de nous EL GUERROUJ-BAALA. Panache, romantisme, beauté, un peu de tout ça.

Mais derrière le rideau de la scène, beaucoup d’entraînement, de répétitions, de sueurs.

L’Histoire choisit toujours ses héros et ses martyrs et il arrive que certains endossent les deux rôles.

Jules LADOUMEGUE, pionnier du demi-fond français, est de ceux-là.

Il est né le 10 décembre 1906 à Bordeaux.

Ainsi, avant même qu’il ne soit né, Jules LADOUMEGUE perd son père qui était contremaître sur les docks de Bordeaux. Il est écrasé sous une énorme masse de bois en voulant prêter main forte à des ouvriers. Dix-sept jours après sa naissance, Jules LADOUMEGUE est privé de sa mère, brûlée vive chez elle. Une existence qui s’ouvre dans la tragédie. Recueilli par un oncle et une tante, il vit d’abord dans l’ignorance du drame qui a frappé sa famille. Quand il est en âge de savoir, la guerre de 14-18 le sépare de son père adoptif.

A 12 ans, il quitte l’école communale et devient apprenti jardinier dans les plantations en bordure de l’hippodrome de Talence, près de Bordeaux. Garçon maigre, aux longues jambes, il se met à aimer la course à pied. LADOUMEGUE 1,71 m, 60 kg,  prend comme modèle le champion de l’époque, le finlandais Paavo NURMI. Il devient rapidement international et en 1928, aux jeux olympiques d’Amsterdam, il laisse échapper la médaille d’or en attaquant prématurément.

Il apprend donc la patience mais il est d’une sensibilité de cristal : rien n’est plus affligeant que son état dépressif avant une course.

Il traverse des périodes de doute mais il devient néanmoins le 5 octobre  1930 le premier homme sous les 3 nm 50 secondes au 1500 (3 mn 49 secondes 2) en battant le record de NURMI. C’est une révolution. Avec son surnom Julot, il devient une star adulé du public. L’écrivain Jean GIRAUDOUX l’admirait.

Et puis catastrophe. Le 4 mars 1932, à quelques mois des jeux de Los Angeles dont il est le grand favori, il est disqualifié par la fédération française et l’instance internationale  pour professionnalisme, ayant enfreint l’amateurisme en obtenant des sommes d’argent. Il est radié à vie. Il verra tomber ses records sans pouvoir les défendre. Requalifié en 1943, Jules LADOUMEGUE est alors âgé de 37 ans. Trop tard pour reprendre le fil d’une carrière brisée. Il deviendra un journaliste sportif de grand talent, très apprécié à la radio. Il s’éteint en 1973.

Sympathique ce Julot, ici dans la fameuse émission « la tête et les jambes » où l’on retrouve Roger COUDERC du Parc des princes, non pas pour du rugby mais pour de l’athlétisme.

http://www.ina.fr/video/I00011354

« Où c’est qu’il est le cœur de tout ça ? Est-ce que c’est le cœur qui pompe, fait circuler tout ça ?

Le cœur de tout ça, il est au fond du ventre, dans les muscles du ventre. Ce sont les mêmes muscles du ventre qui, pressant boyaux et poumons, nous servent à déféquer ou à accentuer la parole. Faut pas faire les intelligents, mais mettre les ventres, les dents, les mâchoires au travail. »Valère NOVARINA dans Lettre aux acteurs.

 

Semaine du 30/11

Retour cette semaine sur l’ancienne icône de l’athlétisme de la RDA.

Marita KOCH est étudiante en médecine quand elle étonne le monde de l’athlétisme en devenant la première femme à courir un 200 mètres en moins de 22 secondes. Nous sommes en 1979 dans le stade fétiche de l’Allemagne de l’est de l’époque, le Karl-Marx-Stadt et ses jeux appelés Spartakiades.

Elle ne sera pourtant pas la première femme sous la barre des 48 secondes au 400 mètres. C’est la tchèque Jarmila KRATOCHVILOVA, 1ère championne du monde à Helsinki en 1983 qui réalisera le temps de 47 secondes 99. 

La consécration pour Marita KOCH viendra en 1985, à Canberra, en Australie. Privée des jeux olympiques de Los Angeles 1984 à cause du boycott des pays du bloc communiste, elle prend une éclatante revanche en s’imposant dans le chrono de 47 secondes 60.

Cette course va donc faire l’histoire.

http://www.youtube.com/watch?v=WgtI9vIfxtw

C’est toujours aujourd’hui  la meilleure marque mondiale, loin devant le temps de Marie Jo PEREC (48 secondes 25) réalisée à Barcelone, aux Jeux olympiques de 1992.

Marita KOCH est née le 18 février 1957 à Rostock, en RDA. Repérée à 14 ans par son entraineur Wolfgang MEIER, elle deviendra championne olympique du 400 mètres à Moscou en 1980.

En 1987, torturée par des tendons douloureux, elle raccrocha et se maria ensuite avec son entraîneur, celui-là même qui tenta de relancer Marie Jo PEREC pour les jeux de Sydney 2000.

KOCH  fait partie des sportives de la République démocratique allemande qui dominèrent l'athlétisme féminin mondial lors des années 1970 et 1980 au même titre que les sprinteuses Renate STECHER et Marlies GOHR qui valent dans les années 1973-1980 moins de 11 secondes au 100 mètres. Le sprint féminin est pris dans un tourbillon auquel rien ne résiste. La RDA affirme son existence au niveau international grâce au sport, l’athlétisme, la natation, le cyclisme sur piste.

La RDA appelée Allemagne de l’Est, territoire de 108 000 km2 pour une population de 16 millions d’habitants, est un ancien état européen socialiste, créé le 7 octobre 1949 par les communistes allemands inféodés à l’URSS à partir de territoires que l’Armée rouge occupait en Allemagne, en réponse à la transformation de la tri-zone en République fédérale d’Allemagne par les puissances occupantes occidentales. L’effondrement du Bloc de l’Est en 1989 entraîne la disparition de la RDA qui est absorbée par l’Allemagne fédérale le 3 octobre 1990.

Après la chute du mur de Berlin, on a découvert que la RDA avait étatisé le dopage de ses athlètes, et ce, de 1968 jusqu'en 1989. Les athlètes vont donc devenir des cobayes, et les conséquences seront terribles pour plus de 10 000 d'entre eux: des cancers, des maladies chroniques, des malformations, des dépressions et une mortalité précoce.  Le voile se lève sur les archives de la STASI, la police politique de l’ex-RDA.

Une athlète féminine a poursuivi néanmoins sa carrière et s’est maintenue au plus haut niveau plus de dix ans après la chute du mur. Il s’agit de la sauteuse en longueur Heike DRECHSLER, double championne olympique, championne du monde en 1983, à l’âge de 18 ans, championne olympique en 2000 à Sydney, à l’âge de 35 ans…A-t-elle utilisé des produits dopants ? Elle s’excusera publiquement après les révélations d’un professeur sur sa prise de produits dopants dans les années 1980. Elle est la compagne du décathlonien français Alain BLONDEL qui fut son dernier entraîneur.

Le dopage. Il est à la mode à la fin des années 1980 malgré les contrôles inopinées qui ont précipités la chute de Ben JOHNSON disqualifié du 100 mètres de Séoul 1988 pour une prise de stéroïdes et d'anabolisants.

Il a sans doute entraîné aussi la mort prématurée de la star des jeux de Séoul, la sprinteuse américaine  Florence GRIFFITH-JOYNER, actuelle détentrice des records du monde du 100 et 200 mètres féminin et pourtant jamais contrôlée positive. Elle déclarait lors des sélections américaines de 1988 : « Notre but était de prouver que les Américaines pouvaient être largement supérieures aux Allemandes de l'Est ».

Et que dire des lanceurs, ceux du poids de l’ex-RDA comme Ulf TIMMERMAN et Udo BEYER. Plusieurs fois recordman du monde du lancer du poids, TIMMERMAN est en outre le premier lanceur à franchir la barre des 23 mètres (23 m 06). Il est également champion olympique toujours lors des jeux Olympiques de 1988 à Séoul devançant Randy BARNES, l’actuel recordman du monde (23 m 12) dans l'un des concours les plus relevé de l'histoire. Et pour cause…

D'énormes suspicions de dopage portent sur les performances des chinoises, précisément  la chinoise  Melle Junxia  WANG comme sur celles de nombreux sportifs chinois au cours de la décennie 1990-2000. Dans la province du Liaoning, son entraîneur avait formé une équipe de coureuses de demi-fond exceptionnelle. À base de "soupe de sang de tortue à carapace molle" et d'une discipline de fer, digne des troupes d'élite, ses athlètes vont réussir des performances extraordinaires.

Melle WANG détient aussi et toujours le record du monde féminin du 10 Km ainsi que celui du 3 000 mètres en 8 min 06 s 11 réalisée en 1993. C’est bien de décortiquer sa foulée mais aussi de voir le port de tête, la ligne d’épaule. Même si c’est dopé, c’est parfait dans la mécanique. On peut et on doit s’en inspirer.

http://www.youtube.com/watch?v=PrFfqG92HJk

Aujourd’hui, WANG vit aux E-U après avoir quitté la Chine.

Marita KOCH est donc bien l’ icône de l’ex-RDA au même titre que ces jeunes femmes, ces jeunes « wundermädchen » préparées, sculptées et modelées pour battre des records du monde. Et il faudra une gazelle de la classe de Marie Jo PEREC pour mettre fin au début des années 1990 au règne des lionnes. A Tokyo, aux championnats du monde de 1991, la guadeloupéenne remporte le 400 et renvoie à la retraite les Gritt BREUER ou autre Katrin KRABBE, représentantes d’un autre monde.

Comme le dit GT di LAMPEDUSA dans le guépard, « si nous voulons que tout continue, il faut d’abord que tout change ». Même s’il n’y a pas eu de nouveaux records du monde sur le tour de piste féminin, il y a eu néanmoins émergence de fortes personnalités, représentantes de peuples autochtones (Marie Jo PEREC pour les Antilles, Cathy FREEMAN pour les aborigènes, premiers habitants de l’Australie)

« En dehors de cette époque du réséda, le beau temps ici n’est pas gai ; il n’est pas triste non plus, il est autre chose… » Jean GIONO, dans Ennemonde et autres caractères.

Semaine du 23/11

Comme la saison des cross débute, je vous ai mis le maître de la discipline, l’éthiopien Kenenisa BEKELE, 5 fois champion du monde. Ici, en 2008, à Edimbourg en Ecosse. Boue et petites  montées

http://www.youtube.com/watch?v=pOGQm4TATic

Kenenisa BEKELE est le toujours actuel recordman du monde  du 5 000 m (12 min 37 s 35) et du 10 000 m (26 min 17 s 53). Comme quoi, le cross est bien la meilleure école pour progresser sur la piste et sur route, le printemps venant. On dira que le cross est une des disciplines les plus difficiles.

BEKELE devient le sixième athlète à réussir le doublé 5 000 et 10 000 lors de Jeux olympiques  de Pékin 2008 après  Hannes KOLEHMAINEN (1912), Emil ZATOPECK (1952) Lasse VIREN (1972 et 1976), Volodymyr KUTS (1956)  Miruts YIFTER (1980). Suivra ensuite Mohamed FARAH (Londres 2012).

Pourtant rien n’a été facile pour lui. Le 4 janvier 2005, lors d'un camp d'entrainement près d'Addis-Abeba, Kenenisa BEKELE effectue un footing en compagnie de sa fiancée. Cette dernière s'effondre  et décède d'un arrêt cardiaque dans la voiture sur la route de l'hôpital. BEKELE fait le deuil en s’entraînant encore plus.

Le 6 avril 2014, après avoir tout gagné,  il est monté sur le marathon en participant au marathon de PARIS qu’il remporte en 2 heures, 5 minutes et 3 secondes, nouveau record de l'épreuve.

Aujourd’hui, L’Ethiopie est à la recherche de son nouvel empereur. BEKELE a succédé au grand   Hailé GEBRESELASSIE, Miruts YIFTER, Mamo WOLDE (vainqueur du marathon de Mexico 1968) dans la galerie des portraits ou des légendes.

Néanmoins, s’il existe une référence pour tous les éthiopiens, c’est bien BIKILA, vainqueur du marathon de Rome 1960, premier coureur originaire d’Afrique noire à  remporter un marathon olympique

Au 30ième kilomètre de marathon romain, cet éthiopien, inconnu au moment du départ, courant pieds nus, portant le dossard numéro 11 sur un maillot vert olive, est toujours sur les talons du vaillant marocain Ben Abde RHADI. Mieux même, sur la fin, il passe en tête et lâche le marocain en réalisant un temps incroyable : 2 H 15 mn 16 soit 8 minutes de mieux que le record de l’époque détenu par la légende Emil ZATOPECK.

On apprend qu’il se nomme Abebe BIKILA, qu’il est âgé de 28 ans et qu’il est sergent de la garde du négus après avoir été berger. Il est  marié, 4 enfants, 1 m 75, 55 kg, court seulement depuis 3 ans et a été découvert par un entraîneur suédois.

Pour en revenir à cet entraîneur du nom de Onni NISKANEN, c’est en 1959 alors qu’il résidait en Ethiopie qu’il repéra BIKILA et devint son entraîneur. Tout en étant responsable de la croix rouge suédoise, NISKANEN avait comme passion la course à pied. Il n’avait pas son pareil pour flairer le talent d’un coureur : BIKILA, un joyau à l’état brut. Il s’agissait d’un coureur exceptionnel. Il n’était jamais fatigué et éprouvait rarement le besoin de boire un verre d’eau après une séance d’entraînement…Et pourtant, les entraînements avaient lieu en altitude.

La légende était en marche : l’homme capable de courir du lever au coucher du soleil.

A Rome, BIKILA a déclenché son attaque au 41ième kilomètre, en légère pente, au niveau de l’arc de Constantin et gagne son premier marathon, sous l’arc de Triomphe, là même où 25 ans auparavant MUSSOLINI lançait ses troupes à l’assaut de l’Ethiopie.

Cette course va donc faire l’Histoire…

Après la découverte surprise du phénomène BIKILA lors des jeux Olympiques de Rome, il paraît logique de le mettre favori lors de jeux olympiques de Tokyo en 1964.

Pourtant, certains évènements ne plaident pas en sa faveur. A la suite d’une révolte de palais fomentée par le fils du Négus, le sergent-major BIKILA est jeté au cachot pendant plusieurs mois. Il y serait mort si la clémence impériale, qui lui avait déjà évité la corde, n’avait fini par lui rendre raison. Dans ce lamentable complot, obéissant sans discernement, il n’avait été effectivement qu’un jouet. Ensuite, 35 jours avant le départ du marathon, il fut opéré d’une appendicite et resta dix jours sans entraînement.

Quoi qu’il en soit, BIKILA a beaucoup changé entre les 2 marathons olympiques. Il a d’abord appris à lire et à écrire, et puis maintenant il court avec des chaussures.

Ce coup du sort ne le décourage pas. Cinq semaines plus tard, il remporte son second marathon olympique en 2 H 12 mn 11 distançant l’anglais Basil HEATLEY de plus de 4 minutes, ce dernier doublant à quelques mètres de l’arrivée le japonais Kokichi TSUBURAYA qui ne se remettra jamais de cette mésaventure, allant jusqu’à se donner la mort en janvier 1968.

 

En 1968, à Mexico, à 36 ans, BIKILA tente un impossible triplé mais il ne peut terminer l’épreuve remportée très largement par son compatriote Mamo WOLDE.

 

Quelque mois plus tard, il est relevé inanimé, au bord d’une route poussiéreuse, près d’Adis-Abeba. Sa voiture s’est retournée. BIKILA est transféré en Grande-Bretagne sur l’ordre d’Hailé SELASSIE, le négus. On tente de lui cacher, pour un temps, le terrible diagnostic : fracture de la colonne vertébrale. L’homme qui pouvait courir 50 km sans fatigue, sans être essoufflé, ne pourra plus marcher. Il meurt le 25 octobre 1973 d’une hémorragie cérébrale. Il avait 41 ans.

Les victoires olympiques de BIKILA ont plus fait pour son pays l’Ethiopie et pour l’Afrique des hauts plateaux que bien des événements historiques récents.

Mais si on aime l’Ethiopie, pays de la Corne de l’Afrique, 85 millions d’habitants sur un territoire 2 fois grand comme la France, ses petits coureurs verts à l’accélération brutale, ses jeunes filles qui gagnent toutes les compétitions mondiales sur 5 000 et 10 000, sa capitale Addis-Abeda située à 2 500 mètres d’altitude, on ne peut oublier la mémoire obscure de la tragédie éthiopienne.

En 1974, une junte militaire se réclamant du marxisme a renversé le négus Hailé Sélassie. Les éthiopiens y ont vu un espoir d’évolution radicale de l’Afrique et la fin du féodalisme, la mise en échec de l’impérialisme, comme on disait si bien en Europe. Mais on y découvre aussi la réalité d’une terreur  qui brise des idéaux. Cette période militaire s’achèvera en 1991.

Entre temps, la famine de 1984 aura sévi mais nous nous sommes tous mobilisés pour l’Ethiopie à travers la chanson-culte de 1985.

De plus, l’Ethiopie, sans accès à la mer,  est aujourd’hui presque toujours en guerre depuis que l’Erythrée, une ancienne province,  a fait sécession et est devenue indépendante en 1993 sans oublier les guerres de factions à l’intérieur du pays.

Et pour finir, rien de mieux que ce Reggae éthiopien, tout droit sorti des entrailles d’Addis-Abeba.

http://www.youtube.com/watch?v=bLg4j4gMzqA

Quelque chose qui vous donne de l’énergie. East Africa is the most beautifull part of Africa

J’oubliais : Pourquoi BEKELE se retourne-t-il sans cesse ?

 

Semaine du 16/11

Les jeux de Barcelone en 1992 sont marqués par le grand retour de l’Afrique du Sud, écartée du concert sportif international depuis 1964 en raison de sa politique d’apartheid.

En finale du 10 000 mètres féminin, la victoire se joue justement entre Elana MEYER, une sud-africaine blanche et Derartu TULU, une éthiopienne noire. Tout un symbole.

Elana MEYER imprime une forte cadence et seule l’éthiopienne s’accroche. Mieux, juste avant le dernier tour, TULU double MEYER, accélère et s’impose avec 30 mètres d’avance. Elle devient la première athlète d’Afrique noire championne olympique. Les deux femmes tombent alors dans les bras l’une de l’autre et font un tour d’honneur. Cette image a marqué les esprits.

http://www.youtube.com/watch?v=qwPVaHzxnm4

Cette course va donc faire l’Histoire…Et que dire de la musique de Michael Clayton qui l’accompagne.

Elana MAYER supplante en 1992 une autre sud-africaine Zola  BUDD, la coureuse aux pieds-nus, qui apparaît sur la scène internationale en 1984 en battant le record du monde du 5000 mètres. Zola BUDD participera aux jeux olympiques de 1984 sous les couleurs du Royaume-Uni. En finale du 3000 mètres, Zola BUDD fait tomber la favorite américaine Mary DECKER et finit 7ème de la course sous les huées du public américain.

De son côté, Derartu TULU, la reine de Saba, inaugure le triomphe féminin éthiopien sur le fond avec l’avènement de stars comme sa cousine Tirunesh DIBABA, double championne olympique 5000-10 000 à Pékin 2008, actuelle détentrice du record du monde du 5 000 en 14 minutes 11 secondes 15 ou Meseret DEFAR

Symbole de la fin de l’apartheid : le petit sud-africain Josiah THUGWANE gagne le marathon d’Atlanta 1996 en 2 H 12 minutes 36 secondes devançant de 3 secondes le sud-coréen Bong-Ju LEE  et de 8 secondes le kenyan Eric WAINAINA.  L’espagnol Martin FIZ, champion du monde en titre finit 4 ème.

Jamais en un siècle, les écarts n’avaient été aussi minces à l’issue d’un marathon olympique.

Josiah TUGWANE, 25 ans,  1 m 58, 45 kg, lunettes de triathlètes, a renforcé la fierté et la confiance de la nation sud-africaine, un an après la victoire en rugby des Springboks à l’Ellis Park de Johannesburg devant les All Blacks néo-zélandais

Il est né le 15 avril 1971 à Béthal, à 200 kilomètres à l’est de Johannesburg, la plus grande ville du pays. Il n’a pas échappé durant son enfance à un destin de mineur de charbon. Il aime le football. Il ne fréquente pas l’école, il ne sait ni lire, ni écrire mais sa volonté et son assiduité à s’entraîner en solitaire à la tombée de la nuit autour des sites industriels de son quartier intrigue un anglais Tony LONGHURST qui s’intéresse à l’athlétisme et qui deviendra son entraîneur. TUGWANE comprend très vite qu’il peut vivre de la course à pied.

Le rêve olympique a bien failli s’évanouir au mois de mars 1996. Alors qu’il rentrait chez lui en camionnette, il s’arrête pour prendre trois auto-stoppeurs, en fait des malfaiteurs qui en veulent à son véhicule. TUGWANE oppose une résistance à ses agresseurs mais ces derniers lui logent une balle dans la mâchoire et le laissent pour mort sur le bord de la route. Rétabli, il rejoindra Atlanta après un passage dans un camp d’entraînement au Mexique, à 1 500 mètres d’altitude.

L'Afrique du Sud est un pays grand comme 2 fois la France, de 50 millions d’habitants [ ]répartis en 80 % de Noirs, 10 % de Blancs, 10 % de Métis et d’asiatiques ; capitale : Pretoria[]

L'Afrique du Sud est souvent appelée « nation arc-en-ciel », notion inventée par l'archevêque Desmond TUTU pour désigner la diversité de la nation sud-africaine. C’est sa grande chance. Et tout un symbole avec l’équipe de rugby championne du monde de rugby 1995 à l’Ellis Park de Johannesburg.

Mais il se dit aussi que depuis 1994, plus d’un demi-million de blancs ont quitté le pays.

On se souvient en 1976 des émeutes de Soweto contre l’enseignement obligatoire en afrikaans. Le gouvernement déclare l’état d’urgence.

En 1990, le nouveau président sud-africain Frédérik De KLERCK légalise l’ANC, le parti communiste sud-africain et tous les mouvements noirs. Nelson MANDELA est libéré.

En 1991, le gouvernement abolit les dernières lois de l’apartheid. Les premières élections multiraciales de l'histoire du pays sont remportées par l'ANC. Nelson MANDELA devient le premier président noir du pays.

Si l'Afrique du Sud est la première économie du continent africain représentant un quart du produit intérieur brut de l’Afrique, elle bat néanmoins des records en matière de criminalité : on y compte environ 20 000 meurtres par an, 30 000 tentatives de meurtre, plus de 50 000 viols. Presque tous les habitants d'Afrique du Sud ont une fois dans leur vie fait l'expérience directe de la criminalité et de la violence. L’affaire Oscar PISTORIUS, du nom du premier athlète médaillé parmi les valides, condamné pour le meurtre de sa compagne, est dans toutes les têtes.

Y aurait-il un rêve trahi de l’Afrique du Sud. L’auteur sud-africain André BRINK, prix Médicis étranger 1980 pour «  une saison blanche et sèche »  réaffirme son droit et sa volonté de continuer à vivre en Afrique du Sud : « nous nous sommes assimilés par près de quatre siècles de vie sur ce continent, et qu’en retour nous avons assimilé ces siècles dans nos os et notre sang : les rythmes de sécheresse et d’inondation, les famines et l’abondance, les cruautés inhumaines et les meurtres et les privations, les rires et l’amour, la pitié et la générosité. »

 

Semaine du 09/11

Côté athlétisme cette semaine, retour sur Mohamed GAMMOUDI, légende du sport tunisien. Il a remporté quatre médailles aux jeux olympiques dont l’or sur le 5 000 de Mexico 1968 devant le kenyan Kipchoghe KEINO. Beau et vibrant final.

http://www.youtube.com/watch?v=Sfrx0TK7RzY

Cette course va donc faire l’Histoire…Le Maghreb mais aussi les pays de l’est africain entrent dans l’histoire de l’athlétisme.

Mohamed GAMMOUDI est né le 3 avril 1938 à Sidi Aich, près de Gafsa. Au départ, c’est un crossman. Orphelin de père, issu d’une famille de 7 frères, il deviendra moniteur d’éducation physique dans l’armée. Petit gabarit, 1 m 71 pour 64 kg, il a failli créer la surprise en se classant second du 10 000 mètres aux jeux olympiques de Tokyo en 1964.

Pour mémoire, le premier du 10 000 mètres de TOKYO 1964 est un inconnu, un américain, un indien sioux, Bill MILLS. Quant au 3ème ,  il s’agit de l’australien Ron CLARKE, l’homme qui dans les années 60 sera de tous les records du monde  mais qui ne sera jamais champion olympique. En courant 50 km par jour, 10 le matin, 10 à midi et enfin 30 le soir après sa journée de travail, Ron CLARKE excellait à courir contre lui-même mais il ne savait pas courir contre les autres lors des grands rendez-vous. Il restera dans l’histoire comme celui qui a franchi la barre des 28 minutes au 10 000 (27 minutes 39 secondes 4 le 14 juillet 1965 à Oslo)

Le jour de gloire de GAMMOUDI est donc sa victoire sur 5 000 mètres à Mexico devant le kenyan KEINO. Le Président BOURGUIBA l’élève au grade de lieutenant.

En 1972, GAMMOUDI chute à mi-course dans l’épreuve du 10 000 et abandonne. Le vainqueur est le finlandais Lasse VIREN qui avait aussi connu la chute.

Dans le 5000 mètres, le tunisien remporte la médaille d’argent, battu au sprint par VIREN, le plus grand coureur de fond de son époque. GAMMOUDI  ne participera pas aux jeux de Montréal 1976 en raison du boycottage par les pays africains de la présence de sportifs sud-africains.

A la fin de sa carrière, GAMMOUDI exercera de hautes responsabilités au sein de la fédération tunisienne.

La Tunisie est un  pays de 10 millions d’habitants, coincée entre l’Algérie à l’ouest et la Libye à l’est ; 40 % de son territoire est dans  le désert du Sahara.

Elle est devenue indépendante en 1956.

Elle a connu en janvier 2011 une révolution portée par une jeunesse éduquée mais au chômage. C’est  la révolution du Jasmin qui a eu raison de son président BEN ALI qui avait succédé en 1987 à BOUGUIBA.

La Tunisie a donné  une autre figure au monde arabe. Il s’appelle Mohamed BOUAZIZI. C’était un jeune homme d’une ville où les touristes ne vont pas, Sidi Bouzid. Il s’est donné la mort. Il était bachelier mais n’avait trouvé d’autre emploi que vendeur de fruits à la sauvette. Quand la police a démantelé son échoppe de fortune, BOUAZIZI, dans un geste de désespoir et de protestation, s’est immolé par le feu.

En Tunisie, c’est le taekwondo qui est le sport le plus pratiqué derrière le football et loin devant l’athlétisme. Le champion tunisien actuel est un nageur Oussama MELLOULI, champion olympique 2008  du 1 500 mètre nage libre.

En 1968, le monde arabe émerge avec GAMMOUDI qui ouvre la voie aussi aux coureurs marocains et algériens. AOUITA et EL GUERROUDJ suivront l’exemple tunisien.

Les coureurs des hauts plateaux , kenyans et éthiopiens passent aussi à l’offensive à Mexico, remportant 10 médailles dont 4 en or avec KEINO (1 500), TEMOU (10 000), WOLDE (Marathon)  et Amos BIWOTT (3 000 mètres steeple) . Naissance de l’époque actuelle.

Semaine du 02/11

Longtemps l’américain AL OERTER est resté seul. Seul à voir remporté 4 titres olympiques de 1956 à 1968 dans une même discipline (le lancer du disque) avant d’être rejoint en 1996 par Karl LEWIS, quadruple champion olympique au saut en longueur.

http://www.youtube.com/watch?v=rP7ky3IvOLA

Jamais favori avant ses 4 finales olympiques, il a trouvé en chaque occasion l’énergie et le mental pour grimper sur la plus haute marche du podium.

En 1964, à Tokyo, il bat le favori le tchèque Ludvik DANEK qui attendra la fin de l’ère AL OERTER pour devenir champion olympique à Munich en 1972.

En 1968 à Mexico, il surprend le grand favori son compatriote Jay SILVESTER, le concours se disputant sous la pluie.

Alfred Adolf OERTER dit AL OERTER est né le 19 septembre 1936 à Astoria dans l’état de New York. Plutôt sprinter, il est venu au lancer du disque par hasard. Un lanceur maladroit repéré par un entraîneur qui l’amène au premier titre olympique, celui de Melbourne 1956 à l’âge de 20 ans.

Sa participation aux jeux de 1960 à Rome relève du miracle. Le discobole récupère juste à temps d’un grave accident de voiture pour battre le favori, le géant américain Rink BABKA.

AL OERTER, 1 m 92, 125 kg,  restera dans le circuit jusqu’en 1988, date à laquelle il tente encore de se qualifier pour les jeux. A plus de 50 ans. C’est aussi un ingénieur informaticien dans une entreprise d’aviation de New York  Il décèdera en 2007 d’une crise cardiaque.

Il a marqué de son empreinte l’épreuve athlétique (le lancer du disque)  la mieux décrite par les grecs (dans l’Iliade) en usant de stratagèmes, tel que celui-ci issu d’un vieux texte chinois tout droit sorti d’un manuel secret de l’art de la guerre : « couvrir les arbres de fleurs » en d’autres termes : « se servir des circonstances pour déployer toutes ses capacités offensives, en sorte que l’on réussit à donner une capacité de puissance avec des forces réduites ». La surprise est un art qu’il faut savoir exercer avec discernement.

AL OERTER restera dans l’histoire de l’athlétisme plus connu que le toujours recordman du monde de la spécialité, Jurgen SCHULT, l’est-allemand qui a propulsé le disque en 1986 à 74 mètres 08.

En 1988, SCHULT sera sacré champion olympique. Cette même année, lors du dernier match entre l’Allemagne de l’Ouest et l’Allemagne de l’Est, il fit scandale lorsqu’il refusa de serrer la main de Wolfgang SCHMIDT, ancien recordman du monde, qui voulait le féliciter pour sa victoire. SCHMIDT était passé à l’Ouest quelques mois plus tôt. Le comportement de SCHULT lui avait été ordonné par la Direction des sports de la RDA.

Néanmoins, la réunification de l’Allemagne a pu établir des pratiques de dopage. Les anabolisants ont régné en maîtres dans la plupart des lancers des années 1970-1980.

Symbole de la réunification allemande, Lars RIEDEL, né en Allemagne de l’Est, a été quintuple champion du monde à partir de 1991 et champion olympique en 1996 à Atlanta. Il symboliserait un peu plus la prestance que la force. Surnommé le seigneur de l’anneau, rien ne nous est rapporté sur des pratiques de dopage. Pourtant, entre 1988, année où furent instaurés les contrôles inopinés et 1994, les performances ont reculé de 11 % au disque, au javelot, au poids féminin. C’est dire.

Aujourd’hui, la star actuelle est allemande et s’appelle Robert HARTING, champion olympique à Londres 2012, triple champion du monde. Sympathique, le Robert.

Au niveau féminin, le record du monde du disque est toujours détenu depuis 1986 par une ancienne athlète de la RDA, Gabriele REINSCH avec un jet à 76 m 80. Si le disque masculin pèse 2 kg, le disque féminin pèse 1 kg.

La discobole russe Faina MELNIK a fait progresser dans les années 1970 le record du monde de 6 mètres en 5 ans. C’était avant les contrôles inopinés.

Néanmoins, on ne peut jeter l’opprobre  sur des lanceuses qui ont dominé leur époque, jouant plus de la grâce que de la force. C’est le cas de la française Micheline OSTERMEYER, 1 m 79, 73 kg, médaille d’or au lancer du poids (13 m 75) et du disque (41 m 92) aux jeux de Londres 1948. Elle décrochera aussi une médaille de bronze en hauteur. (1 m 61)

http://www.ina.fr/video/I00012144

Micheline OSTERMEYER est née le 23 décembre 1922. Si elle est née en France, elle passe sa jeunesse en Tunisie et apprend le piano. Elle excelle en athlétisme et au basket. Veuve très jeune, elle retourna à son piano et à ses concerts dans lesquels elle interprète FAURE, BRAHMS, DEBUSSY…

Décédée en 2001, elle est immortalisée dans le geste du lancer du disque dans une statue en bronze de Jacques GESTALDER érigée à l’INSEP.

Micheline OSTERMEYER symbolisait la polyvalence en Athlétisme. Aujourd’hui, tout est spécialisation. Quel dommage. La légèreté des pieds ne fait plus bon ménage avec la force des bras.

Au début du 11ème siècle, Adalberon de LAON ne nous disait-il pas déjà  : « Ici-bas, les uns prient, d’autres combattent, d’autres encore travaillent »

Semaine du 26/10

Cette semaine, retour sur le marathon et plus précisément le marathon féminin.

En 1984, aux jeux de Los Angeles, les femmes ont le droit d’avoir leur marathon olympique. C’est donc parti pour une longue histoire.

Comme première image, on ne retiendra pas l’américaine Joan BENOIT qui gagne le marathon de Los Angeles 1984 devant la favorite la norvégienne Grete WAITZ mais davantage la suissesse Gabrielle ANDERSEN-SCHIESS qui va vivre un véritable calvaire lors de son arrivée. Victime d’un coup de chaleur, divaguant, elle effectue le dernier tour de piste en 5 mn 44 secondes avant de s’effondrer dès la ligne franchie.

En 1988, aux jeux olympiques de Séoul, c’est l’apogée pour la portugaise Rosa MOTA dans un temps de 2 H 25 mn 40. Mais, en 1988, il y a toujours suspicion de dopage sur l’allemande de l’est Katrin DOERRE. Sa grossesse intentionnelle s’inscrit dans le but de provoquer une augmentation du volume sanguin et plasmatique entraînant le transport d’une plus grande quantité d’oxygène. Une sorte d’EPO avant l’EPO. Néanmoins, cette suspicion de dopage n’a pu être officiellement prouvée et l’allemande n’a jamais rien avoué.

Mais l’histoire retient dans un premier temps Grete WAITZ, la reine de New York, neuf fois vainqueur du marathon de New York entre 1978 et 1988. La norvégienne est aussi devenue la première femme à couvrir la distance en moins de 2 heures et demie. En 2005, elle annonce publiquement un traitement contre le cancer. Heureuse Norvège qui peut compter aussi sur Ingrid KRISTIANSEN. A Londres, le 21 avril 1985, elle réalise un temps historique de 2 H 21 minutes 6 secondes. Elle détiendra le record du monde de 1985 à 1998.

La première femme à franchir la barre des 2 H 20 mn est la japonaise Naoko TAKAHASHI qui, le 30 septembre 2001, à Berlin réalise 2 H 19 mn 46 secondes, après avoir été championne olympique à Sydney en 2000.  Le Japon est une terre de marathon et cette course très prisée socialement  au pays du soleil levant correspond bien à la culture de ce pays où les qualités d’endurance et d’abnégation sont portées au pinacle.

Enfin émerge la britannique Paula RADCLIFFE, 1m73, 54 kg,  qui est l’actuelle détentrice du record du monde féminin du marathon avec un temps de 2 H 15 mn 25 secondes obtenu lors du marathon de Londres en 2003. Son temps de passage à mi-parcours était de 1 H 8 mn 1 seconde. Inouï.

http://www.youtube.com/watch?v=DLLSKmpMKe4

Cette course va donc faire l’Histoire…

Paula RADCLIFFE est née le 17 novembre 1973 à Northwich dans le Cheshire. Elle débute la course à pied bien que souffrant d’asthme et d’anémie. C’est au départ une spécialiste du cross-country avant de passer à la route. Elle va fréquenter la même université que Sébastien COE.

Paula RADCLIFFE est la grande favorite des jeux d’Athènes 2004 mais elle craque, abandonnant au 35ème kilomètre, laissant la victoire à une japonaise Mizuki NOGUCHI devant la kenyane Catherine NDEREBA.

Blessée lors des dernières grandes confrontations, elle se donne comme objectif de remporter le marathon de Londres 2012 chez elle. Peine perdue et Fin de carrière.

L’actuel record de France est la propriété de Christelle DAUNAY en 2 H 24 mn 22 secondes, amélioré le 11 avril 2010 au marathon de Paris. Christelle DAUNAY magistrale au dernier championnat d’Europe de Zurich devançant l’italienne Valéria STRANEO, vice-championne olympique. Christelle, en route pour RIO de Janeiro 2016. A plus de 40 ans, elle peut s’inspirer de la roumaine Constantina TOMESCU  qui a remporté à l’âge de 38 ans le marathon des Jeux de PEKIN 2008 devant les kenyanes et les chinoises. En effet, sur le marathon, même au plus haut niveau, l’âge et l’expérience deviennent un avantage.

Dans cette histoire du marathon féminin, il ne faut pas oublier comme d’habitude l’Afrique, plus précisément les kenyanes et les éthiopiennes. Ces pays acceptent de mieux en mieux l’idée de la femme coureuse. Pendant longtemps, les hommes ne toléraient pas l’idée qu’elles courent en short. Elles devaient être courageuses pour s’entraîner. Tegla LOROUPE et Catherine NDEREBA sont devenus des stars au Kenya et l’attrait du gain bouleversent les traditions les plus ancrées.

Il est bien loin le temps où en cette matinée d’octobre 1972 se présentent sur la ligne de départ du marathon de Neuf-Brisach en Lorraine 3 femmes : une allemande venue en voisine, une américaine qui avait participé au réputé marathon de Boston quelques années auparavant, déguisée en homme, et enfin, une française du nom d’Ingrid SCHOVING, sans doute la première marathonienne française.

Le marathon féminin : une histoire récente, en construction, des continents à découvrir, une géopolitique… Jean Giraudoux ne disait-il pas : «  Ce sont les nations qui ont les meilleurs coureurs à pied qui sont arrivées les premières aux pôles »

Derrière tout cela, et aujourd’hui plus qu’hier cette question : Pourquoi nous ne nous lassons jamais de courir ? Sans doute pour supporter notre existence, se mettre en phase avec le sacré de son être. Sans ça, on meurt. On a besoin d’être en contact avec la nature. On se protège avec la beauté des choses.

Semaine du 19/10

Côté Histoire de l’athlétisme cette semaine, je vous mets un lien sur le 10 000 mètres des JO de BARCELONE 1992.

C’est le marocain Khalid SKAH, 4 fois champion du monde de cross qui l’emporte avec une régularité de métronome au bout des 25 tours ; les tours de piste sont avalés à la même vitesse (1 mn à 1mn 05 le tour). C’est toujours intéressant de voir courir des champions. Le commentaire est ici en espagnol. Bon commentaire. Toutes les nations sont représentées : Mexique, Italie, Maroc et Kenya bien sûr.

http://www.youtube.com/watch?v=KYiDb8OWGog

Seule ombre au tableau, Hammou BOUTAYEB, l’autre marocain ayant pris un tour, semble vouloir aider SKAH dans sa quête olympique et surtout gêner le jeune kenyan de 18 ans Richard CHELIMO. Confusion à l’arrivée, SKAH est déclassé devant la réclamation kenyane et tard dans la soirée, rebondissement il est de nouveau sacré champion olympique. Lors de la remise des médailles, SKAH est hué tandis que CHELIMO est ovationné. Peut-être un juste retour des choses.

Un an avant, aux  mondiaux 1991 de Tokyo, CHELIMO sert de lièvre à son compatriote Moses TANUI qui obtient l'or aux dépens de Khalid SKAH. Faut-il y voir une revanche ? A l’époque, opposition de 2 nations de chevaux légers : le Maroc et le Kenya

Fin de carrière pour les 2 athlètes : SKAH ensuite perturbé par des ennuis familiaux, CHELIMO rattrapé par l’alcool et qui meurt à l’âge de 29 ans en 2001 d’une tumeur au cerveau.

Mais on aime la vie, toujours aux JO de Barcelone 1992, avec une  vidéo sur le final du 5 000 mètres : Eblouissant non ces 200 derniers mètres. Appréciez les commentaires dans la langue de Goethe.

http://www.dailymotion.com/video/xsdunl_dieter-baumann-wins-in-5000m-barcelona-1992_sport

L’allemand Dieter BAUMANN, vainqueur du 5 000 de Barcelone 1992 est en effet appelé le Kenyan blanc. Pour la petite histoire, il remporte le 5 000 en 13 mn 12 s  52 devant le kenyan BITOK en 13 mn 12 s  71, l’éthiopien BAYISA en 13 mn 13 s 03 et le 4ème le marocain BOUTAYEB en 13 mn 13 s 20. Excuse du peu, 75 centièmes d’écart entre le 1er et le 4 ème. BOUTAYEB, celui du 10 000 et  qui n’est  donc pas un inconnu.

En 2000 Dieter BAUMANN est testé à la nandrolone et suspendu 2 ans. Fin de carrière

Et bien non. BAUMANN  revient en 2002 lors des Championnats d'Europe d'athlétisme  à MUNICH pour remporter une  médaille d'argent sur 10 000 mètres à l'âge de 37 ans.

Il nous remet en mémoire la phrase célèbre de Giuseppe Tomasi di Lampedusa (dans le Guépard) : « si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change »


Semaine du 12/10

Côté athlétisme, cette semaine, retour sur la naissance du Fosbury Flop, une révolution pour le saut en hauteur.

En ce 20 octobre 1968, lors des jeux olympiques de Mexico, dans le fameux stade Aztèque, personne n’imagine qu’un inconnu de 21 ans, Dick FOSBURY, va entrer dans l’histoire en remportant le concours du saut en hauteur, réalisant 2 m 24 mais surtout en révolutionnant la technique de saut, renvoyant à l’histoire le traditionnel saut en ventral.

Le fosbury vient de naître. Ce saut va donc faire l’histoire…

http://www.youtube.com/watch?v=VSXLS5sRCFM

 

FOSBURY, 1m93, 83 kg, devient avec le sauteur en longueur Bob BEAMON une légende des jeux de Mexico.

Et pourtant, une fois son exploit accompli, FOSBURY ne reviendra plus sur un sautoir. Il retrouve son métier d’ingénieur des travaux publics et sa vie familiale à Sun Valley dans l’état de l’Idaho.

Dick FOSBURY est né en 1947 dans l’Oregon, à Portland, d’une mère secrétaire et d’un père cadre commercial. Au lycée, il découvre l’athlétisme, le saut en hauteur et expérimente le rouleau dorsal qui sera plus tard sa marque de fabrique. Réquisitionné pour rejoindre les forces armées dans la guerre du Vietnam, il est réformé pour raison médicale. En fait,  le patriotisme n’est pas son fort.

Cette technique de saut qui a marqué un avènement dans le monde du saut en hauteur a été rendue possible grâce à la présence de matelas qui ont remplacé les bacs à sable pour la réception de l’athlète et de la piste en tartan, lors de la prise d’élan.

Pourtant, en 1968, FOSBURY n’est pas propriétaire du record du monde. Avec 2 m 28 réalisé en 1963, il appartient au légendaire russe Valéry BRUMEL, adepte de la technique du rouleau ventral.

Médaille d’argent à Rome en 1960, vainqueur en 1964 à Tokyo, Valéry BRUMEL est victime en 1965 d’un grave accident de moto, subissant de multiples opérations. Il ne retrouvera jamais son niveau d’antan. Une trajectoire brisée pour ce fils de géologues, originaire de Sibérie qui mit fin dans les années 1960 à l’hégémonie américaine. Pour Robert PARIENTE, « avec le recul du temps, la personnalité de BRUMEL  prend l’importance d’un mythe ; il devient une sorte de James DEAN ou d’Humphrey BOGART du saut en hauteur, auquel on se réfère sans cesse »

Une parenthèse et une occasion est donnée ici de signaler l’ouvrage de Robert PARIENTE : la fabuleuse histoire de l’athlétisme, 900 pages, Edition de la Martinière

http://www.ina.fr/video/CPC96001244

 

Autre absent de Mexico, le chinois NI-CHIH CHIN, à l’époque à 1 cm de BRUMEL. En 1966, il est pris dans le tourbillon de la révolution culturelle chinoise.

L’histoire est en marche. Tout le monde devient petit à petit «  fosburyste ». C’est le cas de l’américain Dwight STONES qui franchit en juillet 1973 à Munich la barre mythique de 2m30 en fosbury après avoir alterné avec des sauts en ventral. STONES, enfant prodige, est venu à l’athlétisme en suivant à la télévision un exploit de BRUMEL. Le saut en hauteur et l’identification à un maître comme conduite de vie mais aussi comble d’un manque pour ce californien qui a grandi solitaire, entourée de sa seule mère.

Deux fois médaillé de bronze à Munich et Montréal, STONES connu pour son ego surdimensionné est aujourd’hui un commentateur de télévision.

Pour Robert PARIENTE, « le saut en hauteur a toujours été une succession de bonds dans l’inconnu, de coups de théâtre, de traits de génie, de répliques tranchantes dans un dialogue Est-Ouest qu’on veut alors croire, celui de la détente ».

En effet, en 1977, en réalisant 2 m 33, l’ukrainien Vladimir YASHCHENKO confirme qu’il est un nouveau BRUMEL, s’inspirant de sa technique. Les russes n’abdiquent pas.

Les Etats-Unis répliquent. Ils lancent un fosburyste Franklin JACOBS dit « le nain » 1m73 seulement et capable de franchir des barres à 2 m 32, soit 59 centimètres supérieure à sa propre taille.

La course au record du monde est lancée. Quelle frénésie. La route vers les 2m40 est ouverte mais elle se fera désormais qu’en Fosbury.

La Chine se rappelle au bon souvenir avec l’athlète Zhu JIANHUA. Les 2 Allemagne se font face : Dietmar MOGENBURG face à Gerd WESSIG sans oublier la Pologne avec Jacek WSZOLA

Même la France montre le bout de son nez avec les 2m32 de Franck VERZY. L’actuel record de France est la propriété de Mikael HANANY avec 2m34.

Le russe Rudolf POVARNITSINE, sorte de NOUREIEV du saut en hauteur, franchit 2m40 en 1985 la même année, son compatriote Igor PAKLIN porte le record du monde à 2m41.

Avec 2m42 établi en 1987, le suédois Patrik SJOBERG est toujours le détenteur européen. Il partage cette marque avec l’ukrainien Bohdan BONDARENKO et le russe Ivan UKHOV, athlètes de deux pays actuellement en guerre sur la Crimée et l’est de l’Ukraine.

Tout le monde se souvient de cet adolescent suédois aux longs cheveux blonds. On lui reconnaît des dons de facilité.

Grâce à un entraîneur finlandais qui devient son père adoptif, SJOBERG, double médaillé d’argent olympique, champion du monde en 1987 à Rome, a certes beaucoup travaillé mais il a aussi mené une vie d’hédoniste. Il a inspiré un autre phénomène suédois Stefan HOLM, champion olympique à Athènes en 2004, et connu comme Franklin JACOBS par la plus importante hauteur sautée au-dessus de sa propre taille (60 cm

Avec 2m45 établi en 1993 à Salamanque en Espagne, le cubain Javier SOTOMAYOR est l’actuel recordman du monde. Il détient également le record du monde en salle avec un saut à 2m43 réalisé en 1989. Absent de Los Angeles 1984 et de Séoul 1988 pour cause de fraternité politique, Javier SOTOMAYOR est devenu champion olympique à Barcelone 1992. L’Espagne lui aura porté chance. Néanmoins, il sera privé des Mondiaux de Séville 1999 en raison d’un contrôle positif à la cocaïne. Il sera toujours soutenu par le régime castriste.

 

Si le record du monde masculin commence à dater, que dire alors du record du monde féminin, toujours la propriété de la bulgare Stefka KOSTADINOVA avec 2m09 établi en 1987 à Rome, aux championnats du monde. Certes, à l’heure actuelle, la croate Blanka VLASIC et l’allemande Ariane FRIEDRICH sont à tout moment capables d’effacer cette barre mais la marque tient toujours.

 

KOSTADINOVA qui est devenue Ministre des Sports de la Bulgarie en 2003 est une adepte du Fosbury. Il faut remonter à 1977 et à l’allemande de l’est Rosemarie ACKERMANN, la « BRUMEL féminin » championne olympique à Montréal, première femme à avoir franchi les 2 mètres pour se replonger dans la technique traditionnelle du rouleau ventral. Fin d’une époque

Au même moment, Ulrike MEYFARTH et Sara SIMEONI ouvrent l’ère des fosburystes féminins.

Nouvelle ère. On ne s’en plaindra pas. L’athlétisme rythme désormais avec esthétisme.

Semaine du 05/10:

Cette semaine, retour sur une légende, Alain MIMOUN qui est, sans conteste, de tous les athlètes français, celui qui a le palmarès le plus impressionnant. Il fut déclaré l’athlète français du siècle.

Le soleil a enfin brillé pour lui à Melbourne ce 1er décembre 1956 sur l’épreuve reine du marathon.

Emile ZATOPECK, son grand rival et ami, était le grand favori mais c’est lui, l’éternel second qui l’emporte en 2 H 25 minutes devant le yougoslave Franjo MIHALIC et le finlandais Veikko KARVONEN, ZATOPECK finissant 6ième.

En effet, il a été trois fois médaillé d’argent olympique…derrière Emile ZATOPECK, deux fois sur 10 000 en 1948 à Londres et 1952 à Helsinki, une fois sur 5 000 en 1952

A 36 ans, il se sent paré pour le grand coup. Jour J, jour de gloire.

Cette course va donc faire l’Histoire…

http://www.youtube.com/watch?v=UxAwJUd2eG4

Dossard n° 13, MIMOUN, 1 m 79, 59 Kg,  pénètre en tête sur le Criket Ground de Melbourne pour remporter le marathon olympique. Malgré la chaleur torride (36 degrés), MIMOUN avait démarré au 20ième kilomètre mais il avait connu une sévère défaillance au 30ième kilomètre. La naissance de sa fille, la veille, lui avait donné l’envie de se surpasser, sa préparation rigoureuse avait fait le reste.

C’est le 3ème français vainqueur d’un marathon olympique après Michel THEATO en 1900 à Paris et Ahmed EL OUAFI en 1928 à Amsterdam.

Alain MIMOUN est né le 1er janvier 1921 à El-Telagh dans le département d’ORAN, en Algérie.

Il dira souvent : J’ai crevé de faim dans ma prime jeunesse.

Engagé dans l'armée française en 1943, il participe à la campagne d'Italie comme caporal dans le 83e bataillon du génie, au sein de la 3e Division d'Infanterie Algérienne du Corps expéditionnaire français commandé par le Maréchal Juin. Grièvement blessé au pied lors de la bataille du mont Cassin le 28 janvier 1944, il évite l'amputation de sa jambe gauche de justesse. Il y gagnera la Croix de guerre avec quatre citations. Après le conflit, il devient garçon de café au Racing club de France à la Croix-Catelan.

 

A plus de 80 ans, il courait toujours une quinzaine de kilomètres par jour. Il est décédé le 27 juin 2013 à l’âge de 92 ans.

À ce jour, une bonne cinquantaine de stades ou d'écoles portent son nom. Ce fut un grand admirateur et défenseur du général de Gaulle.

Le triomphe de MIMOUN à Melbourne a permis de faire sortir de l’ombre le vainqueur français du marathon olympique de 1928, EL OUAFI, lui aussi originaire d’Algérie.

Né en 1898, il est découvert pour la course à pied alors qu’il effectue son service militaire au 25ième régiment des tirailleurs. Après son triomphe de 1928, il devient ouvrier spécialisé aux usines Renault mais la France sportive de 1956 découvre rapidement avec un vague sentiment de culpabilité un vieux monsieur de 57 ans qui est devenu clochard. MIMOUN fut le premier à le dépanner et à l’aider mais en 1959, un fait divers tragique propulsa de nouveau El OUAFI sur le devant de la scène : lors d’une fusillade dans un petit café de Saint-Denis, il figura parmi les victimes.

Alain MIMOUN avant Michel JAZY va incarner la course à pied à la française et devenir une légende, la légende du fier patriote.

Semaine du 28/09 :

Côté athlétisme cette semaine, retour sur la portugaise Rosa MOTA qui  remporte en 1988 le marathon olympique de Séoul. Petit gabarit, ce petit bout de femme de 1 m 57 pour 48 kg  l’emporte en 2 H 25 mn 40 secondes, soit 13 secondes d’avance sur l’australienne Lisa MARTIN.

http://www.youtube.com/watch?v=ZE7nSYUnjWE

Quatre ans auparavant, à los Angeles, elle avait fini 3ème derrière un autre petit gabarit, l’américaine Joan BENOIT. Preuve que la morphologie n’a rien à voir avec l’effort exigé.

C'est le couronnement d’une grande, triple championne d’Europe et aussi double championne du monde, vainqueur des marathons internationaux prestigieux comme Chicago et Boston.

Rosa MOTA est née en 1958. Elle s’est mise à courir pour échapper à son destin de fille de mécanicien d’un quartier populaire de Porto.

Elle montrera le chemin dans les années 1990 à une génération de coureuses portugaises brillantes : Fernanda RIBEIRO, vainqueur du 5 000 d’Atlanta 1996 ou la marathonienne Manuela MACHADO. A la suite de sa carrière athlétique, elle deviendra députée au parlement portugais.

Pays de 11 millions d’habitants, passionné de football, le Portugal entre dans l’histoire de l’athlétisme avec la victoire de Carlos LOPES dans le marathon de Los Angeles 1984 à l’âge de 37 ans. Le petit portugais, 1 m 63 pour 53 kg n’était pas, loin s’en faut, favori de l’épreuve, malgré le boycottage de l’URSS et de ses satellites.

Il se retrouve seul au 37 ième kilomètre et ne sera pas rejoint. Dans la cité des anges, Los Angeles, ville mexicaine jusqu’en 1850, à deux pas de Hollywood et de ses paillettes, Carlos LOPES, au tempérament simple et réservé, est consacré.

Les favoris l’australien Robert De CASTELLA, champion du monde en titre et l’américain Alberto SALAZAR sont lâchés au train. L’irlandais John TREACY est surprenant second.

Déjà en 1976, à Montréal, dans la finale du 10 000 mètres, c’est lui qui fait tout le travail avant que le finlandais Lasse VIREN ne lui souffle la médaille d’or dans le dernier tour.

1984 est donc l’année de Carlos LOPES : champion du monde de cross-country, il aide son compatriote Fernando MAMEDE dans l’établissement du record du monde du 10 000 (27 mn 13 s)

En 1985, il devient le premier homme à courir le marathon en moins de 2 H et 8 minutes.

Et dire que le destin a failli empêcher le portugais de participer aux jeux de los Angeles en raison d’un accident de voiture dont il sort heureusement indemne. Rien n’a été facile pour lui.

Carlos LOPES est né en 1947 à Viseu dans le nord du Portugal. Il travaille avec son  père comme tailleur de pierre et berger avant d’être découvert pour ses qualités athlétiques et envoyé à Lisbonne. C’est la fin des années 1960 et le début des années 1970. Le Portugal n’est pas encore entré dans l’ère moderne. Le régime dictatorial de SALAZAR s’effondre en avril 1974 après un coup d’état militaire. La foule manifeste à Lisbonne pour soutenir les jeunes militaires. C’est la révolution des œillets et son symbole, la chanson : Grandola, Vila Morena qui raconte la fraternité des habitants de Grandola, une ville située dans l’Alentejo, au sud du Portugal. Cette chanson est d’abord censurée mais le 25 avril 1974, à minuit quinze, cette chanson est diffusée à la radio portugaise.

http://www.youtube.com/watch?v=ci76cKwFLDs

Ainsi, tout s’enchaîne : les prisonniers politiques sont libérés, la censure de la presse est levée, le secrétaire général du parti socialiste Mario SOARES rentre de son exil en France. Un nouveau Portugal qui doit donner l’indépendance à ses anciennes colonies : Angola, Guinée-Bissau, Mozambique, Cap-Vert et Timor oriental rapidement annexé par l’Indonésie voisine.

Le Portugal est membre de l’union européenne depuis 1986 et c’est actuellement un bon élève de l’Europe malgré les difficultés économiques. A l’image de ces athlètes tenaces, sérieux, endurants. Heureux Portugal.

 

Semaine du 21/09 :

Côté athlétisme cette semaine, je vous transporte au Japon, aux jeux de Tokyo 1964, dans le final du 5000 mètres. Un grand favori, notre Michel Jazy national. A 400 mètres de l’arrivée, sous la pluie, il démarre de manière violente, trop violente puisqu’il terminera finalement 4 ème, craquant à 100 mètres de l’arrivée. Avant et après son attaque, il s’est retourné moult fois, gagné par la peur de l’issue finale.

http://www.youtube.com/watch?v=F1zYmckCaO8

C’est une grosse déception mais une foule nombreuse vient le réconforter à sa descente d’avion. Le grand favori, l’australien Ron CLARKE aura, lui aussi, raté les jeux. Pour se consoler, la France du demi-fond  découvre une femme, la bretonne Maryvonne DUPUREUR qui finira médaille d’argent du 800 mètres en 2 mn 1 seconde 9.

Mais comme le dit l’écrivain Primo LEVI, on tire davantage de ses erreurs que de ses succès. Qu’on se le dise.

En effet, 4 ans avant, contre toute attente, Michel ZAZY obtient la médaille d’argent du ????ÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀ@pp??ÐÀ0pp?@`@@??????????0@pð° °°°°p`ÀàÀÀÀ °°ð°°p@p??pp?p?p@pp0@?0°p???p`@pp°pp`p0?À?Àp?`A?ppApàÀÀÀpp```?ApA`p°À`°@p????0?pÀpp`À?`ppppp@@pppÀÀÀp°°°°°°Ð°pppp°ÀÀÀÀÀÀÀ°°°°° ?pppppp°ppppp0000?p??????ppppp?p????????)?????`?`?="" ?="" ??????>???????m???v?="" ????uu???u???u???="" ????????????????*+j="" ????????????????bcv?="" ??????!? ??????????????????°?0>????0="" @p` `="" 00`p0000pppppppppp00ppp@?p`pp``pp@@`@?p?`?```pp?p`p000ppppp@pp0pp="" 0p="" ?pppp0@0p`?@`@@@@pp="" p@p``pÐ`0p="" @@@p?p?@0?@`0="" pp`p0pp?@pp0?p@p@@ppp0p@@p@pppppp?p````@@@@pp?????p?pppp`pppppppp?@pppp="" pppppppp`pppp`p`À0??????)?????`?`?="" ??£???>?`ÀàÀÀm? vE8????a??A?????a????]?p`G????????????????????????A?????????????d????????????????="" C="" ?????????????????????????????="" u="" ????????????????????????????d="" Ÿ?du?doc????T??????????????u??????="" ?="" ?????="" ?uzactions="" de="" planification="" dans="" microsoft="" outlook="" pour="" les="" données="" correspondant="" à="" une="" date.?L??????????="" ???O???????À???n????????? ?????¨??????????????????????????????????????d???????d????????????????ÿ?b??????????????????i???????°??????????????????????????????????????d???????d??????????????????????????????????????????5b??? ???????????`?`?="" ??A?????^@?????????????????? ????="" ?????="" ????????????????Ø?ø?E?H?times="" new="" roman?times="" roman?normal?monotype:times="" roman="" regular:version="" 3.00="" (microsoft)????5U="" ???????????????????="" ??????????????????I="" ???????????????????="" ???????????????????????TT???T???T??????Ùl??????????all?h????????????????G??????????="" w??i????????="" ???I??????????a="" ??e??????????av??G??????????f.??e??????????lw??A??????????p,??d???????À???c??????????t,??Ywinsta0\default?u????????????zepmapper?u??Ÿ?????????v-??&t??????????????#?????????????????????????????????????????????????="" ??????????="" ;???????????????????????????&o?????????r,??+n="" ???????r’??v,??v.??w,??w.??????y.??‘‘????????????????????‚????????????????„???????„???„???G,??G.?????????????????????????????T?˜?T?????????F???F????="" ???T??????+??????????????"??Ÿx??????????????????????="" ??="">????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????³??h³"G/labourroire?82.125.30.81?? ???? ???????????K??u ?\?l????H??????? ???? ?a????? ?a???????? ??????? ????? ?D?T????0???a??? ???a???????? ??????? ???e?k?H?X????4??????? ???? ?a??A?????? ??????? ???L ?D?T????0???a??A????a???????? ??????? ?????i ?D?T????0???a??????a??A?????? ??????? ???a?'g??????????????????????????????????????????????????????????????????20906-0000-0000-?????????????????????????????????????????????????'T/labourroire?82.125.30.81?? ???? ??????????a?U ?D?T????0???a??? ???a???????? ??????? ?????S ?OR??????N ????????????????????????O?????????????? ???????????????ncalrpc?? ?? ?OLE9EF45614F9AA44E78BE0F2A39E03? ???LABOURROIRE?????? ??????????????????????????????C:\Documents and Settings\labourroire_g\Application Data?????  ?????????Negotiate?????????Kerberos??????????NTLM??????????Microsoft Unified Security Protocol Provider??????`????DPA??????OMSN??????u?????????????"O??Ÿ`?D??,?????????????E$?????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????"??ar 1500 m?tresl???? h???h ?D?T????0???a??????a??A?????? ??????? ????? e ????????8????a??A?????a????]?P`? 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Son exploit est d’autant plus retentissant que la France rentre bredouille de médaille d’or.

La carrière de Michel ZAZY est lancée. Nous étions dans les années 1960 et il n’était pas rare d’interrompre le Palmarès des chansons de Guy LUX ou Cinq colonnes à la Une de Pierre DESGRAUPES pour filmer en direct à charléty une course-record de Michel ZAZY. Raymond MARCILLAC prenait ainsi l’antenne pour quelques 10 millions de téléspectateurs.

Mais en 1965, Michel ZAZY repart de plus belle. C’est  la saison des records du monde : mile, 2 miles, 2 000, 3 000, relais 4 fois 1500. C’est la revanche.

En 1966, il obtient le titre européen du 5000 à Budapest.

Il succède dans le panthéon du demi-fond national à un certain Jules LADOUMEGUE (médaille d’argent aux JO d’Amsterdam 1928 sur 1500) avant sa radiation pour professionnalisme mais aussi à un Jean BOUIN, médaille d’agent sur le 5000 des jeux de Stockholm 1912 avant de rencontrer un obus sur le front de Verdun le 29 septembre 1914.

Michel ZAZY est né le 13 juin 1936 à Oignies, dans le Nord. Elevé tout d’abord par ses grands-parents, immigrés polonais, depuis la séparation de ses parents, il connaît l’existence des familles de mineurs. Son père, mineur comme son grand-père, décèdera de la silicose.

A quatorze ans, il rejoint sa mère à Paris. Ses qualités athlétiques seront remarquées par René FRASSINELLI qui deviendra son entraîneur au CA Montreuil.

 

En 1956, il obtient sa première sélection avec l’équipe de France. Il voyage avec MIMOUN, partage sa chambre au village olympique de Melbourne, apprend vite.

Il est conseillé par Marcel HANSENNE, médaillé de bronze du 800 mètres de Londres 1948.

Et chose surprenante pour l’époque : le journal L’Equipe et son rédacteur en chef Gaston MEYER lui confie un poste de typographe dans le journal, lui permettant de s’entraîner dans de bonnes conditions. Les résultats ne peuvent que suivre. Pour la petite histoire, Michel BERNARD, natif de la même région du Nord,  s’entraînait seul en forêt après sa journée de travail comme manœuvre dans une usine. Un temps où l’athlétisme rimait avec usine et ouvrier.

A l’époque, les deux  hommes ne se parlaient pas, s’ignoraient. A quoi peut tenir un destin…Michel BERNARD a grandi avec l’ombre portée de son père mort à la dernière guerre.

L’histoire du demi-fond français, c’est un peu en raccourci l’histoire de notre identité nationale.

Actuellement, Michel ZAZY réside sur la côte landaise. On lui doit le parcours Feriascapade de Dax que les coureurs-festayres habitués des fêtes d’août connaissent bien.

Semaine du 14/09 :

Cette semaine, côté athlétisme, je veux vous faire découvrir le marocain Hicham EL GUERROUJ.

Hicham EL GUERROUJ détient toujours le record du monde du 1 500 mètres en 3 minutes 26 secondes, depuis 1998 à Rome. Incroyable chrono. Le 1500 mètres est l’épreuve type du demi-fond. Elle s’est imposée dès 1896 comme course olympique. C’est une création française. C’est la sœur du Mile anglais (1 609,32 m)

Ici dans la vidéo, nous sommes en finale du 1 500 mètres des jeux d’Athènes 2004 et Hicham repousse le kenyan Bernard LAGAT qui semblait pourtant le dépasser. Hicham s’accroche, revient centimètre par centimètre, pour finalement remporter l’or olympique.

http://www.youtube.com/watch?v=Fbta_M0lIL4

Quatre jours plus tard, il s’aligne sur 5 000 mètres et affronte Kenissa BEKELE, le grand favori éthiopien. Mais les coureurs de fond ne durcissent pas la course. Cela permet à EL GUERROUJ de terminer les derniers 400 mètres en moins de 53 secondes et de battre facilement éthiopiens et kenyans.

Il renouvelle ainsi l'exploit du finlandais Paavo NURMI qui avait lui aussi réussi le même exploit de remporter les deux titres olympiques du 1 500 et du 5 000 mètres lors des Jeux olympiques de Paris en 1924.

Le marocain El GUERROUJ  est le digne successeur d’un autre grand coureur marocain Said AOUITA. Said AOUITA a été le premier homme à descendre sous la barre des treize minutes avec 12’58’’39 sur  5 000 m le 22 juillet 1987 à Rome. Il restera invaincu pendant 10 ans sur cette discipline. Un record

AOUITA était le seul coureur au monde dans les années 1980-1990 à pouvoir courir le 800 m en moins de 1 min 44, le 1 500 m en moins de 3 min 30, le Mile (1 600 mètres)  en moins de 3 min 47, le 3 000 m en moins de 7 min 30, le 5 000 m en moins de 13 min, le 10 000 m en moins de 27 min 27 ce qui lui a valu le surnom de "décathlonien du demi-fond". Impressionnant

Son point fort était son époustouflante accélération progressive, produit d’un gros travail de fractionné et sa pointe de vitesse incroyable notamment son finish, sans oublier sa capacité de récupération et son endurance phénoménale qui lui ont permis d'être l'athlète le plus complet de l'histoire du demi-fond mondial.

 Les chevaux légers marocains ont dominé le demi-fond mondial. On n’est pas prêt de les oublier…

Le Maroc, l’autre pays de la course à pied :  33 millions d’habitants, 180 000 kilomètres carrés, capitale RABAT, ville économique CASABLANCA. L’athlétisme qui s’est imposée aussi au féminin dix ans avant Hicham EL GUERROUJ avec Nawal EL MOUTAWAKIL, médaille d’or du 400 mètres haies aux jeux de Los Angeles 1984.

 

Semaine du 07/09 :

En ce début de rentrée athlétique, on ne se lasse pas de regarder et d’admirer de nouveau le final du 10 000 mètres des JO de SYDNEY 2000 opposant le vainqueur l’éthiopien Hailé  GEBRESELASSIE à Paul TERGAT le kenyan, un final de rêve sur l’adagio en F majeur (violon) de Vivaldi.

https://www.youtube.com/watch?v=5D56ZAvcxN0

Cette course va donc faire l’Histoire… Toujours émouvant de revoir ces 2 anciens recordman du monde du marathon qui sont restés de grands amis dans la vie.

Retour trois tours en arrière avant le final : https://www.youtube.com/watch?v=DxuqiM7eW8Q

Toujours cette opposition de deux styles : Paul TERGAT et ses immenses foulées, GEBRESELASSIE  aux foulées plus réduites. Et surtout cette course symbolise le paroxysme de la lutte pour le leadership du demi-fond et du fond  mondial entre l’Ethiopie et le Kenya. Ce match Ethiopie-Kenya s’est prolongé sur le marathon. Paul TERGAT a établi en 2003 à Berlin le record du monde en 2 H 4 mn 55 avant que GEBRESELASSIE ne le porte toujours à Berlin à 2 H 3 mn 59 le 28 septembre 2008. Actuellement, avantage au Kenya.

GEBRESELASSIE est né le 18 avril 1973 dans une famille de 10 enfants. C’est un coureur léger de 1m64 pour 53 kg qui travaille son endurance en effectuant de longues sorties matinales à une altitude de 2 000 mètres et qui travaille sa vitesse terminale par des séries de tours de pistes à la manière de ZATOPECK. Il s’inscrit dans la lignée de ses idoles éthiopiens : Abebe BIKILA et Miruts YIFTER

Abebe BIKILA est le plus connu avec ses titres olympiques sur le marathon de Rome 1960 et Tokyo 1964 ouvrant l’ère de la domination est-africaine ; Miruts YIFTER est le vainqueur des 5000 et 10 000 des jeux de Moscou 1980. Pour chacun, les mêmes traits accusées qui masquent leur âge, de beaux yeux sombres enfoncés dans leur orbite, une minceur d’ascète, des jambes robustes, une petite taille, la marque de fabrique éthiopienne quoi…

De son côté, le kenyan Paul TERGAT est né le 17 juin 1969. Il mesure 1m82 pour 52 kg. Il a été quintuple champion du monde de cross-country. Il s’inscrit dans la tradition des coureurs kenyans qui depuis le premier titre olympique de Kipchoge KEINO aux jeux olympiques de Mexico en 1968 sur 1500 mètres ont dominé la scène internationale du 1500 au 5000 mètres. Leur marque de fabrique : l’accélération, la surprise. Contrairement aux coureurs éthiopiens, la discipline n’est pas leur fort, l’individualisme les caractérise. Une énigme néanmoins  : 90 % des 100 meilleurs marathoniens mondiaux actuels viennent de l’ethnie Kalenjiin qui ne représente pourtant que 10 % de la population kenyane c’est-à-dire 3 millions d’habitants sur une superficie de 30 000 km, soit 4 départements français.

Pays frontaliers, ces deux pays  entretiennent des relations normales.

Le Kenya est un pays grand comme la France, 40 millions d’habitants, Nairobi est la capitale, mais la pandémie de SIDA demeure la plus grande menace pour l’état de santé des kenyans. Le Kenya est un des pays africains les plus corrompus. Le taux de chômage est élevé et 50 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté. Les luttes entres ethnies sont larvées surtout au plus haut niveau de l’Etat.

Le voisin du Nord, l’Ethiopie, est l’état le plus vieux d’Afrique, plus connu sous le nom d’Abyssinie, d’une superficie de 2 fois la France, 85 millions d’habitants mais dont l’espérance de vie moyenne n’est que de 45 ans.  L’Ethiopie a perdu son accès à la mer quand l’Erythrée est devenu indépendante en 1993.

Comme le disent les anciens coureurs devenus riches : Quand tu es pauvre, tu restes pauvre sauf si tu cours….la révolution attendra, la piste reste la meilleure des écoles et l’athlétisme une chose qui fait un peu de bien.

 

Semaine du 01/09 :

Côté athlétisme, cette semaine, le kenyan David RUDISHA actuel  recordman du monde du 800 mètres (1 minute 40 secondes et 91) et champion olympique à Londres 2012 ; l’homme qui a transformé le 800 mètres ou 2 tours de piste en sprint. RUDISHA, 1 m 90 et le reste du monde.

http://www.francetvinfo.fr/sports/jo/video-record-du-monde-du-800-m-pour-david-rudisha_128025.html

Il est le 1er athlète à descendre sous les 1 min 41 s et le premier coureur depuis le cubain Alberto JUANTORENA à battre le record du monde du 800 en finale des jeux olympiques.

Chez les RUDISHA, les qualités athlétiques se transmettent de génération en génération. Le père, Daniel, fut médaillé d’argent du relais 4 x 400 m aux jeux olympiques de Mexico en 1968.

David RUDISHA est né en 1988 dans la vallée du Rift et appartient à la tribu des Masaï, sixième d’une fratrie de sept.

Au Kenya, un prêtre irlandais, le frère Colm O’Connel qui a entraîné les anciens champions comme RONO ou KIPKETER, s’est chargé de façonner le talent brut de David sur les pistes cabossées et poussiéreuses du Kenya. Sous sa coupe, RUDISHA dispute jeune des décathlons. Il faut tout faire pour progresser dans une discipline. 

Le second du 800 « historique » de Londres 2012 est  le botswanais Nigel AMOS qui bat à cette occasion le record du monde junior en 1 minute 41 s 73. C’est le premier  et unique médaillé olympique du Botswana. On connaît le Kenya. Mais le Botswana : c’est un pays situé au nord de l’Afrique du Sud, grand comme la France, 2 millions d’habitants, capitale : GABORONE. 70 % de la population est chrétienne. 80 % du Botswana se situe à l’intérieur du désert de Kalahari, déformation du mot « kgalagadi » qui signifie « grande soif » ou « se dessécher ». C’est donc un désert de savane, de forêts sèches. Il faut toujours courir dans le désert.

Semaine du 25/08 :

Cette semaine, on s’intéresse au lancer du javelot.

Le 25 mai 1996, à Iéna en Allemagne, dans un cadre convivial, le tchèque Jan ZELEZNY a expédié le javelot à 98 mètres 48. C’est toujours le record du monde de la spécialité. Il a été triple champion olympique (Barcelone 1992, Atlanta 1996 et Sydney 2000) et triple champion du monde. Pour 16 cm, aux jeux olympiques de Séoul en 1988, il est battu par le finlandais Tapio KORJUS et rate de devenir l’égal du discobole américain AL OERTER, quadruple champion olympique.

http://www.dailymotion.com/video/x3alco_athle-javelot-record-du-monde-98-48_sport

Ce lancer va faire l’histoire.

Jan ZELEZNY est né le 16 juin 1966 à Boleslav, en république tchèque. Ses parents avaient été de bons lanceurs de javelot. Ce qui caractérise ZELEZNY, 1 m 86, 80 kg est sa morphologie fine et une vitesse de jeté de bras. C’est le plus grand lanceur de javelot de tous les temps, l’homme au bras d’acier.

Chez les femmes, le record du monde est aussi détenu par une tchèque : Barbora SPOTAKOVA avec un jet à 72 mètres 28 réalisé à Stuttgart en septembre 2008 après avoir remporté les jeux olympiques de Pékin 2008.

Tant chez les hommes en 1986 que chez les femmes en 1999, le javelot fut redessiné afin de réduire les distances de 10 % et cela pour des raisons de sécurité. En effet, en 1984, l’est-allemand Uwe HOHN, un colosse de 1,98 m pour 116 kg accomplit un exploit sidéral : 104 mètres 80. C’en est trop. L’instance internationale de l’Athlétisme doit supprimer les javelots planeurs et en 1991 aux championnats du monde de Tokyo doit supprimer les javelots striés.

Le javelot serait-il une histoire tchèque alors que tout le monde fait de cette spécialité une histoire nordique, celle de l’ancien grand duché de Finlande.

Dans sa fabuleuse histoire de l’athlétisme, Robert PARIENTE rapporte que les finlandais sont issus de l’une des deux grandes tribus d’ATTILA, qui refluèrent vers l’Europe orientale après la mort de leur chef aux champs Catalauniques. En traversant la Germanie, les Huns se séparèrent en plusieurs groupes ; certains s’installèrent dans les plaines de Hongrie, d’autres trouvèrent refuge dans les solitudes glacées des pays nordiques. Leur principale arme était le javelot, qui servait à se défendre mais aussi à chasser et à pêcher.

Parmi les plus fameux athlètes finlandais des temps passés, il y a certes Paavo NURMI et Lasse VIREN mais il y a aussi les lanceurs de javelot. La Finlande a remporté 7 titres olympiques depuis 1908 : Jonni MYYRA en 1920 et 1924, Matti JARVINEN en 1932, Tapio RAUTAVAARA en 1948, Pauli NEVALA en 1964, Arto HARKONEN en 1984 et Tapio KORJUS en 1988.

Elle attend toujours son nouveau héros. Révélé en 2005, il a pour nom Tero PITKAMAKI. Il a été champion du monde mais est maintenant régulièrement battu par la star actuelle du javelot,  le norvégien Andréas THORKILDSEN

Il n’est qu’un arbre qui cache une forêt finlandaise dense en jeunes talents. Mais en 2007, PITKAMAKI est à l’origine d’un accident rare survenu au meeting de Rome. Après son lancer, le javelot du finlandais est venu se planter dans le bas du dos du sauteur en longueur français Salin SDIRI. Les premiers examens pratiqués à l’hôpital ont révélé une plaie de 4 centimètres sans atteinte des organes vitaux. Mais deux jours après sa sortie de l’hôpital, SDIRI est ramené de nouveau aux urgences. Le javelot est entré de 20 à 30 centimètres et a percé le foie du sauteur en longueur, provoquant des saignements internes. Salim SDIRI retrouvera plus tard son niveau mais l’histoire retiendra que le lanceur finlandais ne s’est pas déplacé de 80 mètres pour voir sa victime ni qu’il s’est enquis de son état de santé à l’hôpital.

La Finlande, pays de 5 millions d’habitants et aux milliers de lacs, est sortie ravagée de la 2ème guerre mondiale en raison de son positionnement géographique entre l’Allemagne et la Russie. Aujourd’hui,  elle n’est pas à un paradoxe près. Pays européen ou l’on se suicide et où l’on divorce le plus, c’est le pays où l’on fait beaucoup de sport et où le système de santé et le système éducatif sont des plus performants. Etonnant. C’est la patrie de Nokia, ex-leader mondial en téléphonie mobile.

Côté français, personne n’a remplacé Michel MACQUET, le monsieur Javelot des années sixties, le capitaine de l’équipe de France de l’ère glorieuse, l’ère Robert BOBIN du nom de l’entraîneur de l’époque, adepte de la formation. Malheureusement, malgré de bonnes performances (83 mètres 36 en 1961) MACQUET surnommé « Bras de Fer » est 7ème à Melbourne en 1956 et rate la finale de Rome en 1960.

La France et le lancer du javelot, plutôt une histoire en pointillé, malgré l’apport régulier des lanceurs néo-calédoniens.

 

Semaine du 12/07 :

Cette semaine, nous revenons sur le marathon des jeux olympiques d’Athènes 2004, où à la surprise générale, l’italien Stefano BALDINI remporte la médaille d’or en 2 H 10 minutes 55 secondes sur le circuit historique, fait de montées et sous grosse chaleur. Grandissimo BALDINI. Le grand favori, le kenyan Paul TERGAT qui avait battu à l’époque le record du monde en 2 H 4 minutes 55 secondes à Berlin en 2003 est victime durant la course de troubles gastriques.

http://www.youtube.com/watch?v=EJI2gjMdRVo

L’histoire retiendra pourtant le nom du médaillé de bronze et l’incident dont il a été victime. Au 36 ème kilomètre, le brésilien Vanderlei Cordeiro de LIMA compte encore 48 secondes sur ces poursuivants lorsqu’un spectateur surgit et l’entraîne dans les barrières. Selon la police, l’individu qui a commis ce geste a pour nom Cornélius HORAN, ex-prêtre irlandais. En juillet 2003, il s'était déjà signalé en courant sur la piste du circuit de Silverstone en plein milieu du Grand Prix de Formule 1.

Le service d’ordre n’a pas réagi et l’on doit à un spectateur, descendu de chez lui pour voir « passer les coureurs » de plaquer HORAN.

Ainsi, DE LIMA parvient à repartir mais il a perdu environ 20 secondes. Il sera ensuite dépassé au 38 ème kilomètre par l’italien BALDINI et l’américain d’origine érythréenne KEFLEZIGHI. Il conservera néanmoins la médaille de bronze.

L’incident a duré 14 secondes. Une éternité. Fin de carrière pour de LIMA, athlète des plus fair-play. Il avait mis toute une saison à se préparer au Brésil et en Bolivie pour l’objectif olympique.

Le Brésil, 5ème pays du monde par la superficie (8,5 millions de km2) et par le nombre d’habitants (200 millions) n’a pas les résultats escomptés en athlétisme au niveau de son potentiel humain à l’exception du  800 mètres (José Luiz BARBOSA, Joaquim CRUZ) et du triple saut (Joao Carles de OLIVIERA).  La course la plus connue au Brésil est la corrida de Sao Paulo. Crée en 1925, longue de 15 km, elle se court l’après-midi du 31 décembre sous une chaleur torride et toute en montée. Les sports de prédilection des brésiliens sont évidemment  le football (malgré ce revers historique  en demi-finale de Mondial face à l’Allemagne le mardi 8 juillet 2014 et qui laissera à jamais des traces) la capoeira, le volley, la formule 1, la natation et la voile.

Semaine du 12/07 :

Côté athlétisme, cette semaine, retour sur Pietro MENNEA.

Le 12 septembre 1979, le sprinteur italien Pietro MENNEA remporte à Mexico le 200 mètres des jeux mondiaux universitaires mais surtout par là-même établit le nouveau record du monde de la spécialité en 19 secondes 72, soit onze centièmes de mieux que le record historique de Tommie SMITH, établit aux Jeux de Mexico 1968 en 19 secondes 83.

Http://www.youtube.com/watch?v=pMbpu0RnRHM 

Ce jour-là, MENNEA, 1,79m, 68kg, visage tout en angle, regard de feu, étincelle et s'impose aisément en toute décontraction, pointant le doigt de Dieu. Viva Italia. Pietro MENNEA le tourmenté vient de réaliser la course parfaite. Un ange passe.

Cette course en va donc faire l'Histoire...

Pietro Paolo MENNEA est né le 28 juin 1952 à Barletta dans les Abbruzzes, région d'Italie centrale. Il découvre l'athlétisme malgré une passion pour le football. En 1979, il est étudiant en Sciences Politiques. Il mène une vie ascétique qui le conduit vers les exploits sportifs. Il forme avec son entraîneur de toujours Carlos VITTORI un véritable couple.

Pietro MENNEA a été médaillé de bronze lors des jeux olympiques de Munich en 1972 derrière le soviétique Valeri BORZOV et l'américain Larry BLACK. Il ne participe pas aux jeux olympiques de Montréal 1976. Il devient double champion d'Europe sur 100 mètres et 200 mètres à Prague en 1978. En 1980, aux jeux de Moscou, en l'absence des américains, MENNEA s'impose à l'arrivée du 200 mètres débordant dans la ligne droite le britannique Allan WELLS et le jamaïcain Don QUARRIE. Et pourtant, en 1980, Pietro MENNEA, engagé dans la politique en tant que membre du parti social-démocratique (centre gauche) qui prône le boycott des jeux de Moscou suite à l'invasion de l'Afghanistan par l'armée soviétique en 1979, privilégiera ses ambitions sportives. A la fin des années 1970 était au début des années 1980, Pietro MENNEA est le meilleur sprinteur européen.

Il terminera sa carrière sportive en 1988 aux jeux de Séoul. Il avouera qu'il s'est dopé comme beaucoup d'autres athlètes à l'époque. Ensuite, avocat, conseiller fiscal, il a été député au Parlement européen de 1999 à 2004. Il décède d'un cancer le 21 mars 2013.

Il est toujours détenteur du record d'Europe du 200 mètres. Le record du monde de MENNEA (19s72) va tenir 17 ans jusqu'au record de Michael JOHNSON en 1996 à Atlanta.

Pietro MENNEA symbolise la finesse et la créativité de l'athlétisme italien des années 1970-1980. L'autre icône s'appelle Sara SIMEONI. Elle pratique le saut en hauteur. Son charme et son sourire ont fait de "Vincitutto" (celle qui a tout gagné) l'athlète préférée du public italien. 

L'Italie des années 1970-1980 connaît une forte mutation économique et sociale.

A l'émigration de ceux du Sud venant s'installer dans les années 1960 dans les grandes villes du Nord comme Milan ou Turin, symbolisé par le film "Rocco et ses frères" succède l'Italie des grands chantiers de construction, des "no man's land" avec ses nouveaux exclus.

L'Italie est frappée à l'époque par des actions terroristes revendiquées par des groupes, d'abord d'extrême droite, puis d'extrême gauche. Les Brigades Rouges, la plus connue des organisations de cette période, sont,à la fois, un mouvement politique implanté dans les usines et une organisation de lutte armée. Ces années dites de plomb commencent avec l'attentat de la Piazza Fontana le 12 décembre 1969. Après 1975, l'extrême gauche est dominante sur le front des actes subversifs mais le terrorisme d'extrême droite set fort jusqu'en 1985 avec notamment l'attentat contre la gare de Bologne le 2 août 1980 qui fait 85 morts. L'acte le plus connu des années de plomb italiennes est l'enlèvement et l'assassinat de l'ancien président du conseil Aldo MORO par les Brigades Rouges de Mario MORETTI, en avril 1978, après 55 jours de captivité. Son corps fut retrouvé dans le coffre d'une automobile à mi-chemin ente les sièges des deux partis politiques majoritaires à l'époque : la Démocratie Chrétienne qu'à dirigée Aldo MORO et le Parti Communiste de Enrico BERLINGUER.

Cet assassinat scelle le destin des brigades rouges et les illusions d'une jeunesse en manque de repères. Fin d'une époque.

Tout est lutte, l'athlétisme en premier, mais la révolution est d'abord intérieure; les armes sont des mots, des pensées, des désirs, des idées et des gestes qu'il faut exprimer et rendre tolérants.

Semaine du 05/07 :

Ce dimanche 2 octobre 1988 personne n'attendait l'italien Gelindo BORDIN comme vainqueur du marathon olympique de Séoul. Une surprise tant la victoire était promise au fantasque Djiboutien Ahmed SALAH et cela en raison d'un temps très chaud et très humide et aussi en l'absence des coureurs éthiopiens. 

La vidéo débute au 40 ème kilomètre. http://www.youtube.com/watch?v=P7vCZ_L0UrQ 

Ahmed SALAH attaque violemment au 38 ème kilomètre mais à 1600 mètres de la ligne d'arrivée, BORDIN double le djiboutien trahi par ses chaussures trop étroites. Il l'emporte en 2h10min32s devançant de 15 secondes le kenyan Douglas WAKIIHURI, de 27 secondes le djiboutien Ahmed SALAH et de 33 secondes le japonais Tadeyuki NAKAYAMA. C'est la plus faible marge enregistrée depuis la victoire du finlandais KOLEHMAINEN en 1920 à Anvers.

Cette course va donc faire l'Histoire...

Partir doucement et ralentir, pour mieux accélérer sur la fin. L'italien est malin. En 1992, aux JO de Barcelone, Gelindo BORDIN ne peut défendre son titre, se blessant lors de la course. Fin de carrière.

Gelindo BORDIN, 1m80, 68 kg, est né le 2 avril 1959 à Vérone. Coureur moyen, avec son physique d'apôtre, il semble tout droit sorti d'un péplum romain. Et pourtant sa grande force c'est de donner du temps au temps, d'avaler des kilomètres. Champion d'Europe en 1986, médaillé de bronze aux championnats du monde de 1987 à Rome, le voilà qui surprend à Séoul tout son monde, et en particulier, le favori Ahmed SALAH. Il sera de nouveau champion d'Europe à Split en 1990, le français Dominique CHAUVELIER finissant 3 ème.

Hussein Ahmed SALAH est né en 1956 sur une terre aride de 23 000 kilomètres carrés, l'ancien territoire des Afars et des Issas sous domination française qui contrôle l'entrée de la mer Rouge juste en face d'Aden et qui deviendra en 1977 la. République indépendante de Djibouti.

Au départ berger, SALAH est rapidement repéré par René FRASSINELLI, ancien entraîneur de Michel JAZY. Il suivra ensuite comme militaire un entraînement rationnel à l'Ecole interarmées des sports de Fontainebleau.

Il s'impose en 1984 au marathon de Paris devant Jackie BOXBERGER. En 1985, c'est la consécration pour Djibouti qui remporte la première coupe du monde de marathon par équipes organisée au Japon malgré la soudaine excellence des marathoniens italiens.

Mais le drame de ce coureur africain, 1m82, 55kg, dont le cœur battait à 40 pulsations au repos c'est d'avoir eu une carrière désordonnée en raison d'une nature impulsive et fantasque. Il n'obtiendra jamais la consécration.

Semaine du 28/06 :

Cette semaine, côté athlétisme, retour sur la finale du 3 000 mètres steeple des championnats du monde de Paris Saint Denis 2003 où on a assisté à une lutte fratricide entre Said Saaeed SHAHEEN le kenyan de nom d’origine Stephen CHERONO, fraîchement naturalisé quatari, et son frère, qui lui, avait toujours la nationalité kenyane. C’est certainement la plus belle course de 3 000 mètres steeple, une vraie course « à la kenyane », c’est-à-dire avec une succession de changement de rythme. Said SHAHEEN n’arrêtait pas de mettre des accélérations de folie pour lâcher son frère kenyan, mais ce dernier ne voulait rien lâcher ; Said SHAHEEN courait toujours avec l’attitude hyper provocatrice du coq, le buste bien droit. Ce fut un grand moment et on apprécie les commentaires de Patrick MONTEIL et Bernard FAURE au même titre que la performance de Bob THARI, finissant 3ème derrière les 2 kenyans.

http://www.ina.fr/video/I11178157

Le record du monde est toujours la propriété de SHAHEEN en  7 minutes 53 s 63, réalisé le 3 septembre 2004 à Bruxelles. Pourtant, le 16 août 2002, le marocain Brahim BOULAMI avait couru la distance en 7 minutes 53 s 17 mais le record ne fut jamais homologué à cause d’un cas positif à l’EPO. SHAHEEN est de nouveau en 2005 à Helsinki champion du monde du 3 000 mètres steeple. Ensuite, ce sera blessures et fin de carrière.

Le 3000 mètres steeple fut codifié en 1954. Mais la chronique veut que le 3 000 mètres steeple soit né un soir de l’automne 1850 à la suite d’un pari lancé par quelques étudiants d’Oxford. Cette épreuve comprend le franchissement de 35 obstacles, espacés d’environ 80 mètres : 28 barrières hautes de 91 centimètres et 7 barrières-rivières larges de 3 m 66 et profondes de 76 centimètres. Le 3000 mètres steeple est une course refuge pour les tâcherons de la cendrée. Les kenyans vont lui apporter l’excellence.

Les kenyans touchent à peine l’eau au sortir de la rivière et sautent les haies et parfois la rivière sans toucher l’obstacle.

Les kenyans ont exercé une domination olympique totale sur le 3 000 mètres steeple depuis 1968. Ils vont investir totalement le steeple grâce à une cohorte de coureurs de grande classe.

Mais la pression africaine s’accentue à partir de 1976 avec Henry RONO, quadruple recordman du monde. Julius KORIR l’emporte en 1984  devant le français Joseph MAHMOUD et devient le 3ème kenyan champion olympique après Amos BIWOT en 1968 et Kip KEINO en 1972, le grand KEINO qui avait ouvert la voie au Kenya en remportant le 1 500 mètres légendaire de Mexico.

En 1991 c’est la révélation de l’immense talent de Moses KIPTANUI qui devient champion du monde à Tokyo. Il a à peine 20 ans et court régulièrement en moins de 8 minutes 10. Il sera le premier homme sous la limite des 8 minutes au steeple : 7 minutes 59 s 18.

Mais il ne sera jamais champion olympique. Il sera malheureusement l’un de ces merveilleux et trop nombreux athlètes maudits aux jeux olympiques. Et la liste qui suit est loin d’être exhaustive : Matthew BIRIR, Joseph KETER, Reuben KOSGEI

En trois décennies, le Kenya s’est octroyé sur le steeple 13 médailles olympiques dont 6 en or ainsi que 5 titres de champions du monde. Et pourtant, en 1964, quand le Kenya indépendant envoie sa première équipe aux jeux de Tokyo où Wilson KIPRUGUT remporte le bronze sur 800 mètres et que Kip KEINO finit 5 ème du 5 000 mètres, c’est à peine si à l’époque le demi-fond mondial remarque ces hommes des hauts plateaux.

La plupart des champions kenyans viennent de l’ethnie Kalenjin  qui représente 10 % seulement de la population du Kenya soit 3 millions d’habitants sur une superficie de 30 000 km carrés, soit 4 départements français.

Le pays Kalenjin, c’est la province de la Rift Valley et ses alentours, avec sa cathédrale de l’athlétisme kenyan, le stade Kipchoge Keino d’Eldoret, au nord de Nairobi, la capitale.

A l’entraînement, les jeunes kenyans imitent leurs champions et font  des séries de 20 fois 1000 en 2 minutes 40 et 45 secondes de récupération sans oublier le footing du matin, 30 km en brousse. Ils intègrent les camps d’entraînement nombreux maintenant. A l’école, les instituteurs enseignent l’athlétisme. Les kenyans ont aussi l’endurance de souffrir et l’espoir de réussite. Tout kenyan rêve de devenir coureur professionnel. On les retrouve sur tous les marathons internationaux.

Le Kenya est une nation jeune. 40 millions d’habitants, un pays grand comme la France mais la pandémie du SIDA demeure la plus grande menace pour l’état de santé des kenyans.

L’autre grand pays de la course à pied est le voisin du Nord, l’Ethiopie,  l’état le plus vieux d’Afrique, plus connu sous le nom d’Abyssinie, d’une superficie de 2 fois la France mais dont l’espérance de vie moyenne n’est que de 45 ans.

Semaine du 21/06 :

Cette semaine, on s’intéresse à Ulrike MEYFARTH, jeune allemande de 16 ans qui devient championne olympique en 1972 du saut en hauteur féminin avec un saut à 1 m 92. C’est la plus jeune championne olympique de l’athlétisme. Nous sommes à Munich ce 4 septembre 1972. Le monde découvre le corps harmonieux d’une collégienne de 1 m 84 qui établit un nouveau record du monde.

http://www.youtube.com/watch?v=YtD0i-qifBU

Elle réitèrera son exploit 12 ans après en devenant championne olympique en 1984 à los Angeles devant la star de l’époque l’italienne Sara SIMEONI. Fin de carrière.

Ulrike MEYFARTH est née le 4 mai 1956 dans une famille modeste de Wesseling, près de Cologne. Elle est attirée par l’athlétisme quand elle vit sauter à la télévision Dick FOSBURY, le vainqueur du saut en hauteur masculin de Mexico avec un bond de 2 m 24 et inventeur de cette nouvelle façon de sauter, sur le dos, qui tourne le dos à la technique du rouleau central, cher à l’école russe.

Après Munich, MEYFARTH connaîtra une période d’oubli mais le sculpteur Arno BREKER, qui réalisa les sculptures monumentales du stade olympique de Berlin 1936, l’immortalisa dans la pierre à l’égal d’un Paavo NURMI. En saut en hauteur, l’actuel record du monde féminin est toujours détenu par la bulgare Stefka KOSTADINOVA avec un saut à 2 m 09 établi au championnat du monde de Rome en 1987.

Ce saut de 1972 ne va pas faire l’histoire. Munich 1972, c’est autre chose, le jour d’après, celui qui suit l’exploit de MEYFARTH. Rien ne laisse présager le théâtre de l’unes des plus grandes tragédies de l’histoire olympique. Il est 4 heures 30 du matin le 5 septembre 1972 et huit palestiniens membres de l’organisation septembre noir déjouent la surveillance des vigiles et s’introduisent dans le village olympique. Le commando force les portes des appartements israéliens. Une fois à l’intérieur, c’est un carnage. Les compétitions sont suspendues mais le président du CIO déclare que les jeux doivent continuer.

Les terroristes exigent que l’Allemagne du chancelier Willy BRANDT mette à leur disposition un avion pour s’envoler, avec leurs otages, vers un pays arabe. Il n’est pas question pour Golda MEIR, la premier ministre israélienne, de négocier. Après douze heures de négociations, les ravisseurs montent à bord de trois hélicoptères qui les déposent à l’aérodrome militaire dans la banlieue de Munich, où les attend un Boeing 727. La police bavaroise décide de donner l’assaut. Neuf prisonniers israéliens, cinq des huit membres du groupe palestinien et un policier sont tués sur le tarmac.

L’athlétisme au cœur des tourments de l’Histoire.

Semaine du 14/06 :

Cette semaine, retour sur une énigme : Florence GRIFFITH-JOYNER,  triple médaille d’or des JO de Séoul sur 100, 200 et 4 fois 100 mètres.

Le 29 septembre 1988, elle porte les espoirs des américains de reprendre aux ennemis allemands de l’est un des records prestigieux, celui du 200 mètres féminin.

http://www.dailymotion.com/video/x1btqi_florence-griffith-joyner-21-34-sec_sport

Ses toujours records du monde sur 100 mètres (10 s 49, l’équivalent de la performance de Jesse OWENS aux JO de Berlin 1936) et sur 200 mètres (21 s 34) en font l’étoile la plus filante de l’histoire de l’athlétisme.

En 1989, elle arrête sa carrière comme si les réalités de dopage s’étaient définitivement abattues sur ces athlètes d’un autre monde, ongles faits et fuselées, anneaux aux oreilles, maquillages soignés, tenues sportives extravagantes. Ce n’est pas une parenthèse. Avant il y a eu de forts soupçons de dopage sur les filles de la RDA, solidement carénées à l’image de Renate STECHER, 1ère femme à courir le 100 mètres en moins de 11 secondes en 1973. Et 10 ans après GRIFFITH, en 2000, aux jeux de Sydney, on découvre l’américaine d’origine bélizienne Marion JONES qui sera impliquée dans une filière de dopage pour des sprinteurs américains la conduisant en 2008 directement en prison.

Florence GRIFFITH-JOYNER décède en plein sommeil le 21 septembre 1998 d’une rupture d’anévrisme à l’âge de 38 ans

Si la trajectoire sportive de Forence GRIFFITH-JOYNER laisse rêveur, son histoire personnelle à de quoi émouvoir. Elle est née le 21 décembre 1959, septième d’une famille de onze enfants, de père électricien et de mère institutrice, élevée dans le quartier de Watts, banlieue pauvre de Los Angeles. Elle découvre l’athlétisme à l’âge de 7 ans grâce à la fondation Robinson Youth Foundation. Plus tard, elle quittera son travail d’employée de banque pour rejoindre l’entraîneur Bob KERSEE à l’Université d’UCLA après avoir obtenu une bourse d’études en commerce et psychologie. L’entrée au paradis de l’athlétisme mais le début de la descente aux enfers.

Une île, la Jamaïque domine actuellement le sprint féminin mondial. Lors des jeux olympiques de Pékin en 2008, les jamaïcaines réalise  un triplé olympique, une première dans l’histoire du 100 mètres féminin. Faut-il y voir le retour de la grâce, en souvenir des Wilma RUDOLPH, Irena SZEWINSKA, Marlène OTTEY ou autre Christine ARON.

Semaine du 07/06 :

Cette semaine, retour sur une légende Carl LEWIS et le 100 mètres des championnats du monde 1991 à Tokyo. Dans ce qui allait être le 100 mètres le plus rapide de l’histoire avec six hommes sous les 10 secondes, LEWIS bat non seulement l’opposition mais également le record du monde en 9 secondes 86. Il a pourtant raté son départ ; à mi-course, il est largement battu. A partir des soixante mètres, il produit une foudroyante accélération et de sa somptueuse foulée, avale littéralement BURRELL, MITCHELL et CHRISTIE.

http://www.youtube.com/watch?v=ilSVFecILb4

Carl LEWIS est né en 1961 dans l’Alabama. Il est marqué dans sa jeunesse par l’idole Jesse OWENS, quadruple médaille d’or aux jeux de Berlin  1936 et natif du même état américain. C’est l’adolescence d’un gamin qui veut réussir dans l’athlétisme à tout prix. Résultat : neuf titres olympiques dont quatre (100 m, 200 m, 4 fois 100, longueur) gagnés à Los Angeles en 1984 et quatre remportés d’affilée à la longueur (Los Angeles, Séoul 1988, Barcelone 1992 et Atlanta 1996). Impressionnant.

Encore aujourd’hui, Carl LEWIS reste sur l’épreuve reine du 100 mètres  le 10 ème meilleur performeur mondial de tous les temps. Le record du monde actuel est la propriété d’Usan BOLT le jamaïcain en 9 secondes 58 en 2009 à Berlin

Pourtant, en pleine gloire, ce 24 septembre 1988, l’incroyable se produit. Le roi Carl LEWIS est battu par le sprinteur canadien d’origine jamaïcaine, le musculeux Ben JOHNSON. Non seulement, le canadien remporte la course mais il bat également le record du monde avec un chronomètre de 9 secondes 79. Contrôlé positif à un stéroïde anabolisant, il est déchu de son titre, suspendu à vie, comme puni d’avoir trop voulu courir après la gloire. Le titre olympique et le record du monde (9 secondes 92) reviennent à Carl LEWIS.

En 1996, Carl LEWIS finit huitième et dernier des sélections US, ne se qualifiant pas pour le 100 mètres olympique d’Atlanta. Fin de carrière. Mais il a gagné ce que ses succès n’avaient jamais pu lui apporter : la sympathie du public et le respect de ses rivaux.

Aujourd’hui, à plus de 50 ans, Carl LEWIS participe à d’autres aventures, par exemple celle de représenter les démocrates au poste de sénateur dans le New Jersey à tradition républicaine. On ne gagne pas à tous coups et c’est tant mieux.

Semaine du 31/05 :

Côté athlétisme, cette semaine, retour sur le premier marathon féminin des jeux olympiques, ceux de 1984 à Los Angeles et victoire de l’américaine, Joan BENOIT. On dirait une enfant de 27 ans, un petit bout de femme de 1 mètre 60 et 47 kg qui gagne en 2 H 24 minutes 52 secondes et qui devance de 1 minutes 26 la grande favorite la norvégienne Grete WAITZ, neuf fois vainqueur du marathon de New York entre 1978 et 1988. Joan BENOIT aurait battu Alain MIMOUN  de 8 secondes, lorsque ce dernier a remporté le marathon de Melbourne, en 1956, dans des conditions de chaleur identiques.

http://www.youtube.com/watch?v=y-HQozm_wpE

En effet, les concurrentes subissent à l’arrivée un véritable calvaire. C’est le cas surtout de la suissesse Gabrielle ANDERSEN-SCHIESS qui victime d’un coup de chaleur, divaguant, effectue un dernier tour de piste en 6 minutes avant de s’effondrer dès la ligne franchie. Ces images sont dans toutes les mémoires.

Elle revient de loin, pourtant, Joan BENOIT. Elle n’a pas été épargnée par les blessures juste avant les jeux : opération du genou et des tendons d’Achille. Sa médaille d’or est miraculeuse. La course à pied, c’est sa vie. Elle habite une île proche de la côte Est, dans l’Etat du Maine. Chaque jour, elle court en solitaire une trentaine de kilomètres sous la neige et dans le vent glacé. Dure au mal, elle est son propre entraîneur.

Elle ne sera pourtant pas la première femme à franchir la barre des 2 H 20 minutes. Fin de carrière.

La première femme à franchir cette barre mythique est la japonaise Naoko TAKAHASHI qui, le 30 septembre 2001, à Berlin réalise 2 H 19 minutes 46 secondes, après avoir été championne olympique à Sydney en 2000. Le Japon est une terre de marathon et cette course très prisée socialement au pays du soleil levant correspond bien à la culture de ce pays où les qualités d’endurance et d’abnégation sont portées au pinacle. L’actuelle détentrice du record du monde féminin du marathon est la britannique Paula RADCLIFFE en 2 H 15 minutes 25 secondes.

Semaine du 24/05 

Cette semaine, retour sur Jesse OWENS, le quadruple médaillé d’or lors des jeux olympiques d’été de 1936 à Berlin. 

Détenteur du record du monde en 10 secondes 2, Il remporte le 100 mètres olympique devant son compatriote Ralph METCALFE sous les yeux d’Adolf HITLER, infligeant ainsi un cinglant démenti aux théories nazies sur la prétendue supériorité de la race aryenne.

http://www.olympic.org/video-fr/la-fabuleuse-histoire-de-jesse-owens

Cette course va faire l’histoire. Selon la légende, HITLER, furieux de voir un noir triompher, aurait refusé de serrer la main d’OWENS. Mais, il n’en a pas été tout à fait ainsi. Certes, HITLER ne s’était pas caché en privé d’être ennuyé par les victoires des athlètes noirs. Il parlait de ces supplétifs noirs de l’équipe américaine. Il aurait trouvé un prétexte pour sortir du stade. Beaucoup d’allemands ne partageaient pas le point de vue du chancelier.

De taille moyenne 1m79 pour 71 kg, jambes fines et fuselées, OWENS offre quand il court, une étonnante impression d’harmonie, de grâce et de force.

Il est né le 12 septembre 1913 à Danville, petite ville située dans l’Alabama, dans le Sud américain. Petit-fils d’esclave, il est fils d’une modeste famille employée à la cueillette du coton. Il est dixième enfant d’une famille qui en compte onze.

Quant il a 7 ans, le jeune OWENS quitte le Sud avec sa famille qui n’a plus de travail dans les champs de coton. Nous sommes en 1920. Cette migration, commune à des centaines de milliers de noirs, conséquence de l’installation des premières machines, conduit la famille vers Cleveland, ville industrielle.

Doué pour la course, il choisit l’Ohio state à Colombus parce que les programmes lui permettent d’être aussi pompiste, ou bagagiste, ou garçon de piscine après ses heures de cours et d’entraînement.

En 1936, il fut aussi vainqueur du saut en longueur (8 m 06) devant l’allemand Lutz LONG, ce dernier le félicitant chaleureusement comme cela est visible dans le film culte « les dieux du stade » de Leni RIEFENSTAHL, pourtant très proche du pouvoir hitlérien.

De nos jours encore, OWENS reste une référence absolue, une sorte de Beethoven de l’athlétisme. Seul Carl LEWIS a égalé la performance d’OWENS en remportant 4 médailles d’or aux jeux olympiques de Los Angeles 1984 (100 m, 200 m, relais 4 fois 100, saut en longueur)

Il sera très peu considéré comme un héros national. Même le Président ROOSEVELT refusa d’avoir un entretien avec lui à la Maison Blanche car trop soucieux de la réaction des états du Sud dans le cadre de sa réélection.

Jesse OWENS est décédé le 31 mars 1980 à l’âge de 66 ans d’un cancer du poumon. Mais les Dieux ne meurent jamais.

Semaine du 17/05 

Côté athlétisme, et pour rester dans un autre domaine que la course à pied, retour cette semaine sur l’épreuve la plus complète de l’athlétisme, le Décathlon.

Le Décathlon est une compétition masculine comprenant dix épreuves, programmée sur une période de 2 jours. La 1ère journée comprend le 100 mètres, le saut en longueur, le lancer du poids, le saut en hauteur et  le 400 mètres plat. La 2ème journée comprend le 110 mètres haies, le lancer du disque, le saut à la perche, le lancer du javelot et le 1 500 mètres.

Selon Robert PARIENTE, « le décathlonien, athlète par excellence, est en effet à l’athlétisme ce qu’un Michel-Ange est à l’art : il peut être à la fois un brillant coureur, un remarquable sauteur, un lanceur de premier ordre, comme le maître de la Renaissance fut en son temps un peintre, un sculpteur et un architecte de génie. Le décathlon est la seule forme d’activité sportive qui concilie l’inconciliable : la vitesse et la résistance, le dynamisme et le statisme, la force et la légèreté, la puissance et la détente. »

Merci Robert.

Déjà, en l’an 700 avant Jésus-Christ, les Grecs avaient inventé une formule de compétition à dimension combinée. Le concours du décathlon fut officiellement incorporé dans le programme des jeux de 1912 à Stockholm.

L’actuel recordman du monde est l’américain Ashton EATON, auteur de 9 039 points le 23 juin 2012 à Eugène, le stade mythique de l’athlétisme américain dans l’Oregon, soit 13 points de plus que le tchèque Roman SEBERLE, le premier à franchir les 9 000 points en 2001.

http://www.youtube.com/watch?v=E_ft9zhWhlg

EATON est fort mais plutôt dans la tradition des décathloniens-sprinteurs : 10 s 21 au 100 mètres, 8 m 23 en longueur, seulement 14 m 20 au poids (en comparaison de SEBERLE au profil plus lanceur) , 2 m 05 en hauteur, 46 s 70 au 400 mètres, 13 s 70 au 110 mètres haies, seulement 42 m 81 au disque, 5 m 30 à la Perche, seulement 58 m 87 au javelot et 4 minutes 14 s  au 1 500 mètres.

On ne quitte pas l’Oregon et sa capitale Portland d’où est natif  l’enfant terrible de la spécialité, Dan O’BRIEN champion olympique en 1996 à Atlanta Il approchera la barre des 9 000 mais ne la franchira jamais. D’origine afro-africaine et finnoise, adopté par une famille modeste irlandaise, il est loin le temps de son enfance difficile, tourmentée. Il a manqué de sombrer dans l’alcoolisme. Sauvé par l’athlétisme, il a perpétué la grande tradition du décathlon US. Il y a aussi une tradition tchèque, anglaise, russe, allemande, française…Le décathlon, une histoire en construction, des pays à découvrir, une géopolitique…Jean Giraudoux ne disait-il pas : « Ce sont les nations qui ont les meilleurs coureurs à pied qui sont arrivés les premières aux pôles ». 

Semaine du 10/05

Cette semaine, retour sur le toujours roi du 400 mètres plat : l’américain Michael JOHNSON. Le 26 août 1999, à Séville, lors des championnats du monde, il est bien le maître du monde sur 400 mètres plat en portant le toujours record du monde à 43 secondes 18.

http://www.dailymotion.com/video/x2cga3_sevilla-1999-400m-finale-michael-jo_sport

Il est surnommé « L’express de Waco » en raison de son style de course à base de foulées courtes et très rapides qui donnent l’impression d’un buste droit et immobile.

Michael JOHNSON est né à Dallas au Texas (dont on célèbre aujourd’hui le cinquantenaire de la mort de JK KENEDY) en 1967 de père conducteur de camion et de mère institutrice. Il était le dernier des 5 enfants. Il a commencé l’athlétisme par pur plaisir. Il entreprend des études de comptabilité. En 1990, il décide alors de pratiquer l’athlétisme de façon professionnelle.

Il est aujourd’hui consultant pour une chaîne de télévision américaine. Un bon gars qui a connu quand même en tant qu’athlète les dollars des équipementiers comme Nike, ceux des prestigieux meetings et a évité les avis de tempête du dopage. Une grande chance. Il détient toujours le record de médailles d’or obtenues lors des championnats du monde (9 contre 8 à la légende Carl LEWIS)

En 1999, JOHNSON efface des tablettes Lee EVANS qui en 1968 à Mexico avait porté le chrono à 43 secondes 86, premier homme à faire moins de 44 secondes sur 400 mètres et moins de 3 minutes aux 4 fois 400. Pourtant, au petit matin de la finale du 400, Lee EVANS décide de déclarer forfait. Il faudra toute la persuasion de Tommie SMITH et John CARLOS, les exclus de la veille, 1er et  3ème de la finale du 200 mètres, pour que Lee EVANS revienne sur son renoncement. Lee EVANS, Larry JAMES et Ron FREEMAN réalisent un triplé sur 400 et montent sur le podium coiffés du béret des Black Panthers. Autre époque, autre histoire, autre Amérique. 

 Semaine du 03/05

Cette semaine, comme nous entrons dans la préparation des Interclubs, retour sur un grand événement.

Le 18 octobre 1968, à 15 H 45 locales, à 2 200 mètres d’altitude, au stade Aztèque de Mexico, Bob BEAMON, 22 ans, est devenu champion olympique de la longueur, dès son premier essai, avec un saut ahurissant de 8 m 90. Il était le premier finaliste à s’élancer. La France avait ce jour-là deux finalistes : Jack PANI et Gérard UGOLINI.

http://www.dailymotion.com/video/x3g1tk_bob-beamon-8-90m_sport

Tout, ce jour-là, s’harmonisait pour que BEAMON fasse son entrée dans la légende : temps orageux, air chaud et humide, vitesse du vent bloqué à 2 m/seconde. Certains prétendent encore que l’anémomètre ne fonctionnait pas et qu’en réalité le vent était beaucoup plus favorable.

Après lui, le déluge…Un saut d’extraterrestre, techniquement maîtrisé, 55 cm de mieux que le record du monde détenu par Ralph BOSTON son compatriote et le russe Igor TER-OVANESSIAN avec 8 m 35.

Ce jour-là, BEAMON est aussi en révolte : la veille, Tommie SMITH et John CARLOS ont été exclus du village olympique pour avoir levé leur poing ganté de noir sur le podium. La veille aussi, il a tenté d’oublier dans l’alcool ses soucis personnels.

Ce saut va donc faire l’Histoire…en pleine guerre du Viet-Nam, en pleine guerre froide avec les chars russes occupant Prague, en pleine révolte étudiante avec un  gouvernement mexicain ayant réprimé la sienne juste avant les jeux.

Mais un saut sans lendemain aussi pour BEAMON, retiré très vite de la compétition après les jeux de Mexico. Comme s’il était allé trop loin…Fin de carrière.

Le record de BEAMON tiendra exactement 22 ans, 10 mois, 12 jours et quelques heures. Le 30 août 1991, lors des championnats du monde de Tokyo, l’américain Mike POWELL, 28 ans, réussit à son cinquième essai 8 m 95, nouveau record du monde qui n’a pas été à ce jour battu et cela au terme d’un concours d’anthologie face à Carl LEWIS.

Dans l’immédiat, la limite des 9 mètres semble encore une frontière inaccessible.

Semaine du 18/04

Côté athlétisme cette semaine, retour sur une icône de l’athlétisme français : Marie Josée PEREC.

Elle est la seule athlète française à être triple championne olympique : en 1992, aux jeux de Barcelone sur 400 mètres (24 ans après Colette BESSON, en 1968 à Mexico) et deux fois aux jeux d’Atlanta en 1996 sur 400 mètres et 200 mètres.

Le Baron de Coubertin qui refusait la participation de la gente féminine aux jeux, la jugeant inesthétique, doit se retourner dans sa tombe.

Marie-Jo PEREC est née le 19 mai 1968 à Basse-Terre en Guadeloupe. Bien que douée en éducation physique, le sport l’intéresse peu durant sa jeunesse. La découverte de l’athlétisme, un pur joyau, un talent naturel comme l’athlétisme français n’en a jamais connu.

La consécration, l’or olympique, elle l’obtient à Barcelone en 1992 (48 secondes 83). Avec ses longues jambes, sa foulée aérienne, elle est surnommée la nouvelle gazelle en souvenir de Wilma RUDOLPH, la gazelle noire, icône du sprint féminin des jeux de Rome 1960.

http://www.runnerspace.com/video.php?video_id=1218-400m-Womens-Final-Olympic-Games-Barcelona-1992

En 1996, PEREC s’offre en 48 secondes 25 l’or olympique du 400 mètres devant l’australienne Cathy FREEMAN d’origine aborigène qui lui succèdera aux jeux de Sydney 2000.

En février 2000, elle surprend le monde de l’athlétisme. Elle quitte le groupe de John SMITH et part s’entraîner à Rostock, en ex-RDA chez Marita KOCH, la toujours recordwoman du monde du 400 dans un temps inabordable de 47 secondes 60. Fin de carrière.

Elle quitte la piste comme un soleil, un soir, sur une plage, dans l’immensité de l’horizon. L’écrivain antillaise Simone SCHART-BART dans « Pluie et vent sur Télumée Miracle » nous le rappelle : « la vie est une mer sans escale, sans phare aucun…et les hommes sont des navires sans destination. »


Semaine du 11/04

Cette semaine, côté athlétisme, retour sur le tchèque Emile ZATOPECK, grand triomphateur des jeux olympiques d’Helsinki 1952 qui réalise un triplé historique, inégalé à ce jour : 5000, 10 000 et Marathon. On retrouve le tchèque, 1 m 74 et 66 kg  dans le final du 5 000 mètres, trouvant les ressources nécessaires pour l’emporter devant Alain MIMOUN et l’allemand Herbert SCHADE

http://www.youtube.com/watch?v=EmiPIstRZj4

Quelques minutes après son triomphe, ZATOPECK assiste au couronnement de son épouse Dana qui remporte le titre olympique au lancer du javelot.

En 1956 à Melbourne, il finit 6ème du marathon remporté par son ami MIMOUN. Fin de carrière.

Emile ZATOPECK est né en 1922 à Koprivnice, dans la région de Moravie-Silésie, dans une famille modeste dont il est le 6ème enfant. Son père était charpentier. Il doit travailler dès l’âge de 16 ans aux usines Bata à Zlin. Le soir, il étudiait la chimie. Mais après son service militaire, il continue dans la carrière militaire.

Pendant ses courses, il présentait un visage crispé de douleur, la tête penchée sur le côté, aux limites de l’agonie. Il fût l’un des premiers à s’entraîner d’une manière très dure. Son surnom était la Locomotive.

Il soutient le printemps de Prague, période de l’histoire de la République socialiste tchécoslovaque durant laquelle le parti communiste tchécoslovaque introduit le Socialisme à visage humain et prône une relative libéralisation. Cette période débute en janvier 1968 avec l’arrivée au pouvoir du réformateur Alexandre DUBCEK et s’achève le 21 août 1968 avec l’invasion du pays par les troupes du Pacte de  Varsovie.

Emile ZATOPECK est radié de l’armée. « La liberté existe, il suffit d’en payer le prix »

Il est réhabilité en 1975. En 1992, l’ex-Tchécoslovaquie se sépare en République Tchèque à l’ouest et Slovaquie à l’est. Il meurt en novembre 2000, un dernier combat contre la maladie. Les légendes ne meurent jamais.

 

Semaine du 04/04

Cette semaine, comme il fait froid, je vous transporte dans l’île de CUBA.

CUBA est un pays de 12 millions d’habitants connu pour la vitesse de ses sprinteurs et coureurs de demi-fond et aussi le punch de ses lanceuses. La Jamaïque n’est pas loin et l’athlétisme y est une respiration, un mode de vie.

Notre ami s’appelle Alberto JUANTORENA, premier athlète et le seul encore à l’heure actuelle qui ait réussi l’exploit de remporter au cours des mêmes jeux olympiques, ceux de Montréal en 1976, les médailles d’or du 400 mètres et du 800 mètres.

http://www.youtube.com/watch?v=WddUT4awBy8

Doté d’une fantastique foulée de 2 mètres 70, JUANTORENA surnommé « El caballo, le cheval » s’adjuge le 800 mètres en 1 minutes 43 secondes 50, établissant un nouveau record du monde, devant le belge Ivo VAN DAMME et le favori l’américain Rick WOHLHUTER. Le cubain vient de transformer une course de demi-fond en une course de vitesse, écœurant ses adversaires par un premier 400 mètres bouclé en 50 secondes. Etonnant

JUANTORENA a toujours associé ses exploits au triomphe de la révolution cubaine de 1959 et de son leader Fidel CASTRO. Il y a toujours eu pour les sportifs cubains cette fidélité au régime castriste. Le sportif a toujours symbolisé ici la construction de l’homme nouveau. Hasta luego.

Semaine du 28/03

Cette semaine, pour débuter, retour sur un coureur d’exception, le finlandais Lasse VIREN et sa foulée magique, tout en relâchement. Belle mécanique. On le retrouve ci-dessous dans la finale du 10 000 mètres de MUNICH 1972.

Au final, VIREN produit une longue accélération qui anéantit la résistance du belge Emile PUTTEMANS et de l’éthiopien Miruts YIFTER. Lasse VIREN, coureur filiforme, 1,80 m 60 kg, une foulée courte mais des jambes qui n’en finissent pas, améliore le record du monde de l’australien Ron CLARKE en réalisant 27 mn 38 secondes 4. 

Attention à ne pas attaquer comme VIREN à 600 mètres de l’arrivée. Cela peut coûter cher. Mais n’est pas VIREN qui veut.

http://www.youtube.com/watch?v=awW09xs--D0

En 1976, à Montréal, sur 10.000m, il domine le favori le portugais Carlos LOPES et sur 5.000m, dans une course relevé, sa science de la course fait la différence. Il s’essayera aussi durant cette olympiade au marathon pour rééditer la performance de ZATOPEK, vainqueur du 5.000m/10.000m/Marathon des jeux de 1952. Il finira 5ème. Aux jeux de Moscou 1980, il tentera bien la passe de trois mais c’en est de trop.

Fin de carrière.

Il y a du religieux dans l’athlétisme finlandais et on comprend mieux la phrase d’Antoine BLONDIN rapportée par Robert PARIENTE : « les médailles conquises par les finlandais vont enrichir un patrimoine commun où elles ont valeur d’ex-voto et de reliques ».

 

 

 

 

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